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08.05.12

La notion de civilisation

M. Guéant et les civilisations
Par Emmanuel Terray le 23 mars 2012

in : Bulletin du CEDETIM printemps 2012

rubon495_32fb7Ce qui est saisissant dans les déclarations de M. Guéant sur l’inégale valeur des civilisations, c’est avant tout l’ignorance et l’inculture crasses de leur auteur. Pour M. Guéant, les civilisations sont des entités clairement définies et distinctes, cohérentes et intemporelles : on peut donc les comparer comme on compare des poids sur les plateaux d’une balance. Ce qui ici oublié ou occulté, c’est tout simplement l’histoire ; à ce titre, elles sont mouvantes, changeantes, sujettes à mutations et à métamorphoses ; l’Athènes du VI siècle, la France de Saint Louis n’est pas celle de la révolution, etc… D’autre part et surtout, les civilisations ne sont pas des totalités cohérentes et harmonieuses : ce sont des ensembles contradictoires, traversés de tendances divergentes, contre lesquelles s’établissent des compromis toujours précaires.

Lire la suite : http://www.reseau-ipam.org/spip.php?article2819


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02.05.12

Nous ne ferons pas la guerre à la laïcité

Le dernier numéro de Vacarme (numéro 59, printemps 2012) est maintenant en librairie. 

Au sommaire du numéro 59 : 

Vacarme59_Bar61Ouverture. Nous ne ferons pas la guerre à la laïcité

En France aujourd’hui, la laïcité est devenue un instrument d’agression de la minorité musulmane ; ne pas se démarquer clairement de ceux qui en font cet usage, avant de la défendre, c’est au mieux se rendre totalement inaudible, au pire accepter une alliance objective des plus nauséabondes. Il est urgent de faire cesser les accents de guerre civile que le combat laïque a pris. La laïcité, c’est précisément l’inverse car elle est d’emblée une réflexion sur les capacités politiques et religieuses d’un pays à exister dans la pluralité des consciences.

Etc.

http://www.vacarme.org/rubrique379.html

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13.04.12

Enseignants au garde à vous

La grandeur démocratique de l’école

vu sur: http://multitudes.samizdat.net/La-grandeur-democratique-de-l

Mise en ligne le mardi 20 mars 2012
par  Ariel Kyrou, Anne Querrien, Anne Sauvagnargues

Les attaques systématiques du gouvernement contre la vieille école républicaine n’affirment pas seulement une défiance, elles confirment une réorientation : les enseignants ne sont pas invités à élargir le champ de leurs centres d’intérêts, ou à redéployer les activités qu’ils mènent avec leurs élèves comme les plus mobilisés d’entre eux le faisaient les décennies passées. Même la dite ouverture à la société civile, se résumant trop souvent à un stage de trois jours en entreprise, semble remise au placard. Non, au pied de l’autel de la rentabilité du temps de présence, les enseignants doivent se mettre au garde à vous, laisser partir les collègues à la retraite, travailler sans rechigner, respecter les changements de programmes qui se succèdent, obéir aux sautes d’humeur du gouvernement, ranger les lectures « difficiles », remplacer un collègue défaillant quelle que soit la matière, faire de l’école une garderie.

Lire la suite : http://multitudes.samizdat.net/La-grandeur-democratique-de-l

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10.04.12

Carolingiens

Carolingiens

documents

« La famille des Mérovingiens, dans laquelle les Francs se choisissaient de tradition leurs rois, est réputée avoir durée jusqu’à Childéric qui sur l’ordre d’Etienne, pontife romain, fut déposé, tondu et enfermé dans un monastère. Bien qu’elle semble avoir fini avec [Childéric], elle avait depuis longtemps déjà perdu tout éclat, et rien ne la distinguait plus que le vain titre royal. Car richesses et puissance étaient aux mains des maires du palais, (...) qui disposaient du pouvoir suprême. (...) En dehors de ce titre inutile de roi et des ressources que lui donnait par complaisance et à sa volonté le maire du palais, il ne possédait qu’une seule villa, de très maigre rapport, où se trouvait son logis (...). Lors de la déposition de Childéric, cette charge était exercée par Pépin, père du roi Charles, de manière pour ainsi dire héréditaire. En effet, le père [de Pépin], Charles (celui qui mata ces tyrans qui imposaient leur domination dans toute la Francia, et qui écrasa en deux grandes batailles -l’une en Aquitaine près de Poitiers, l’autre près de Narbonne sur le fleuve Birra - les Sarrazins qui cherchaient à occuper la Gaule, les rejetant en Espagne) Quant à Pépin, élevé, par l’autorité du pontife romain, de la charge de maire du palais à la dignité royale, il commanda seul les Francs pendant une quinzaine d’années. »
Eginhard, Vie de Charlemagne,
Eginhard, savant de l’époque carolingienne (v. 770-840), vint en 796 à la cour de Charlemagne dont il devint l’ami.

« 881. Louis (III, roi des Francs), frère de Carloman, retourna dans son royaume pour combattre les Normands. Ceux-ci, qui dévastaient tout sur leur passage, venaient d’occuper l’abbaye de Corbie et la ville d’Amiens et d’autres lieux saints dont ils tuèrent ou chassèrent les occupants. (...) Aux Normands qui envahissaient maintenant son royaume, Louis s’opposa avec ce qu’il pouvait. Sur l’avis de son entourage, il construisit une forteresse en bois à Etrun. Malheureusement, le roi ne trouvant personne à qui en confier la garde, ce donjon servit davantage à la sécurité des païens qu’à la protection des chrétiens. »
Hincmar, Annales Bertiniani

« 882. L’empereur Charles vint assièger le camp normand avec une grande armée. Mais une fois sur place, sa volonté se ramollit et, par suite de l’intervention d’une série de négociateurs, il obtint un traité. Godefrid se fit baptiser avec les siens et reçut en compensation le fief de Frise et tous les autres biens détenus jadis par Rorik, Sigefrid, Vurm et leurs compagnons reçurent plusieurs millers de livres d’argent et d’or prélevées sur le trésor de saint Etienne de Metz et d’autres saints. »
Hincmar, Annales Bertiniani
La Frise est une région qui correspond à peu près aux Pays-Bas actuels (« Hollande »)
Fief : ici cela signifie « territoire »

«( Charles) forma aussi une flotte pour lutter contre les Normands. Il fit à cet effet construire des vaisseaux près des fleuves qui, en Gaule et en Germanie, se jettent dans l’Océan septentrional; et comme les Normands assaillaient sans cesse et pillaient le littoral de la Gaule et de la Germanie, il plaça des sentinelles et des postes de garde dans tous les ports et à toutes les embouchures des fleuves où des navires semblaient pouvoir pénétrer, afin d’empêcher l’ennemi d’échapper. Au sud, sur les côtes de la province Narbonnaise et de la Septimanie et tout le long des côtes d’Italie jusqu’à Rome, il prit les mêmes mesures contre les Maures, qui se mettaient, à leur tour, à exercer la piraterie. Le résultat fut que, de son vivant, tout grave dommage fut épargné (...) » Eginhard, Vie de Charlemagne « Pleurez race des Francs, car l’empire élevé par la faveur du Christ gît à présent dans la poussière. Avant, il n’y avait qu’un chef et, soumis à son autorité, il n’y avait aussi qu’un peuple. Les gens vivaient dans la paix, et la force des armes frappait d’épouvante l’ennemi. La justice mettait le crime en fuite. (...) Mais à présent, l’empire a perdu en même temps et son nom et sa splendeur. L’unité royale s’est brisée, tirée au sort en trois morceaux (...). Au lieu d’un roi, il n’y a que des roitelets; au lieu d’un royaume, il n’y a que des débris de royaume. »
Florus, « Déploration sur la division de l’empire », vers 850

« C’est de la ville de Bone que les galères partent pour faire la course sur les côtes du pays des Rums, de l’île de Sardaigne, de l’île de Corse et d’autres lieux. (...) La ville [de Tunis] n’a jamais cessé (...) d’envoyer des navires musulmans sur les côtes du pays des Rums afin d’y porter la ravage et la dévastation ».
Al-Bakri, (géographe arabe), Description de l’Afrique septentrionale
Bone est en Algérie

« Le royaume ayant été inventorié par les grands et divisé en trois parties, les trois rois se réunirent à Verdun, cité de la Gaule, au mois d’août et procédèrent entre eux au partage. Louis reçu la partie orientale, Charles eut la partie occidentale. A Lothaire, qui était l’aîné, échut entre eux la partie médiane. Après avoir fait la paix et échangé les serments, chacun s’en retourna pour veiller sur sa part du royaume et l’organiser. »
Annales de Fulda

 

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08.04.12

Qu'est-ce que l'histoire

Chaine de télévision “Arte”
Emission « Philosophie »
Consacrée à la science historique

dimanche 8 avril 2012

http://videos.arte.tv/fr/videos/philosophie_histoire-6576460.html

 histoire1

 

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04.04.12

Mort de Richard Descoings

A propos de la mort de Richard Descoings.

