judaïsme antiquité christianisme médiéval islam 1400-1789 1789-1815 Italie Europe XIXe France 1815-1940 1914-1918 URSS fascismes 1939-1945 décolonisation France 1945-2010 Guerre Froide USA hist-géo
réformer l'E.N. psychologie, stress l'inspection programmes HG bac sujets + méthodes notation pédagogie
ZEP, ZUS etc. le trop fameux voile mariages forcés les lycéens parlent l’action affirmative les violences
28.01.12
Orphelins de Bourguiba et héritiers du Prophète
Extrait tiré de l’introduction de l’ouvrage de Samy Ghorbal ‘‘Orphelins de Bourguiba & héritiers du Prophète’’ (Cérès éditions, Tunis, janvier 2012).
Cérès éditions : http://www.ceres-editions.com/home.php
Ben Ali a sciemment brouillé les repères hérités de la période bourguibienne. […] Confronté après 2000 à l’érosion du consensus économique et social, son régime a tenté – timidement d’abord, puis de manière plus ostensible – de réactiver le «consensus identitaire-religieux».
Extraits reproduits par le journal tunisien « Kapitalis, l’actualité autrement »
Lundi, 23 Janvier 2012
http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/7943-lislamisation-de-la-societe-en-tunisie-ou-lheritage-de-ben-ali.html
24.01.12
Liberté pour l’Histoire
Liberté pour l’Histoire
Inquiets des risques d’une moralisation rétrospective de l’histoire et d’une censure intellectuelle, nous en appelons à la mobilisation des historiens européens et à la sagesse des politiques.
L’histoire ne doit pas être l’esclave de l’actualité ni s’écrire sous la dictée de mémoires concurrentes. Dans un État libre, il n’appartient à aucune autorité politique de définir la vérité historique et de restreindre la liberté de l’historien sous la menace de sanctions pénales.
Aux historiens, nous demandons de rassembler leurs forces à l’intérieur de leur propre pays en y créant des structures similaires à la nôtre et, dans l’immédiat, de signer individuellement cet appel pour mettre un coup d’arrêt à la dérive des lois mémorielles.
Aux responsables politiques, nous demandons de prendre conscience que, s’il leur appartient d’entretenir la mémoire collective, ils ne doivent pas instituer, par la loi et pour le passé, des vérités d’État dont l’application judiciaire peut entraîner des conséquences graves pour le métier d’historien et la liberté intellectuelle en général.
En démocratie, la liberté pour l’histoire est la liberté de tous.
Pierre NORA, président de Liberté pour l’Histoire. 2008
23.01.12
Fin de la guerre d’Algérie
Fin de la Guerre d’Algérie, 1962
Par Guy Pervillé professeur d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse/Le Mirail
http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=266
19.01.12
violence scolaire
En Seine-Saint-Denis, la violence scolaire est plus verbale que physique.
Une étude sur la violence à l’école dans ce département nuance fortement les idées reçues.
Les surveillants, enseignants et proviseurs s’estiment mal formés et dénoncent des tensions au sein des équipes éducatives.
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/En-Seine-Saint-Denis-la-violence-scolaire-est-plus-verbale-que-physique-_EP_-2012-01-16-758368
http://www.lajauneetlarouge.com/article/la-violence-l%E2%80%99ecole-en-seine-saint-denis
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120116.AFP4622/les-violences-physiques-tres-rares-dans-les-etablissements-scolaires-du-93.html
http://www.20minutes.fr/ledirect/860772/seine-saint-denis-violences-physiques-tres-rares-etablissements-scolaires
http://www.ac-creteil.fr/zeprep/violence_somm.html
17.01.12
L’Evangile selon saint Mathieu
Pasolini : L’Evangile selon saint Mathieu, film.
Je retrouve dans mes affaires une vieille cassette vidéo sur un film de Pasolini tourné en 1964 : L’Evangile selon saint Mathieu.
