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31.08.10

J’enseigne donc je suis ?

 

Brigitte Gentès, J’enseigne donc je suis ? 

In : Imaginaire et inconscient, études psychothérapiques 2003, page 85.

 

 

Note de lecture

 

« Les institutions donnent une structure, un lieu de travail pour les individus. Elles peuvent empêcher ou proposer des changements mais c’est finalement des individus oeuvrant à l’intérieur des institutions que dépend le véritable changement ».  Madeleine Natanson, Des lieux pour se plaindre. Une écoute psychologique de la formation, Vigneux, Matrice, 1994.

Pourquoi rejeter la raison de ces faux-fuyants, à ce qui est au-dehors, à ce qui n’est pas surtout nous ? […]

Les enseignants sont confrontés à des situations auxquelles ils ne sont pas préparés.

Esprit de corps.

Un métier qualifié d’impossible par Freud.

On leur reproche de ne pas se remettre en cause.

Cf Ada Abraham, Une approche centrée sur la personne de l’enseignant, Education et Pédagogies, Sèvres, CIEP n°1, 1980.

L’identité enseignante est trop figée, basée sur le contenu.

Jadis le métier était normalisé, étouffant mais sécurisant. Aujourd’hui une plus grande liberté engendre une crise identitaire.

Ada Abraham : « L’enseignant avant de se présenter tel qu’il est, doit se présenter comme l’adulte parfait » : une tache impossible.

Ce qu’il transmet n’est pas le fruit de sa propre création mais bien celle des autres (cf les programmes officiels). Ceci aurait plutôt tendance à renforcer le sentiment de répétition que celui de création et à participer de ce fait à un certain malaise de la profession, car répéter, c’est mortifère !

Ces souffrances, ces difficultés à exister, à enseigner, générent des contextes où on se sent trop vite humilié : « l’idéalité (« je transmets, ils apprennent ») est un rêve qui se brise. On va donc chercher des responsabilités extérieures : un ministre, des réformes, le système, les parents » (Ada Abraham). […]

Enfin, seul adulte au sein de la classe, l’enseignant est confronté chaque jour à un monde d’enfants, ce qui lui fait revivre ses propres conflits. […]

Le système infantilise trop les enseignants et ne fait pas assez appel à leur capacité de penser et de construire des réponses. Cela amène de grandes souffrances. D’un autre côté il peut y avoir une complaisance dans cette infantilisation qui a des bénéfices secondaires. […]

La valeur éducative de tout éducateur est fonction de son degré de maturité affective, selon qu’il peut ou non maîtriser ses propres affects et qu’il réagit face au comportement inconscient de l’enfant :

Mauco G., Psychologie et éducation, Paris Aubier-Montaigne, 1968.

Dans sa relation aux autres, l’enseignant est ramené à lui-même.

Le métier d’enseignant ne peut se pratiquer sans un certain espoir, sans un projet soutenu d’idéal.

« Une mise entre parenthèses de l’affectivité s’avère, en fait, impossible, à partir d’un certain degré de « sentiments ». […]

Hypothèse que certains enseignants désireraient exorciser leur enfance, en la revivant auprès des élèves afin de l’annuler.

Peur de réprimer, besoin de surprotéger les enfants.

Autoritaires par revanche.

Dépit devant l’absence de désir de l’Autre.

Créer des lieux de parole.

 


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