Descoings, Head of France's Sciences-Po, Found Dead in New York
By Gregory Viscusi
http://mobile.bloomberg.com/news/2012-04-04/descoings-head-of-france-s-sciences-po-found-dead-in-new-york?category=%2F

April 4 (Bloomberg)- Richard Descoings, the director of France's Institute of Political Studies, better known as Sciences-Po, was found dead in a hotel room in New York.
In a statement, President Nicolas Sarkozy called him "a great servant of the state who dedicated his entire life to the cause he'd chosen: education."
The body of Descoings, 53, was found in his room at Manhattan's Michelangelo Hotel and his death remains unexplained, Agence France-Presse reported, citing hotel and police officials in New York.
In his 16 years running Sciences-Po, Descoings transformed the Paris-based graduate school, which traditionally trains France's political elite. He added programs in economics and journalism, introduced courses tought in English, and reserved places for students from disadvantaged backgrounds.

Richard Descoings était un grand serviteur du Bien Public.
Il a réformé Sciences Po en l'ouvrant à quelques très bons élèves issus des quartiers populaires. Cela lui a valu les foudres des autres Grandes Ecoles, très élitistes. Directeurs, professeurs et élèves, fonctionnaires et syndicats, tous s’opposaient à sa vision d’une république ouverte à l’ensemble des catégories sociales. Ceci dit, il faut bien avouer que son ouverture ne profite qu'aux meilleurs élèves des lycées populaires (ex ZEP), une élite de "super-cracks" numériquement réduite. Que faire avec les élèves "normaux" de ces lycées ? Ceux qui sont tout simplement "bons" ou "assez bons" ? Le pari consistait à créer un effet d'entraînement, mais il n'a pas fonctionné. Il existe en section S ou STG beaucoup d'élèves de milieu populaire que l'on ne sait pas comment aider. On ne peut pas non plus envoyer tout le monde à Sciences Po.

En 2008, le ministre de l’Education Nationale lui avait commandé un rapport sur la réforme des lycées. Infatigable, Richard Descoings a sillonné la France, animant des milliers de débats. On peut les visionner en allant sur son site internet. Les débats entre enseignants  y étaient parfois hystériques.
A Sciences Po, j’avais assisté à un débat qu’il animait. On le sentait agacé par le conservatisme des lobbies conservateurs  (syndicats d’enseignants ?). Il voulait réformer mais se méfiait de ceux qui prônaient « le Grand Soir » pédagogique », pour reprendre son expression. Par là, il faisait peut-être allusion aux critiques contre le Bac ou contre la notation. Il recherchait des réformes moins ambitieuses mais réalisables. Il avait le sentiment que le monde éducatif était divisé en deux camps irréconciliables aux valeurs opposées  et que cela rendait impossible ou en tous cas très difficile la mise au point d’une réforme des lycées. De fait, le rapport qu’il a fait n’a pas eu beaucoup de suites, la classe politique étant tétanisée en pensant aux risques (si les lycées font grève…. ma carrière…. les prochaines élections…).
Il aurait pu faire un bon ministre, mais ce n’était pas son objectif.

Les derniers changements qu’il avait apportés à Sciences Po consistaient à développer l’oral, afin d’aider des élèves handicapés par l’impossible maîtrise d’un langage écrit rigide et contraignant, maîtrisable uniquement par les privilégiés (enfants d’enseignants par exemple). Il avait supprimé l’épreuve de culture générale, sorte de code social désuet favorisant ces mêmes privilégiés.
Pour avoir enseigné treize ans en banlieue sensible, j’ai mesuré à quel point cette culture classique et ce langage écrit angoissent les élèves des milieux populaires  qui y voient avec raison un rituel dont le but inavoué est de les exclure.

La volonté et la possibilité de réformer le système éducatif sont sans doute mortes avec Richard Descoings.
Nous allons devoir vivre dans une société linéaire, immobile, sans évolution. Dans ce type de société injuste, in-réformable, le communautarisme offre aux plus défavorisés un art de vivre convivial et réconfortant. Il génère aussi quelques dérives.

A voir sur ce sujet :
http://lyceesrp.canalblog.com/archives/2010/08/27/18906765.html
http://lyceesrp.canalblog.com/archives/2009/10/20/15508073.html
http://lyceesrp.canalblog.com/archives/2009/06/13/14065579.html


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03.04.12

La notion de barbare

Raymond WEIL, La notion de barbare en Grèce classique, Annales du CESERE, université Paris XIII, n° 5 1982

EXTRAIT

[...] Mais il faut conclure, non certes en prétendant que la Grèce classique, face aux barbares, n'ait rien connu qui ressemblât à du racisme - cent textes nous contrediraient -, mais qu'un phénomène inverse est au moins aussi bien attesté. Il fut double, à la fois fascination et assimilation.

Fascination par l'autre, les merveilles d'Hérodote, le passé vertigineusement lointain de l'Egypte, le savoir et surtout les croyances de l'Orient... L'assimilation, elle aussi, fut double, en partie une sorte d'absorption du Grec par l'Oriental, dans des royaumes hellénistiques - après la mort d'Alexandre - et pour ce qui est de la religion beaucoup plus tôt : le mysticisme et les cultes extatiques de l'Orient fleurissent dans l'Athènes classique. Mais surtout, dans les siècles qui suivent, les barbares peuvent s'helléniser, à commencer par cette variété exceptionnelle de barbare qu'étaient les Romains.
Dans cette évolution, bien des facteurs ont du agir, au premier chef, sur le plan intellectuel, l'idée de l'unité du monde et le sens du progrès, que l'Antiquité grecque a parfaitement connu. D'une façon apparemment paradoxale, c'est quand la Grèce fut unifiée en pratique, sous l'autorité macédonienne, que le monde grec s'est ouvert davantage, a moins ressenti sa différence avec les barbares.

Mais ce paradoxe est facile à analyser : les valeurs grecques, l'humanité grecque débouchaient logiquement sur une telle ouverture ; ce qui avait rapproché moralement les cités au temps de leur indépendance ne pouvait ensuite les couper du reste du monde. Et ce qui, en d'autres temps, avait contribué à définir le barbare - très souvent, le contraire du Grec, une sorte de monde à l'envers - ne se justifiait plus, pour bien des raisons. D'où une assimilation qui réussit d'autant mieux que le barbare voulait bien se laisser assimiler, à l'Ouest ou à l'Est.

Raymond Weil
Université de Paris-Sorbonne

Commentaire personnel :
On devrait davantage enseigner la période hellénistique. On peut le faire en 6me et en 2de. C'est plus important que l'étude de la pseudo-démocratie athénienne à l'époque de Périclès (censée renforcer notre identité citoyenne blablabla...).

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01.04.12

John Bowen: islam et République

Les institutions islamiques jouent le jeu de la République. Elles en respectent le système juridique et politique, mais souffrent d’une contradiction entre le principe de l’égalité des cultes et les résistances de la population. Pour mettre un terme à cette contradiction, l’ethnographe américain John Bowen plaide pour une réinvention de la loi de 1905 sur les édifices religieux et l’adoption d’« accommodements raisonnables ».
John Bowen est professeur d’anthropologie à l’Université de Saint-Louis (États-Unis).

Lire :
Pauline Peretz, « Islam et République, vers un accommodement raisonnable. Entretien avec John Bowen », La Vie des idées, 17 février 2012. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Islam-et-Republique-vers-l.html

Mots-clés : islam | république

28.03.12

Elevage industriel de porc en Bretagne

document sur l'élevage industriel de porc en Bretagne

cliquer : PORC1

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26.03.12

Le soja en Argentine

document sur la culture du soja en Argentine

cliquer : soja_argentine

24.03.12

forêt équatoriale, Bornéo

A BORNEO

« Je m'écroulai au fond de la pirogue. Quand la température va vous chercher dans les quarante-cinq à l'ombre et l'hygrométrie dans les quatre-vingt-dix-huit pour cent, quand vous ruisselez de sueur (...) »

« Je voyais de grosses gouttes s'écraser sur les rochers humides, cribler la rivière et rider sa surface. Mais sous le couvert des arbres la pluie fragmentée en particules par le réseau des feuilles, des rameaux et des tiges grimpantes semblait demeurer en suspension dans l'air comme un épais brouillard ».

« Passé la dernière des laies [chemin] déboisées par les forestiers (détruite et entraînée par le courant, la couche superficielle d'humus colore le cours inférieur des rivières de Bornéo d'un limon brunâtre), l'eau de la Baleh est redevenue limpide ».