Je me souviens avoir voulu l’utiliser en classe dans le cours sur la naissance du christianisme (6me, 2de). L’ai-je fait ? Je ne m’en souviens plus.
L’avantage était de rompre la tonalité trop scolaire de ce cours pour passionner les élèves, pour rendre ce sujet – forcément complexe - plus humain. C’est tout le problème des cours d’histoire qui sont trop austères, comme si c’était un gage de rigueur intellectuelle. Mais cette rigueur n’est-elle pas fictive ? Les profs ne sont-ils toujours très indulgents avec les politiciens et les institutions ? Le cours sur la naissance du judaïsme est lui aussi devenu ennuyeux parce que trop souvent mal enseigné, sans passion, ce qui n’exclue nullement la rigueur intellectuelle. C’est tout le problème des rapports entre subjectivité et objectivité, problème philosophique sur lequel les enseignants sont mal formés, trop scientistes, trop positivistes. Cela résulte peut-être également de leur formation intellectuelle insuffisante. Comme s’ils avaient peur de s’engager. C’est le résultat de valeurs républicaines et laïques devenues dogmatiques, rigides.
J’avais commencé à m’intéresser à ce film dans les années 1970 parce qu’il me paraissait contestataire. Parce que je m’intéressais à l’histoire du cinéma, des films noir et blanc. Influence des cours dispensés par Henri Langlois à la Cinémathèque de Chaillot.
Il s’ouvre sur un gospel américain qui chante les espoirs et la douleur du peuple noir opprimé. Cela donne de la force au film. C’est l’époque du mouvement des droits civiques aux States. L. B. Johnson qui succède à JFK en 1963 fait une politique sociale très à gauche.
A d’autres moments, le film contient de la musique classique. Il y a aussi beaucoup de silences.
Le noir et blanc n’enlève aucune force et ne fait pas « vieillir » le film. Une belle lumière claire est portée sur les arbres dans la scène du désert. Le noir et blanc permet de mettre en valeur des paysages rocailleux qu’on imagine siciliens et caniculaires.
Chez Pasolini le peuple occupe la place essentielle. Trognes tordues, vieilles femmes édentées. Respect de l’humain, humanisme. Lorsque les pêcheurs rencontrent Jésus, ils courent d’enthousiasme sur la plage, surtout Jean qui deviendra le disciple préféré.
Par contre la hiérarchie religieuse est ridiculisée avec ses hauts couvre-chefs tronconiques.
Dans de nombreuses scènes, les personnages ont des figures étonnées lorsqu’ils écoutent Jésus, ils sont déphasés, dérangés dans leurs habitudes, il les déstabilise.
Eloge des petits enfants
Extrême jeunesse de Marie, représentée comme une adolescente, ce qu’elle était en réalité car elle a vécu très longtemps après la crucifixion de Jésus.
Au début du film le Christ bambino court et trottine, joyeux. Tout au long du film, Pasolini nous montre beaucoup de cris et courses d’enfants.
Jésus est montré non comme une icône fadasse, mièvre et mollassonne, mais comme un homme de caractère, un point de vue affirmé.
Il convient que nous accomplissions toute justice, explique-t-il.
L’esprit de ce peuple s’est épaissi.
Publicains et prostituées seront avant vous au royaume des cieux.
Il a du caractère, se fâche, pleure. Dans la scène des marchands du temple, il court, furax, renverse les étals et ses vêtements flottent derrière lui tellement il marche à grandes enjambées.
Tu n’auras plus jamais de fruits, dit-il au figuier, à la fin.
Jean-Baptiste aussi insulte les gens : race de vipères !
Beauté de la langue italienne. C’est l’avantage des films en version originale, de plus en plus rares à la TV hélas. Le doublage est un massacre, un enfermement culturel, un effet de la course à l’audience et à l’argent.
Sur l’évangile de « saint Pasolini, » voir une analyse détaillée :
13.01.12
Pas de lien immigration - chômage
We find no association between migrant inflows and claimant unemployment.
http://www.niesr.ac.uk/pdf/090112_164026.pdf
Source :
Le rapport publié par le National Institute of Economic and Social Research qui réfute la thèse selon laquelle l’afflux des étrangers au Royaume-Uni est l’une des causes du chômage chez les jeunes Britanniques de souche. Cette étude, ne relève “aucun lien” entre l’augmentation de l’immigration et celle du nombre des demandeurs d’emploi – même en cette période où le Royaume-Uni connaît la pire récession depuis des décennies. "L'immigration a un effet de relance sur l’économie, stimulant l’emploi et réduisant le nombre des bénéficiaires de l’allocation chômage", écrivent les économistes de l'institut, qui ajoutent que l’interaction entre les flux migratoires entrants et le PIB s’avère positif, ce qui montre que, durant les périodes de ralentissement de la croissance économique, l’arrivée des migrants est corrélée avec […] un ralentissement de l’augmentation des allocataires.
Voir dans The Independant de TUESDAY 10 JANUARY 2012 un article sur ce rapport : http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/immigration-does-not-cause-unemployment-6287404.html
Informations publiées par Presseurop
http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief-cover/1379671-l-immigration-aggrave-t-elle-le-chomage
09.01.12
L’école à bout de souffle
L’école à bout de souffle, documentaire sur l’Education nationale diffusé le mardi 10 janvier à 20 h 35 sur France 5.
Les nouveaux programmes, l’illusion créée par les évaluations, l’angoisse des mères de famille, la difficulté croissante de faire des cours passionnants dans un tel contexte de peur et de bluff.
07.01.12
Félix Ziem peint l'Orient
Félix Ziem
Voyages, impressions et paradoxes.

Exposition à Beaune, au musée des Beaux Arts.
Porte Marie de Bourgogne.
Du 18 novembre 2011 au 28 février 2012
Ziem naquit à Beaune en 1821. On le décrit comme séducteur, brillant, fantasque, affabulateur, presque antipathique. Il cultivait le genre de l’artiste anticonformiste, romantique, mélancolique. Derrière ces poses théâtrales, il était doté d’un solide sens des affaires et cherchait à maîtriser la diffusion de ses œuvres. Il s’était lié aux marchands d’art. Il fréquentait artistes comme Corot, Degas, Renoir, Rodin, Rousseau, Théophile Gautier. On lui décerna plusieurs médailles.
A côté de cela, il éprouvait un amour sincère pour l’Orient et c’est pourquoi on lui pardonnera bien des aspects de sa personnalité.
En 1842 F. Ziem fait un grand voyage à Venise, en 1843-1844 on le retrouve en Russie, en 1847 il est à Constantinople-Istambul. En 1848 il voyage à Rome. En 1856 nouveau voyage pour Constantinople, la Turquie, le Liban, la Grèce, l’Egypte, la Sicile. En 1858 il explore l’Algérie.
Il s’habillait à l’orientale et parlait arabe. On sent chez lui une passion pour l’Autre. Ne dénigrons pas trop l’exotisme. Bien sûr, il réduit la personnalité d’autrui à des clichés mais au moins il y a un élan vers l’étranger, le voyage, l’aventure, la découverte.
Felix Ziem meurt très âgé en 1911.
« L’art est la langue universelle qui exprime la situation du cœur et de l’esprit humain. Il nous laisse des traces vivantes de tous ceux qui ont aimé et senti l’éternelle beauté ». Felix Ziem.
Animé d’une rage créatrice il peignit 5000 tableaux et réalisa 10 000 dessins. Peu de peintures sont datées. Lyrique. Attention portée aux variations du ciel.
Salle 1 : les paradoxes d’un homme : peintre bourgeois et bohême
Salle 2 : les lieux d’ancrage : la Bourgogne, le Sud de la France, Paris et sa région.
Salle 3 : les voyages, sources d’inspiration
Salle 4 : les paradoxes d’un style
Venise
Il utilise une palette chaude et ardente, haute en couleurs.