« Intolérable, la chaleur. Rien de commun avec celle du bord de l'eau, dans l'éblouissante lumière du soleil. Une moiteur enveloppante, suffocante, irradiant des feuilles mouillées, de l'humus glissant, des troncs massifs des arbres. A la troisième colline, la serviette qui me ceignait le front était trempée de sueur, et ma chemise aussi ruisselante que si je venais de me baigner dans la rivière sans l'ôter. »

« La nuit tomba soudain »

« Passé une quinzaine de kilomètres, les rizières de colline de Roumah Pengoulou-Djimboun firent place à une forêt secondaire bien établie, à un sol dont la végétation n'avait pas été défrichée, calcinée ou éclaircie depuis un bon demi-siècle pour y cultiver pendant un an une seule et unique récolte de riz. Puis commença la jungle primitive. La rivière semblait se refermer sur nous. Des arbres de soixante mètres de haut se pressaient les uns contre les autres sur les versants des collines, descendant quasiment jusqu'au bord de l'eau en un dense fouillis entremêlant différentes essences».

« Tous les coins et recoins du sac [de couchage] grouillaient de fourmis grosses comme la moitié du petit doigt. (...) En relevant la tête, je fus étonné de constater que mes vêtements humides grouillaient eux aussi de bestioles, qu'une procession de fourmis noires descendaient par une face de la corde et remontait par l'autre, et que sur toute la surface de mon pantalon mouillé des centaines de papillons de diverses espèces, mais qui tous avaient l'air de mites, étaient en train de se goinfrer. »

« En nous frayant un chemin au milieu de ces arbres s'élançant comme un jet comme d'immenses poteaux, ou épaissis à la base, ou étayés par des arcs-boutants, en longeant cette muraille surmontée d'un formidable mâchicoulis, on soupçonnait sans peine l'infinie variété des essences végétales recelées par la jungle. Mais dans la permanente et monotone pénombre du sous-bois il était relativement malaisé d'imaginer que cette forêt pluviale du Sud-Est asiatique comptait plus d'espèces florales que partout ailleurs dans le monde. »

Reymond O'Hanlon, Au coeur de Bornéo, éditions Payot

Questions

1) Expliquez les mots soulignés
2) Où se trouve Bornéo par rapport à l'équateur ou aux tropiques ?
3) Qu'est-ce qui évoque l'humidité ?
4) Qu'est-ce qui est le plus pénible ?
5) Décrivez la forêt.
6) Qu'est-ce qui évoque la prolifération de la vie ?
7) Pourquoi dit-il que les papillons « se goinfrent » ?
8) Quel type de riziculture y fait-on ?

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20.03.12

Treize chibanis harkis

Treize chibanis harkis
Fatima Besnaci-Lancou
Préface de Gilles Manceron
Postface Amar Assas
Editions Tirésias, collections Oubliés de l’histoire, 2006. img506

L’auteur nous apporte le récit de treize vies dramatiques de harkis. Dans sa préface G. Manceron insiste sur l’incompréhension dont ils furent victimes. On leur mentait systématiquement. Pour les inciter à s’engager dans l’armée française on leur affirmait qu’ils étaient Français. Pourtant une fois arrivés en France après les évènements terribles du premier semestre 1962, on leur expliqua que c’était faux, que malgré leurs sacrifices ils devaient entamer des démarches administratives pour acquérir la nationalité française.
Ils furent parqués au camp de Rivesaltes (Pyrénées Orientales), traités avec cynisme.
Les témoignages reviennent sur les cruautés dont eux et leur famille avaient souffert de la part des maquisards : parents égorgés, mères tuées, sœurs violées, tortures…
Heureusement certains Algériens les aidèrent en les cachant au péril de leur vie.

« La guerre d’Algérie m’a fait très mal parce que l’on s’est beaucoup plus battus entre frères que contre un ennemi extérieur », Malek.

 

J. P. Chevènement sur les accords d'Evian

Samedi 17 mars 2012. Colloque à Evian sur le cinquantième anniversaire des accords d’Evian entre le gouvernement français et le FLN algérien.
Intervention orale de M. Jean Pierre Chevènement, président de l’association France-Algérie.

P1090352

http://www.asso-france-algerie.fr/

path



Notes, résumé

M. Chevènement commence par constater que la signature des accords d’Evian a été peu célébrée. Toutefois il y a eu à l’A.N. un colloque sur le sujet, le 17 décembre 2011.

http://www.algerie-plus.com/confidences/algerie-france-ouverture-du-colloque-%C2%ABalgerie-et-la-france-au-xxi-eme-siecle%C2%BB-a-l%E2%80%99assemblee-nationale-francaise/

Pour l’orateur l’Algérie et la France sont la colonne vertébrale de l’ensemble eurafricain. Il y a dans le dialogue entre ces pays un potentiel énorme.
M. Chevènement dresse ensuite l'éloge de l’émir Abd-el-Kader, un philosophe,  théologien, mystique, poète, visionnaire.
M. Chevènement évoque la stratégie de l’apocalypse menée en 1961 et 1962 par l’OAS.
On ne peut pas raisonner le nez sur l’évènement, explique-t-il. Il faut remonter aux sources. La colonisation remonte à 1830. La France n’avait rien à faire en Algérie, ce fut une foucade de Charles X. Tocqueville en 1840 se demandera ce que la France faisait là-bas.
Souvenons-nous, explique M. Chevènement, que dans sa rivalité contre la concurrence maritime et commerciale anglaise, la France avait perdu. Elle ne pouvait plus dominer le monde ni même l’Europe. La conquête coloniale offrit une compensation contre ce passé. Mais cette compensation ne fut pas pensée, sauf peut-être par Napoléon III.
Aujourd’hui nous payons les pots cassés de ces injustices.
La décolonisation était dans le vent de l’histoire. De Gaulle a tranché le nœud gordien. Mais il est clair que les accords d’Evian n’ont pas été respectés. Les troubles des semaines suivantes s’expliquent par l’absence d’un gouvernement algérien.
Toutefois le passé a créé des liens. La langue française est utilisée en Algérie, il y a de nombreux accords bilatéraux. M. Chevènement s’est rendu récemment dans l’université de Tlemcen qu’il a trouvé remarquable. Autre lien : la présence d’une communauté algérienne en France.

18.03.12

Dispositifs d'alternance au collège

Un décret paru vendredi 17 février 2012 au Journal officiel rend des dispositifs d'alternance" possibles dès la classe de quatrième.

http://www.journal-officiel.gouv.fr/frameset.html

Décret n° 2012-222 du 15 février 2012 relatif aux dispositifs d'alternance personnalisés durant les deux derniers niveaux de l'enseignement au collège. (…)
Notice : l’article D. 332-6 du code de l’éducation comporte une liste de dispositifs d’aide spécifique qui peuvent être proposés aux élèves des collèges qui éprouvent des difficultés dans l’acquisition du socle commun ou manifestent des besoins éducatifs particuliers. (…)
Dans le cadre de ces dispositifs d’alternance personnalisés, des aménagements particuliers doivent permettre, durant les deux derniers niveaux de l’enseignement des collèges, une découverte approfondie des métiers et des formations, ainsi qu’une première formation professionnelle. Ces aménagements comprennent notamment le suivi de stages (…) ainsi que de stages dans des centres de formation d’apprentis et des sections d’apprentissage. (…)

Voir aussi :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/17/un-decret-rend-possible-l-alternance-des-la-classe-de-quatrieme_1645015_3224.html


Commentaire :

C’est plutôt une bonne chose.
Un certain nombre de collégiens « n’arrivent pas à suivre ». D’autres suivent plus ou moins mais n’ont pas de goût pour les études longues et conceptuelles, ni pour la culture générale. Il y a aussi des élèves issus de familles de manuels, d’artisans, qui ont envie de poursuivre le métier des parents. D’autres encore auraient le sentiment de « trahir » leurs parents, de les poignarder symboliquement s’ils entraient dans une autre catégorie sociale. Le fait de choisir un métier manuel est à la fois une preuve d’amour filial mais aussi une peur de l’inconnu. Beaucoup de gens sont psychologiquement déstabilisés par la grande culture, ils en ont peur.


Ceci dit ces dispositifs d’alternance ne règlent pas tout.

- Encore faut-il trouver des patrons qui acceptent des apprentis. Ceux-ci ont de plus en plus de mal à intégrer les codes du monde du travail : respect des horaires etc. Les conflits patron/apprenti ne sont pas rares, surtout que ces employeurs ont eu une vie harassante qui les a fait souffrir et sont loin d’avoir des talents de diplomates.
- Il faudra également que le monde de l’Educ’ Nat’ accepte de jouer le jeu. Or on peut être certain que beaucoup d’enseignants et d’administratifs saboteront le processus, persuadés qu’il n’y a pas de salut hors des études longues, universitaires et générales. Il y a de leur part une méconnaissance et un mépris du monde manuel. Certains d’entre eux, issus du monde ouvrier, sont tellement contents d’en être sortis à la force du poignet, par leurs mérites personnels, par leur travail, qu’ils ont tendance à survaloriser leur trajectoire personnelle et à faire des études universitaires la seule voie permettant l’accomplissement personnel. Peut-être aussi que l’apprentissage et les études courtes réveillent chez eux des souvenirs douloureux, la peur de retomber dans la dureté de l’existence ouvrière. Ils sont trop contents d’être arrivés à en sortir.


- De toutes façons, l’apprentissage ne peut devenir une solution pour la masse énorme d’élèves.
On peut éventuellement doubler le nombre d’électriciens ou de menuisiers mais certainement pas le décupler.
La disparition des industries a fait disparaître définitivement un grand nombre d’emplois peu qualifiés. Les employeurs exigent maintenant des demandeurs d’emploi mieux qualifiés. Mais « mieux qualifiés » de quelle façon ? Il y a trop d’étudiants en sociologie ou en psychologie qui atterrissent sur le marché du travail dépourvus de savoir- faire susceptibles d’intéresser un employeur. Il faudrait convaincre les titulaires d’un bac technologique ou professionnel de ne pas entrer dans les universités où ils se perdront. Il faudrait leur réserver toutes les places des IUT et des écoles techniques sur lesquelles les bacheliers « scientifiques » font une razzia.


- Au-delà, le problème de base se situe dans la très faible croissance économique. En moyenne 1,1 % de croissance annuelle du PIB depuis l’an 2000. C’est insuffisant pour employer tout le monde. Autre problème, lié au précédent, la chute impressionnante des exportations françaises depuis le début des années 1970.
Il s’agit de problèmes structurels sur lesquels les gouvernements, quels qu’ils soient, n’ont aucune prise. La mondialisation est plus forte que la démocratie. Il y aussi dans chaque pays, des invariants anthropologiques qui nous déterminent sans que nous en ayons conscience et qui sont très difficiles à modifier. L’Allemagne a toujours aimé son industrie et a toujours eu des syndicats forts. La France a toujours survalorisé la culture générale et l’administration.


- Peut-être pourrait-on réconcilier les jeunes et les adultes avec les études à caractère professionnels si on protégeait mieux les travailleurs contre l’arbitraire. Il faudrait augmenter le nombre d’inspecteurs du travail et développer leurs compétences. Il faut donner plus de moyens financiers aux tribunaux prud’hommaux. Développer les pouvoir et l’influence des syndicats en les faisant entre dans les conseils d’administrations au côté des actionnaires. Faire entre des syndicalistes et des représentants associatifs dans un Sénat renouvelé, ainsi que le proposait De Gaulle dans son référendum de 1969.

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17.03.12

Progrès technique en Allemagne, fin XIXe s.

Le progrès technique est indispensable. Il a permis à la jeune industrie allemande de la fin du XIXe siècle de se développer. Aujourd'hui, en France, l'investissement dans le secteur de la recherche et du développement est trop faible.

Extraits de :

N. Pietri, Evolution économique de l'Allemagne du milieu du XIXe siècle à 1914, éd SEDES, collection Regards sur l'Histoire, 1982.

Progrès techniques, science et industrie

Trois facteurs ont contribué à faire des sciences et des techniques un instrument de la production et de la direction des entreprises :
1 - l'augmentation du nombre des diplômés des grandes écoles techniques et des ingénieurs parmi les dirigeants des firmes,
2 - l'application des sciences fondamentales dans le processus industriel
3 - et, dans une moindre mesure, la nouvelle législation sur le brevet, adoptée en 1877.

1- Le nombre des diplômés des grandes écoles techniques s'accrut (...) fortement parmi les chefs d'entreprise. Dans les secteurs dont le niveau technologique était élevé, il devint de plus en plus fréquent que des ingénieurs diplômés accédassent aux fonctions «d'entrepreneurs salariés», notamment ceux qui furent parés, à partir de 1900, du titre prestigieux de Docteur-Ingénieur. La formation universitaire ne constituait, cependant, pas une condition indispensable à l'accession aux postes de direction. Enfin, à partir de 1890, les ingénieurs remplacèrent en plus grand nombre, dans les unités de production, les chefs de travaux dotés d'une formation exclusivement empirique.

2- Le processus de l'innovation technique évolua, par ailleurs, sous l'influence de la création d'un nouveau type de laboratoires industriels. A partir des années 1880 (...) d'énormes laboratoires industriels furent créés, particulièrement, dans les secteurs de la chimie et de l'électrotechnique. Le professeur de physique Ernst Abbe devait donner à l'industrie des instruments optiques un niveau scientifique très élevé. (...) Aussi, Ernst Abbe créa-t-il, en 1882, un laboratoire du verre auprès de l'usine Carl Zeiss, à Iéna.
La recherche tendit, ainsi, à devenir une opération de longue haleine financée par des investissements élevés et faisant partie intégrante du processus de la production. (...)
A côté des laboratoires industriels, d'autres créations contribuèrent à faire progresser la recherche : « l'institut technique physique » créé en 1887 à l'initiative de Werner Siemens, «l'association pour encourager le développement de la physique et des mathématiques appliquées » fondée à Gôttingen par le grand mathématicien Félix Klein et comprenant à la fois les représentants du monde de l'économie et de la technique et des professeurs d'université, et surtout les instituts de recherche sur le charbon, le fer et la chimie nés a l'initiative de la «Société Empereur Guillaume».

3- Ce développement des techniques, associé à la promotion sociale des ingénieurs représentés, depuis 1856, par la « Verein deutscher Ingenieure », contribua vraisemblablement à faire apparaître les insuffisances de la législation sur les brevets d'invention. Celle-ci comportait, néanmoins, des avantages certains. L'absence de protection juridique avait permis aux inventions étrangères d'être exploitées, en Prusse, sans l'autorisation du détenteur du brevet ou tout au moins à des conditions particulièrement favorables comme ce fut le cas, notamment, pour le procédé Bessemer.
La protection juridique des inventions avait néanmoins ses partisans et ils formèrent un groupe de pression qui put inciter le Reichstag à mettre a l'étude, des 1872, la révision de la législation existante.
La nouvelle loi fut adoptée (...) en 1877. Elle créait, notamment, une administration des brevets (...). Cette législation fut améliorée, en 1891, sous la pression des industriels de la chimie. Le nombre des brevets délivrés s'accrut de 4 326 à 12 350, entre 1878 et 1914. 85 % d'entre eux étaient destinés au secteur artisanal-industriel et 46 % environ de ceux-ci étaient délivrés dans le domaine de la transformation des métaux.

 

13.03.12

OGM : pour ou contre ?

LES OGM : POUR OU CONTRE ?


I) UNE DÉCOUVERTE RÉCENTE

1) Définition

Tout commence en 1953 avec la découverte de la structure de l'ADN, support de l'information génétique.
On apprend à isoler, " découper " et " transférer " les gènes héréditaires.

Les premiers Organismes Génétiquement Modifiés sont des microbes, en particulier le colibacille
Les généticiens imaginent de modifier cette bactérie afin de lui faire fabriquer des cellules comme l'insuline qu'un diabétique ne produit pas en quantité suffisante. Il s'agit d'isoler le gène humain qui produit l'insuline puis de l'introduire dans le colibacille.

Vers 1988-1989, on commence à envisager une application au monde végétal. Pendant des siècles, la sélection qui prévaut dans le monde agricole reste empirique : on conserve les individus qui présentent un avantage. La sélection variétale réalisée par les agronomes utilise des techniques plus élaborées mais la logique reste la même.
Avec les cultures transgéniques, on tire le gène recherché d'une espèce vivante et on l'introduit dans une autre.

2) Trois générations d'OGM

• La première génération vise à améliorer les rendements agricoles.
Le coût des pesticides et insecticides est lourd. En introduisant un gène porteur de protéines toxiques pour les insectes dans la plante cultivée, on offre une alternative aux insecticides.

• La seconde vague a consisté à développer des OGM pour les consommateurs eux-mêmes, par exemple des variétés de riz contenant du fer ou du carotène, permettant de pallier les déficiences du régime alimentaire.

• La troisième vague vise à transformer les plantes en usines à produire certaines substances pharmacologiques, notamment des anticorps.

Les techniques du génie génétique apportent la promesse de cultures résistantes aux virus, endurantes à la sécheresse et plus nutritives.

3) Une technique américaine

La surface agricole mondiale en OGM est passée de 1 ou 2 millions (1996) à 125 millions d'hectares (2007).
Cette culture se répartit comme suit :
• 55 millions d'hectares aux États-Unis
• 18 millions en Argentine
• 11 millions d'ha au Brésil 
• 6 millions au Canada
• et le reste dans d'autres pays, notamment en Inde, Chine et Afrique du Sud.

Aux États-Unis, l'opinion publique se divise entre 50 % de " pour " et 50 % d'opinion mitigée.

Aux États-Unis, les deux tiers du soja produit sont transgéniques. Or l'Europe importe massivement des oléo-protéagineux d'Amérique pour nourrir son bétail, faute d'une production suffisante...