- Gondole devant le Palais des Doges : tout en rose
- Venise, le Môle : jaune-orange
- Venise, Palais des Doges, une fête
- Embarquement vers le Bucentaure sur la Place Saint Marc. 1868. Robes riches, palais roses.
- Venise, gondole sur le Grand Canal. Un compte-rendu précis des façades.
- Palais Franchetti à Venise. Des murs rouges, le blanc frappant des mâts des navires.
- Coucher de soleil à venise. Paisible, le soir tombe. Ici, pas d’esbrouffe.
Quelques tableaux tranchent heureusement avec cette magnifique orgie de couleurs.
- Le Jardin français à Venise. La lumière tombe sur la balustrade en pierre.
- Vue de Venise à la voile blanche. Un tableau rare dans l’œuvre de F. Ziem. Pour une fois, pas d’avalanche agressive de jaune ou de rose mais tout est peint en blanc crème, d’une façon très délicate, respectueuse, calme, sans prétention. Il y a souvent des aspects systématiques et lassants dans ses tableaux, pas ici.
-Venise, la Salute. Reflets dans l’eau, blancheur.
- Venise, la rue des Consuls. Une ruelle sombre.
Diaporama de 20 mn sur Venise, à partir d’un carnet de croquis
Sur l’écran d’un ordinateur défient des croquis pris sur son journal de bord en 1872. Crayon, gouache, encre, mine de plomb.
Il note scrupuleusement la météo. « Jolie minute au soleil », « ciel indécis ».
Scènes de la vie urbaine : barques, marchés, rues.
Route de Fusina : voile bleue, femmes pagayant sur des barques ;
Un quai, des gens déchargent les marchandises transportées sur une barque.
Des gens qui marchent sur un quai. Arcades, des femmes aux jupes bleues.
Une femme en noir tenant un enfant dans ses bras.
Route de Mestre : « lumière d’argent ».
Course au Rialto. Temps gris mélangé de soleil.
Orient
Coupoles, minarets, Corne d’or, Sainte-Sophie. A Constantinople il peint le passé, les Croisades, les Janissaires mais avant tout la lumière. Exotisme
- Vue d’Istambul, la Suleymaniye. Cela ressemble aux tableaux de Claude Gellée que l’on peut admirer au Louvre. Au premier plan un port et des personnages sur le quai. Soleil couchant, ciel orange.
- Une fantasia sur les rives du Bosphore, les cavaliers courent sur la grève.
- Khartoum, coucher de soleil et palmiers.
- Caravane en route vers La Mekke. Chameaux, Nubiens.
Sud-Est de la France
- Chevaux sauvages en Camargue.
- Pêcheurs en Méditerranée. Ils poussent leur barque sur la plage. Un rose monotone.
- Baie de Villefranche. Eau bleue, rochers tout à fait rouges.
- Marseille, quai Saint-Jean. Une forêt de mats, l’Hôtel de Ville
- Marseille, Port de Marseille, coucher de soleil. Tout à fait dans le style de Claude Gellée.
- Lagune de Martigues : tableau horizontal, voiles blanches, pêcheurs
- Golfe d’Antibes 1901 : tout en bleu, coups de brosses rapides
Autres régions
- Dijon, vue des Perrières, vers 1842-1848. L’unique œuvre qu’il fit sur la Bourgogne. Une lumière tendre.
- La Seine à Billancourt, couleur sépia.
- L’avenue des Champs Elysées. Mouvements rapides avec les chevaux
29.12.11
Unité italienne, chronologie
L'unité italienne
chronologie rapide
cliquer et ouvrir le fichier docx : UNITE_ITALIENNE
25.11.11
Elections et banlieues
Trouvé ce billet sur le blog de Patrick Braouezec, député apparenté communiste de Seine-Saint-Denis, président de la communauté d'agglomération Plaine Commune et ancien maire de Saint-Denis.
http://www.patrickbraouezec.net/
article paru sur le site de l'agence Reuters
Les banlieues désertent la campagne présidentielle
Posted: 22 Nov 2011 06:14 AM PST
S'il suffisait de concentrer tous les maux de la société française pour s'inviter dans la campagne pour la présidentielle, les banlieues y auraient généreusement droit de cité.