4) Les OGM : une agriculture incomplète

La plupart des plantes OGM est destinée au bétail ou à l'industrie. Mais il y a peu de plantes OGM directement destinées à l'alimentation humaine. Il a quelques riz OGM mais peu de blés OGM


II) LES ARGUMENTS HOSTILES AUX OGM

1) Les OGM nous rendent dépendants des E. U. d'Amérique

Les OGM vont-ils changer l'agriculture mondiale ? Oui, sauf dans l'Union Européenne.
Dans l'Union européenne, 75 % de la population se déclare hostile aux OGM. C'est le reflet d'une difficulté de compréhension à une question scientifique complexe et d'une réaction de peur face à une évolution extrêmement rapide.
Mollesse européenne ? Manque de dynamisme d'un continent riche, trop attaché à la culture littéraire, peu réceptif vis-à-vis des vagues migratoires ?
L'Europe est en train de se marginaliser par rapport au reste du monde où les OGM, dont l'apparition constitue une troisième révolution agricole, ont connu une progression rapide.
La situation européenne est d'autant plus paradoxale que l'on peut y importer et y consommer des OGM mais non en produire...
Prenons la production alimentaire. En Europe, les ventes de maïs, de tomates et de pommes de terre génétiquement modifiés ont été gelées en raison de risques potentiels concernant la santé dont la preuve n'a pas été faite.

Le fait que les grandes compagnies commercialisant les OGM soient américaines accroît le sentiment de méfiance : crainte de la dépendance économique, valorisation du terroir face au spectre de la malbouffe... Nationalisme, chauvinisme, antiaméricanisme. Hostilité à tout ce qui n'est pas « nous ».

La décision de produire et consommer des OGM ne peut passer que par le vote. C'est ce qui s'est produit en Europe, et l'Europe a dit " non ".
Mais il y a un danger, celui de tuer la recherche en Europe, au profit des Etats-Unis.

2) La dépendance vis-à-vis des grandes firmes

N'y a-t-il pas des considérations économiques – pas seulement écologiques et scientifiques – à ce choix de la voie OGM ?

On craint que les OGM ne soient le nouveau " power food ", qu'ils accroissent la dépendance des pays en voie de développement. Mauvaise conscience post-coloniale ? Huit ou dix groupes agro-alimentaires dominent le monde, ce qui est également vrai pour l'industrie pharmacologique. Cela s'explique par le coût de ces technologies, notamment pour ce qui est de la recherche sur la gestion des risques.

Confiscation d'un bien universel au profit de quelques grands groupes agro-alimentaires.

C'est une voie juteuse pour les grands groupes. A se demander si la lutte contre le risque de dissémination du pollen, véhicule des gènes transformés vers d'autres plantes, n'est pas en fait un moyen pour les producteurs de rester " maîtres de leurs semences ".
Pour les firmes, le coût élevé de la mise au point de ces produits implique en effet un refus de diffusion.

La question des OGM pose le problème du partage des connaissances, problème qui n'est pas sans rappeler celui posé récemment en Afrique du Sud concernant la thérapie du sida...

3) La peur de l'uniformité

Une technique nouvelle devrait toujours être l'objet de concertations. Le développement est un processus complexe avec ses dimensions sociales, et ses dimensions culturelles, concernant notamment le rapport homme-nature.
De plus en plus, l'homme se révolte contre les grandes idéologies prométhéennes des XIXe et XXe s qui ont fait tant de dégâts. On veut désormais construire une sociabilité fait d'interconnections passagères entre des individualismes soignés, esthétisés et mis en évidence. Le rapport entre le collectif et l'individuel a changé. La science et la raison reculent face aux sentiments. Mais « reculer » ne signifie pas « disparaître ».

D'un côté un modèle, de l'autre une diversité socio-culturelle.
Imposer le modèle OGM n'est-il pas une sorte de " réductionnisme technique " ?
L'humanité a besoin de manger mais elle a également besoin d'autre chose. Or, derrière un modèle unique de production se profile le risque d'un modèle unique de consommation et de vie.

La bataille des OGM relève d'une autre prévention, en Europe et aux Etats-Unis, à l'encontre de l'utilisation des nouvelles technologies dans les pays en développement. En témoignent l'argument selon lequel les ordinateurs et Internet sont inadaptés au développement quand les populations manquent d'eau potable ou n'ont pas de toit au-dessus de leur tête, sans parler d'électricité ; ou encore l'idée que la thérapie par les médicaments antirétroviraux reste inadéquate en Afrique, en dépit des récentes réductions de leur coût.

4) Il y a d'autres solutions que les OGM

Mais la population mondiale vieillit, et le vieillard mange moins.

Le problème de ce développement, c'est qu'il ne fonctionne qu'avec une demande solvable ; c'est pour cela qu'il laisse un milliard de personnes mal nourries de coté.
Les grandes compagnies se sont trompées lorsqu'elles ont prétendu résoudre le problème de la faim grâce aux OGM.
Le problème est une question de pouvoir d'achat. Si la répartition de la production agricole était égalitaire, un nombre suffisant de calories par habitant serait assuré pour tous.
La solution est donc politique: elle nécessite la coopération et des Etats motivés.

L'Afrique se nourrit d'une infinité de plantes et la recherche a du mal à y développer une variété généralisable. L'agriculture se développe quand le paysan profite de la proximité d'une ville; d'autre part, une bonne partie du dynamisme agricole africain passe inaperçu à cause de l'autoconsommation.
Les pays d'Afrique où l'on mange le moins sont ceux qui sont les mieux dotés : le problème est celui des débouchés pour les agriculteurs. Au Tchad, les rendements ont augmenté. Mais les paysans n'ont pas pu vendre leurs surplus et sont donc revenu à l'autosubsistance; il faut intervenir en aval

Il y a toutefois deux sources d'inquiétude: l'ouverture des marchés occidentaux par l'OMC (qui est en crise) et le faible intérêt pour l'agriculture ; la coopération publique bat de l'aile et les moyens manquent.
décalage entre des paysans du Nord très aidés et ceux du sud soumis à la concurrence.

Pourquoi les autres voies sont-elles négligées ? On sait par exemple que certaines mauvaises herbes fixent naturellement les parasites et qu'il suffit de les planter autour d'un champ pour favoriser la protection des cultures. La diversité des espèces dans un champs est un gage de résistance tandis que la mono-spécificité constitue un facteur de fragilité.

Il y a d'autres voies qui impliquent des changements dans les habitudes alimentaires. Si l'on cessait de nourrir les animaux avec les céréales comestibles par l'homme, il n'y aurait plus besoin d'augmenter les rendements ni la production céréalière !

5) La peur du progrès technique

Il y a un problème moral. Ce ne sont pas les OGM qui posent problème mais la question de l'appropriation du vivant. Peut-on breveter le vivant ?

La modification génétique est une pratique dont nous ignorons encore toutes les conséquences. La manipulation génétique n'est pas maîtrisée dans sa globalité. Principe de précaution.
On pensait encore il y a quelque temps que l'homme était composé de 150 000 gènes et qu'à un gène correspondait un caractère (le gène des cheveux bruns, le gène des yeux bleus...). Aujourd'hui, on admet que l'homme n'a que 30 000 gènes et l'on s'aperçoit du même coup que chaque gène n'est pas responsable d'un caractère mais qu'il y a interaction entre les gènes.

Il est possible de gérer les risques, d'éviter notamment la dissémination des gènes. Mais cela relève de technologies complexes car les réponses diffèrent selon la plante et la géographie.
Les systèmes de bio vigilance ne sont pas les mêmes pour le colza ou le maïs. Les risques varient également selon que l'on se situe dans de vastes espaces, comme en Amérique, ou dans des espaces plus réduits où la dissémination des gènes vers d'autres plantes est plus facile, comme c'est le cas en Europe.

Les biologistes sont divisés.
Le premier camp souligne qu'il s'agit uniquement de la modification d'un gène dans une plante, d'un seul caractère et qui plus est d'un caractère mineur.
L'autre camp affirme au contraire qu'un seul gène peut modifier l'équilibre global du génome par des effets indirects encore impossibles à prévoir, compte tenu de l'état des connaissances.

Mais nombre de merveilles de la haute technologie ne sont pas adaptées aux plus démunis.
Il faut s'attaquer aux problèmes spécifiques auxquels les pauvres sont confrontés - la lutte contre les maladies, la mise en place d'un enseignement à distance


III) LES ARGUMENTS FAVORABLES AUX OGM

1) Il faut produire davantage

Il convient de dépasser le discours français selon lequel le risque inhérent à l'utilisation des OGM est inutile puisque l'agriculture productiviste produit trop, au prix du saccage de l'environnement.
À petite échelle, nous sommes loin de la surproduction. Pour les pays en développement, qui ont du mal à nourrir un milliard de personnes victimes de malnutrition, ces craintes constituent un problème secondaire, comparé au risque que représente la famine.
Nous serons neuf ou dix milliards vers 2050 ce qui représente un besoin supplémentaire en céréales équivalent à la production actuelle des Etats-Unis. Or la production mondiale de céréales a tendance à stagner.

Les pressions contre la recherche compromettent la perspective de ces bienfaits.

L'ensemble des terres cultivées représente 1 500 millions d'hectares; le solde des terres défrichées et celles perdues par l'érosion et l'urbanisation est nul ( environ 15 millions d'ha d'un coté comme de l'autre); seul l'augmentation des rendements permettra l'augmentation de la production.

Si l'on tourne le dos à l'explosion de l'innovation technologique dans l'agriculture, la médecine et les communications, on risque de priver les pays pauvres des moyens d'améliorer leurs conditions de vie. L'agriculture bio est très sympa, très cool, mais n'a pas de rendements suffisants pour pouvoir nourrir tout le monde.

La Chine s'est lancée depuis assez longtemps dans la culture transgénique. Comment aurait-elle pu nourrir sa population sans cela ? Pouvait-elle attendre de connaître toutes les conséquences de cette pratique avant de l'appliquer ?

Une récente mobilisation conjointe du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de la Fondation Rockefeller et du gouvernement japonais a permis la mise au point de nouvelles variétés de riz en Afrique de l'Ouest qui offrent de meilleurs rendements, sont plus riches en protéines et n'ont pas besoin des engrais et des pesticides que beaucoup de paysans pauvres n'ont pas les moyens d'utiliser.

2) Les OGM protègent l'environnement

Dans le monde, la production de céréales avoisine les 2,3 milliards de tonnes pour une population de 7 milliards d'individus. Or nous attendons encore deux milliards de bouches à nourrir supplémentaires avant que la population mondiale ne se stabilise vers 2050. Il faudra donc produire 330 millions de tonnes de céréales de plus.

Deux alternatives sont possibles : augmenter les superficies cultivées ou accroître les rendements.

Pour ce qui est de la superficie des terres arables, elle a régressé depuis douze ou treize ans et se maintient aujourd'hui autour de 1 500 millions d'hectares. Le défrichement des fronts pionniers permet un gain de 15 millions d'hectares par an mais au prix de lourdes conséquences environnementales.
Cette progression est d'ailleurs compensée par la perte de surface agricole imputable à l'érosion des sols ou à la progression de l'urbanisation.

La seule solution est donc d'accroître les rendements. Mais cela implique l'utilisation d'engrais, de pesticides... qui nuisent à l'environnement.

Il existe dorénavant une technologie alternative, les OGM. Ils ne polluent pas de sous-sol et ne produisent pas d'effet de serre.
N'oublions pas les risques évités grâce aux OGM. L'an dernier, la consommation d'insecticide aux États-Unis a été réduite de cinq millions de tonnes.

3) La confiance dans le progrès technique

S'opposer aux OGM cela revient à ce que, ayant récolté les bénéfices de la révolution de l'information, l'élite intellectuelle du Nord décide que le Sud n'est pas prêt à accueillir le progrès technologique. C'est une sorte d'égoïsme de riches.
Cette attitude s'explique à la fois par une réaction à la mondialisation et à son uniformisation, qui font de nous les consommateurs des mêmes produits, et par la crainte que les nouvelles technologies soient trop coûteuses et non durables.

Pourtant, l'amélioration de l'espérance de vie chez les pauvres est surtout due à la technique (avec la découverte de la pénicilline et des vaccins, la stabilisation de la forte mortalité due au sida, au paludisme et à la tuberculose). Globalement, sur le long terme, le bilan du progrès technique est positif. Or sans brevets, pas de gains et sans gains, pas de recherche...

Le monde ne va pas vers l'unification. Il y aura toujours, d'une part, une agriculture " pauvre " à faibles intrants, deuxièmement une agriculture productiviste évoluant peu à peu vers une agriculture raisonnée, enfin, une agriculture transgénique dans laquelle les plantes seront des usines.

CONCLUSION

La question des OGM est secondaire. Le problème serait plutôt d'accroître les surfaces cultivables dans la zone intertropicale. Comment lutter contre l'extension des zones arides ? Comment y utiliser l'eau si rare sans la gaspiller ? Comment rendre plus attirantes les vallées équatoriales ? Cela semble difficile.


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10.03.12

Mac-Mahon en 1875

Premières, commentaire de documents

La tentative de restauration monarchique de 1875

« Le septennat du maréchal Mac-Mahon (...) nous donnait un délai de quelques années pendant lesquelles la porte restait ouverte à la monarchie : le comte de Chambord pouvait réfléchir et revenir sur ses prétentions, ou la France se résigner à les accepter. Nous donnions ainsi du temps et en quelque sorte de la marge aux événements. Le trône restait vacant et j’avais réussi à y faire asseoir, sous le nom de président, un véritable lieutenant général du royaume, prêt à céder la place, le jour où le roi aurait été en mesure de la prendre. Mais pour que cette situation intérimaire pût durer, il fallait qu’elle pût survivre à l’Assemblée qui l’avait créée. Faire durer cette Assemblée sept années était impraticable, et il était certain que le suffrage universel, consulté directement, n’enverrait pas sa pareille. Toutes mes combinaisons tendaient, en constituant un Sénat puissant, composé d’éléments conservateurs, à faire durer l’oeuvre de l’Assemblée, sans la perpétuer elle-même.
Ce plan a échoué, par la résistance des légitimistes extrêmes et des bonapartistes
(...) C’est donc cette fraction extrême de la droite qui, avec et après le comte de Chambord, a fait la France républicaine. »

Duc de Broglie, Mémoires, Revue des deux Mondes, 1929, T. VI

1) Expliquez les mots soulignés. Donnez une courte biographie des personnes dont le nom est souligné.
2) Qui est l’auteur ?
3) Quand se passent les événements dont il est question ici ? Quelle est la situation politique à cette époque ? Pourquoi est-elle bloquée ?
4) Résumez le texte en une courte phrase.
5) La stratégie préconisée par le duc de Broglie sera-t-elle efficace ?
6) Expliquez le paradoxe de la dernière phrase.
7) Pourquoi l’auteur dit-il « il était certain que le suffrage universel (...) n’enverrait pas sa pareille » ?
8) Dans les causes de l’échec, l’auteur n’a-t-il pas oublié d’autres facteurs ?

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09.03.12

Second Empire 1852-1840

LE SECOND EMPIRE
1852-1870

I) L'EMPIRE AUTORITAIRE

1) Nature du nouveau régime

L'empereur héréditaire a tout le pouvoir exécutif. Le Conseil d'Etat prépare les lois. Le Corps Législatif les vote.
C'est un pouvoir fort qui cherche la confiance du peuple et refuse le parlementarisme. Il se présente comme un régime au-dessus des partis. Il a un côté ambigu. Les paysans sont bonapartistes parce que cela fait contrepoids à l'influence aristocrate. C'est un régime centriste et autoritaire.
Napoléon III est plus humain que son oncle, c'est plus un politique qu'un militaire. Il a vécu longtemps à l'étranger. Il est secret. Marié à Eugénie de Montijo.

2) Les succès

De 1852 à 1858 un grand vide politique s'installe. L'administration et la police assurent l'ordre. La population accepte le régime. La Guerre de Crimée apporte gloire (1854-1856). Victoire de Sébastopol. Les Elections Législatives apportent une forte majorité. Les candidats de l'opposition ne peuvent ni tenir une réunion, ni exposer leur programme. La Presse est surveillée. Autocensure.
Les royalistes sont divisés.
Thiers et Guizot sont les chefs du parti orléaniste.
Opposition républicaine : V Hugo.
1858 attentat d'Orsini. Il provoque un durcissement du régime. La loi de sûreté donne le droit au gouvernement d'emprisonner ou exiler tous les suspects.

II) L'EMPIRE LIBERAL

1) L'octroi de réformes

1959 guerre d'Italie. Victoires de Magenta et Solférino. La France annexe la Savoie et Nice.
La politique italienne mécontente certains catholiques inquiets de voir menacé le pouvoir temporel du pape.
1860 traité de commerce
1859 amnistie politique. 1860 le Corps Législatif reçoit le droit d'adresse une fois par an. Il vote le budget. La vie politique s'anime.
Elections de 1863 : union des démocrates avec les royalistes. L'opposition progresse dans les villes, Lyon et le S. E.
1864 réclame les libertés : libertés d'opinion, de la Presse, des élections. Le gouvernement doit être responsable devant le Parlement.
Napoléon III hésite. Il ne veut pas du libéralisme politique.
Victor Duruy développe l'enseignement secondaire pour les filles.
La politique sociale a varié. En 1854 la loi généralise le livret ouvrier. Des grèves éclatent. Le compagnonnage est de plus en plus dépassé. Napoléon aide les syndicalistes français à prendre contact avec leurs collègues anglais. 1864 droit de grève ; une délégation française participe à la fondation de la I° Internationale.