Ce sujet brûlant n'est pourtant guère évoqué par les ténors des partis que par quelques mots clés réducteurs, souvent dotés d'une consonance négative : insécurité, immigration, islam...
Entre les populations des excroissances aux portes des grandes villes et une classe politique dans laquelle elles ne se reconnaissent pas, le dialogue semble rompu.
"Il n'y a aucune force politique capable de comprendre ce qui se passe en profondeur dans ces quartiers populaires, de travailler avec eux, de construire une politique pour ceux qui souffrent le plus dans cette société", dénonce Patrick Braouezec, fin connaisseur des banlieues.
Lire la suite :
04.11.11
Jaurès et la religion
Pour prendre ses distances avec une laïcité excessive et dogmatique qui fait des dégâts dans les collèges et lycées.
Pour comprendre nos élèves de banlieues « sensibles » ( = populaires).
Pour mieux comprendre la force de l’islamisme dans les pays arabes délivrés de leurs dictatures « modernistes ».
Lisons ce texte de Jean Jaurès, fondateur du Parti Socialiste, assassiné en 1914.
Jean Jaurès, Histoire socialiste de la Révolution française,
tome I (2) La Constituante, seconde partie, Messidor Editions sociales, 1969.
Page 203
D’ailleurs, l’immense majorité du peuple, en 1789 et 1790, n’aurait pas souffert que l’Etat, rompant tout lien avec l’Eglise, proclamât que la religion était simplement une affaire privée. Il y a, dans l’ordre religieux, un abîme entre la classe ouvrière d’aujourd’hui dont une partie est délibérément incroyante, et le peuple de 1789. […]
Le peuple de 1789 était habitué, par les siècles, à considérer qu’il n’y avait pas de vie publique possible sans monarchie et sans religion. Et il ne dépendait pas de la Constituante de défaire en une minute l’œuvre séculaire de servitude et de passivité. […]
Il faudra des épreuves énormes, la lutte sournoise et violente du clergé contre la Révolution, sa complicité évidente avec les ennemis de la liberté et de la nation, ses crimes de Vendée, ses appels fanatiques à la guerre civile pour déprendre le peuple révolutionnaire du clergé d’abord, du christianisme même, ensuite. Et encore, l’arrachement ne fut-il que superficiel. Quiconque ne tient pas compte de cela est incapable de comprendre l’histoire, incapable aussi de juger à leur mesure ces grands révolutionnaires bourgeois qui arrivèrent en quatre années, et en passant par la Constitution civile, à un commencement de déchristianisation de cette France si automatiquement croyante depuis des siècles.
Qu’on se figure bien qu’en 1789 et 1790, pour presque tout le peuple de France, le catholicisme était si étroitement mêlé à la vie nationale et privée qu’il en semblait inséparable. Qu’on se figure bien que le roi, jugé par eux nécessaire, avait été sacré par l’Eglise ; que toute leur vie personnelle et domestique reposait sur une base catholique […].