2) Des critiques de plus en plus nombreuses

Napoléon tombe malade. Son autorité s'affaiblit.
1866 échec de l'expédition mexicaine. Crise économique. Les ouvriers ne soutiennent pas le gouvernement.
L'opinion est mécontente.
1867 rétablissement du droit d'interpellation : le droit à la critique est redonné aux députés.
La loi de 1868 libéralise la Presse; les réunions publiques sont autorisées.
Apparition du radicalisme. Jules Simon, Clémenceau, Jules ferry, Léon Gambetta.
Il y a aussi une extrême-gauche révolutionnaire. Auguste Blanqui, les membres de l'Internationale qui sont surtout anarchistes.

III) LA POUSSEE DEMOCRATIQUE

1) Les élections de 1869.
Elles sont plus libres que les précédentes. Il y a trois oppositions : légitimistes-catholiques, libéraux, la gauche. Recul du gouvernement. Paris n'a élu que des républicains. La situation est incertaine : le centre est l'arbitre. L'empereur hésite.
Finalement il donne au Corps Législatif l'initiative des lois. Les ministres ne sont pas responsables. Le Sénat devient une 2me Chambre législative.
Un gouvernement orléaniste est formé. Affaire Victor Noir, assassiné par un cousin de l'empereur. Les conflits sociaux se développent.
Avril 1870 le Sénat perd son pouvoir constituant. Mais l'empereur peut faire appel au peuple et le gouvernement n'est toujours pas responsable.
Plébiscite : « le peuple approuve les réformes libérales ». Mai 1870 victoire du OUI.
Le problème est que le régime reste ambigu.

2) La guerre franco-allemande
Les rapports franco-allemands vont mal.
La Prusse se renforce. La France ne peut pas se rapprocher de l'Italie car les catholiques l'obligent à soutenir le Pape.
Juin 1870 crise de la candidature Hohenzollern au trône d'Espagne. La France demande le retrait de la candidature car elle craint l'encerclement. Guillaume 1er intervient pour faire retirer la candidature, ce qui est fait le 11 juillet.
Mais l'empereur veut une renonciation officielle. Entrevue entre le roi et l'ambassadeur français. Le CR de cette entrevue est envoyé par le roi à Bismarck. La France le trouve insultant. Dépêche d'Ems.
Le 19 juillet déclaration de guerre.
La guerre a été voulue par la droite bonapartiste et les passions chauvines du peuple.
L'armée française est une armée de métier. On tire au sort des numéros. Ses effectifs sont faibles.
L'armée prussienne est beaucoup plus moderne. Mais la bourgeoisie se refuse au service militaire.
La mobilisation et la concentration des troupes se passent dans la confusion. L'armée est éparpillée. Artillerie des canons Krupp.
Août défaite des armées françaises en Alsace et en Lorraine. Bazaine se laisse enfermer dans Metz.
Paris est mis en état de siège.
Le 2 septembre capitulation de Sedan.

 

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08.03.12

Chronologie 1938-1945

Chronologie de la 2de Guerre Mondiale
vue depuis la France


1938

Mars : Anschluss
septembre : accords de Munich

1939

mars : occupation de la Tchécoslovaquie
22 août 1939 pacte germano-soviétique
1er septembre invasion de la Pologne
3 septembre la France et l’Angleterre déclarent la guerre
26 septembre : dissolution du PCF
28 septembre capitulation de la Pologne
10 décembre : rationnement sur la viande

1940

janvier :déchéance des élus communistes
janvier : froid exceptionnel
mars : vente d’alcool interdite certains jours, pas plus de 2 repas aux restaurants
20 mars : démission du Président du Conseil Daladier. Il est remplacé par Paul Reynaud
28 mars : les Anglais et Français promettent de ne pas faire de paix séparée
avril : bataille de Norvège
10 mai : invasion des Pays Bas, de la Belgique et de la France
13 mai : Rotterdam capitule et la reine de Hollande quitte Amsterdam ; les Allemands franchissent la Meuse ; reflux des soldats français
15 mai : la défense française est enfoncée
18 mai : Pétain vice-président du Conseil
 fin mai- début juin : poche de Dunkerque
28 mai la Belgique capitule
4-8 juin : les lignes de défense sur la Somme sont enfoncées
7 juin les Allemands sont à Rouen
10 juin le gouvernement décide de partir à Tours
14 juin Paris déclarée ville ouverte ; les Allemands entrent à Paris
16 juin Pétain président du Conseil ; les Allemands sont à Orléans et Dijon
17 juin : Pétain dit : il faut cesser le combat
18 juin : appel du général de Gaulle
19 juin : les Allemands prennent Cherbourg, Lyon et la Loire
20 juin : appel du maréchal Pétain : j’ai demandé à nos adversaires de mettre fin aux hostilités
22 juin : armistice de Rethondes
23 occupation d’Angoulême
24 juin : darlan ordonne à la flotte de se saborder
25 juin : cessez-le-feu
mai/juin : exode sur les routes
29 juin les Allemands arrivent à Bordeaux
3 juillet : Mers-el-Kébir
9 et 10 juillet : le Parlement donne tous les pouvoirs au gouvernement dirigé par Pétain devenu « chef de l’Etat français » pour faire une révision constitutionnelle
17 juillet : une loi de Vichy permet d’épurer facilement les magistrats et fonctionnaires
22 juillet une loi de Vichy commence la révision des naturalisations faites depuis 1927
12 août : début de la bataille d’Angleterre
13 août, Vichy interdit les « sociétés secrètes »
27 août Vichy supprime une loi anti-raciste de 1939
fin août : en zone occupée les Allemands nomment des administrateurs dans les entreprises dont les proprios sont partis puis interdisent aux Juifs de revenir
3 octobre : statut des Juifs.  Vichy leur interdit l’accès à la fonction publique, d’exercer des activités artistiques et intellectuelles et d’avoir des mandats électifs
4 octobre : les préfets de Vichy sont autorisés à interner les Juifs dans des camps
7 octobre les Juifs d’Algérie perdent la nationalité française
18 octobre en zone occupée toute affaire juive doit avoir un administrateur (porte ouverte aux spoliations)
24 octobre : entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler
30 octobre : Pétain dans un message public, définit la collaboration
13 décembre : Pétain fait arrêter Laval

1941

mars : fin de le neutralité américaine
mars : Vallat est nommé commissaire général aux Questions Juives
Mai : grève des mineurs ; arrestation de juifs polonais en zone nord
28 mai : étoile jaune obligatoire en zone occupée : premières déportations systématiques de juifs apatrides internés en zone occupée
2 juin Vichy élargit la liste des professions interdites aux Juifs ; un quota est imposé pour l’artisanat, les professions libérales, industrielles etc.
21 juin, zone de Vichy : maximum de 3 % de juifs autorisés dans les établissem secondaires et universités
22 juin : invasion de l’URSS
22 juillet : en zone de Vichy loi pour nommer un administrateur qui remplace le proprio à la tête des entreprises juives : spoliations et trafics
15 août : maximum de 2 % de Juifs pour les médecins, pharmaciens et sages-femmes (zone sud)
août : arrestations de juifs en zone occupée
été 41 : attentats anti-allemands lancés par le PCF
décembre :  arrestations de juifs en zone occupée
7 décembre : Peal Harbor

1942

Avril : retour de Laval au pouvoir
Printemps : Laval accepte de livrer aux Allemands des Juifs étrangers
juin : les Juifs doivent porter l’étoile jaune ; le théâtre, le cinéma et la musique sont interdits aux artistes juifs (6 juin)
22 juin:  Laval : je souhaite la victoire allemande (discours)
juillet : rafles massives de Juifs, en particulier celle du Vél d’Hiv’
juillet : Laval accepte de livrer 10 000 juifs de la zone sud
12 septembre 1942/2 février 1943 : bataille de Stalingrad
8 novembre : débarquement américain en Afrique du Nord
11 novembre : occupation de la zone libre
27 novembre : sabordage de la flotte française à Toulon
24 décembre : assassinat de Darlan

1943

16 février : création du STO
juillet/septembre : débarquement allié en Sicile et en Italie du Sud
24 juillet : arrestation de Mussolini
juillet : l’Italie se retire de la guerre ce qui lève le dernier obstacle aux déportations de juifs dans le Sud-est.  Nouvelles déportations
novembre : Pétain tente d’écarter Laval et échoue


1944

janvier : création de la Milice
janvier : trois collaborateurs ultras entrent au gouvernement (Déat, Darnand, Henriot)
février : procès du groupe résistant M.O.I. de Manouchian (affiche rouge)
Février-mars : insurrection du plateau des Glières
6 juin : débarquement en Normandie
10 juin : Ouradour
15 août : débarquement en Provence
25 août : De Gaulle entre à Paris
novembre : réelection de Roosevelt et libération de Strasbourg

1945

Janvier : conférence de Yalta
mars : les Américains franchisent le Rhin
avril : mort de Roosevelt, Truman président des E.U.
27 avril mort de Mussolini et le 30 mort d’Hitler
avril-mai-juin : création de L’ONU
8-9 mai : capitulation allemande
Août : Hiroshima
31 août le japon capitule

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07.03.12

Allemagne 1933-1939

L’ALLEMAGNE NAZIE DE 1933 A 1939


I) La mise en place

1) La « révolution légale » de février-juillet 1933

Le 31 janvier le Reichstag est dissout. Les élections sont fixées au 5 mars. Le 4 février un décret permet l’interdiction des journaux et réunions d’opposants (le PC et le SPD). Göring, ministre de l’Intérieur de la Prusse, recrute une police auxiliaire.
Le 27 février, incendie du Reichstag. Les communistes sont accusés. Les arrestations sont nombreuses. Le 28 février un décret suspend toutes les libertés individuelles et autorise la peine de mort en matière politique.
Mais aux élections, les nazis n’obtiennent que 44% des voix. Avec leurs alliés ils ont 52%. La gauche a 30%. Le PC obtient 5 millions de voix malgré la répression qui le frappe.
Les députés catholiques et l’épiscopat vont se rallier à Hitler.
Le 30 mars le gvt peut promulguer des lois sans en référer au Reichstag. C’est la fin du système parlementaire. Le gvt a les pleins pouvoirs.
Les partis sont interdits les uns après les autres. En juillet, une loi interdit leur reconstitution. Il y a déjà plusieurs milliers de prisonniers. Ouverture du 1er camp à Dachau.
Les syndicats, associations de paysans, de médecins, d’avocats etc. sont interdits.

2) L’épuration du parti

La droite s’inquiète et réclame le retour à la normalité.
Les SA pensent qu’il faut continuer la révolution. Leur chef Roehm est ambitieux et indépendant. Le 30 juin 1934 les chefs de la SA sont liquidés, ainsi que certains nazis « socialisants » et les leaders de la droite parlementaire.
L’armée approuve.

3) Mort d’Hindenburg

Hindenburg meurt le 2 août 1934.
Hitler fusionne la présidence et la chancellerie. Il devient le Reichsführer. Des élections truquées l’approuvent.

II) les fondements

Devise : « ein Volk, ein Reich; ein Führer »
Livre : Mein Kampf (1925). Très diffusé après 1933

1) Un racisme obsessionnel

C’est ce qui le distingue du fascisme italien.
Pour les Allemands, Volk n’a pas seulement le sens le « peuple » ou « nation » mais de communauté raciale fondée sur le sang et le sol, la langue et la culture.
Pour les nazis, l’histoire est le résultat de la lutte des races. Ils croient en une race supérieure, les Aryens, dont l’élément le plus pur serait les Germains (cela ne correspond à aucun élément biologique  ou archéologique prouvé). Ils doivent dominer le monde. Pour cela ils ont besoin d’un espace vital (Lebensraum). Les peuples inférieurs doivent être soumis afin de permettre l’épanouissement des surhommes. L’Allemagne doit se préparer à la guerre en forgeant une jeunesse saine, sportive, en encourageant la natalité.
Il faut préserver le peuple allemand des risques de contamination par les races inférieures et combattre l’idéologie libérale, le marxisme, le christianisme. L’ennemi principal est le Juif coupable d’avoir l’esprit critique, individualiste et intellectuel. Il faut anéantir les juifs.
Le IIIème Reich doit marquer pour mille ans le triomphe du peuple allemand.

2) Une doctrine fasciste

Le fascisme allemand ou nazisme est une doctrine complexe à qui il faut donner une définition ni trop limitée ni trop extensive. Il vient du choc du déracinement produit au XIXème siècle par la révolution industrielle, l’urbanisation et la crise du rationalisme : les anciennes structures se sont écroulées. La guerre de 14-18 avec ses conséquences et la crise économique accélèrent cette perte des repères identitaires.
Le fascisme est diversifié et a évolué.

- Il vient d’un patriotisme blessé par la défaite ; c’est un nationalisme exacerbé.
- Il est antiparlementariste et hostile au libéralisme. Il condamne la démocratie pluraliste. Il a un culte pour l’Etat, le groupe, le chef. Il est pour la force et la violence guerrière. Il  met en avant la toute-puissance du parti unique.
Il ne se confond pas avec la droite traditionnelle.
- Il manifeste un anticapitalisme démagogique et superficiel. Il est antimarxiste.

3) L’organisation de l’Etat nazi

- Le dictateur

Le pays devient très centralisé. C’est la fin de l’autonomie des Länder.
Le Führer est populaire ; il est plébiscité en 1934
Les militaires et les grands services de l’Etat lui sont directement soumis.
Les dignitaires du parti et de l’Etat le vénèrent.

- L’Etat SS

Après 1936 l’ancienne administration est entièrement remplacée par une administration nazie. C’est le règne de la bureaucratie, le désordre et l’arbitraire.
L’appareil policier est très développé. La population est entièrement surveillée ; chacun dénonce son voisin.
Les SS sont nombreux (Schutzstaffel : section de protection). Ils sont chargés de la protection intérieure du Reich. Créés en 1925 et dirigés par Himmler depuis 1929. Ils s’occupent aussi des camps de concentration.
Gestapo (abrégé de police secrète d’Etat).
Dans les camps, c’est le règne du sadisme et de la cruauté.

- Des conceptions juridiques très « spéciales »

Göring : nous nous élevons contre le faux humanitarisme
La volonté du Führer incarne la volonté du peuple, elle a force de loi.

- Les oppositions

Elles existent mais faiblement et tardivement.
. Les Eglises. Au début, elles restent modérées. En 1937 le pape dénonce le racisme, les pasteurs aussi.
. Quelques projets d’attentats de la part de militaires.
. Les partis de gauche sont éliminés et ne peuvent réagir.

III) la politique nazie

1) Un totalitarisme

Goebbels, ancien journaliste, devient ministre de la propagande et de l’information.
La propagande est moderne et efficace. Elle consiste à répéter inlassablement un petit nombre d’idées vraies ou fausses, user de la parole plus que de la plume, s’adresser à des auditoires larges (Nuremberg) utiliser les sentiments. Les idées romantiques, l’exaltation de l’effort collectif, de la nature, du fantastique, du sport... plaisent à la jeunesse. L’insistance mis sur le travail manuel convient aux ouvriers.

La littérature est nazifiée. Des autodafés sont organisés pour brûler les livres « dangereux » : ceux de Freud, Zola, J. London, Gide, Marx... Les bibliothèques publiques sont expurgées.
Oppositions aux peintres « décadents » : Van Gogh, Gauguin, Matisse, Picasso...
Beaucoup d’intellectuels émigrent : A. Einstein, Th Mann...

La jeunesse est embrigadée dès l’âge de six ans dans la Hitlerjugend. Epreuves sportives, serments de fidélité, chantiers, éducation idéologique... A partir de 10 ans : exercices militaires. Les jeunes filles doivent apprendre leur futur métier de mère (KKK).

2) Les mesures racistes

Elles consistent à protéger la « race des seigneurs ».
- mesures natalistes
- interdiction des mariages de couples dits « tarés » : handicapés, sourds, aveugles
- encouragement aux unions entre aryens
- Promotion de la propagande par le sport : aux JO de Berlin en 1936 les Allemands obtiennent bcp de médailles mais un Noir en obtient 3.
- antisémitisme
1933 boycott des magasins juifs ; épuration de la fonction publique.
1935 lois de Nuremberg créent une ségrégation : les Juifs perdent le droit de vote, sont exclus de l’armée, ne peuvent plus épouser des non-juifs
9 novembre 1938, nuit de cristal. Destruction de magasins juifs, de synagogues, meurtres.
Beaucoup de Juifs ne réagissent pas ou tardivement, parce qu’ils sont très patriotes et intégrés. Un quart seulement des juifs émigrent.
Le génocide se produira à partir de 1941.

3) La lutte contre la crise économique

- L’autarcie
Les importations ne sont pas payées en marks mais en devises. On développe les produits d’ersatz (caoutchouc de synthèse, fibres à base de cellulose). Les importations diminuent.
Les créanciers extérieurs sont en partie remboursés avec des marks qu’ils doivent dépenser sur place. Accords de troc avec les pays d’Europe centrale.
- Contre le chômage
Grands travaux (chemins de fer, autoroutes stratégiques, défrichements et assèchements), relance de la consommation, crédit, élimination des femmes et des jeunes du marché du travail.
- Le réarmement
On relance la production d’armes ; on développe la Luftwaffe. Par contre on développe moins les produits stratégiques ; il faudra donc faire une guerre rapide.
- Résultats.
Baisse du chômage, relance de la production (métallurgie et charbon surtout) qui passe de l’indice 100 en 1928 à 119 en 1937.

4) La politique sociale

La politique nazie est favorable aux patrons. Interdiction des grèves et des syndicats qui sont remplacés par des corporations liées au parti. Contrôle de l’Etat.
On favorise le maintien des petites propriétés agricoles.
Les ouvriers restent sur la réserve, leurs salaires stagnent, mais il y a plein emploi, les loisirs sont bon marchés.

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