Ou bien le peuple aurait interprété cette rupture officielle de l’Etat avec l’Eglise comme une déclaration de guerre à la religion elle-même, et dans l’état des esprits, avec les habitudes mentales de l’immense majorité des paysans et des ouvriers de l’époque, c’était une arme terrible aux mains des agents de la contre-révolution. […]
Et, quand la force de la religion catholique pesait à ce point sur l’esprit du peuple, on s’étonne et on s’indigne que la révolution ne se soit pas heurtée d’emblée, jusqu’à en mourir, à l’immense préjugé chrétien du pays. […]
Ah ! je comprends très bien ce que les premiers ménagements forcés de la révolution pour l’Eglise et le christianisme ont de fâcheux et même de choquant. […]
Tous nous avons hâte que la Révolution puisse dire : il n’y a rien de commun entre le dogme et moi, et la seule révélation que j’accepte, c’est la lumière de la science et de la raison. Nous avons hâte que l’esprit humain puisse affirmer sans réticence sa confiance superbe en lui-même, et son dégoût pour la vieille superstition comme pour les compromis qui la maintiennent. […]
Ainsi les Constituants espéraient que la pure raison se dégagerait peu à peu de l’hétéroclite composé de christianisme et de révolution qui, en 1789, formait le fond de la conscience nationale. […]
Le peuple avait été tenu dans l’ignorance et dans la dépendance chrétienne aussi bien par le dédain des philosophes que par l’esprit de domination de l’Eglise : et même en entrant en révolution, il ne pouvait accéder d’emblée à la pure philosophie de la science et de la raison. Cette première période révolutionnaire est donc nécessairement, dans l’ordre religieux, une période de compromis. […]
Je suis convaincu que cette Constitution civile, si dédaignée par quelques esprits hautains, est pour beaucoup dans la liberté intellectuelle du peuple d’aujourd’hui à l’égard des choses religieuses. Elle a été une première accommodation laïque de la religion qui a habitué le peuple aux pleines audaces de la pensée libre. […]
Encore une fois la dramatique rencontre du christianisme et de la Révolution ne pouvait être reculée. Le seul devoir de la Constituante était de ménager cette rencontre de façon à froisser le moins possible les préjugés de la masse qui se fût tournée contre la révolution et de façon aussi à donner au peuple, à l’égard des choses religieuses, des habitudes nouvelles de liberté. C’est à quoi la Constitution civile a pourvu pour autant qu’il était possible. En fait, la révolution trouva des prêtres assermentés pour toutes les paroisses, des évêques assermentés pour tous les diocèses : elle put ainsi diviser l’Eglise contre elle-même ; elle prévint un soulèvement unanime de fanatisme religieux où elle aurait sombré et elle se donna le temps d’être, pour l’essentiel de son œuvre, inattaquable et irrévocable.
Représentation du prophète
l’Islam n’interdit pas la représentation du prophète

http://www.humanite.fr/culture/quand-pouvait-representer-mahomet-482857
01.11.11
Napoléon III et l’Italie, naissance d’une nation
exposition à Paris
19 octobre 2011 – 15 janvier 2012
Napoléon III et l’Italie
Naissance d’une nation, 1848-1870
Musée des Invalides, Paris
19 octobre 2011 – 15 janvier 2012
http://www.invalides.org/pages/dp/livre-jeux-napoiii-italie.pdf
http://www.invalides.org/pages/dp/edd22.pdf
L’Italie célèbre les 150 ans de son unité (1861). Au musée de l’Armée (Paris) se tient une expositions sur cet évènement dans lequel la France de Napoléon III joua un rôle fondamental.
Près de 300 œuvres et objets venant de France et d'Italie nous éclairent sur cette histoire.
Il y a des photos, tableaux, dessins, uniformes, bonnets à poils, armes, documents écrits, sculptures...
Mais le plus frappant ce sont les photos d'époque, issues de collections particulières (la collection Roland Bonaparte par ex.). Elles montrent des villes assiégées et détruites (Solférino), des ports de guerres, des canons, des revues militaires, des hommes d'Etat et des généraux mais aussi et surtout pour la première fois des tas de cadavres.
L'exposition retrace une longue période qui depuis l'invasion française de 1796 jusqu'à la prise de Rome par les patriotes italiens en 1870. N'est-ce pas une durée trop longue ? Cette chronologie demeure complexe pour le non-spécialiste. D'ailleurs la fin de l'expo (années 1860-1870) est bâclée et manque d'explications.
Quoiqu'il en soit, il fallait parler de ce pays latin (comme la France) qui - bien plus tard - joua un rôle essentiel dans la construction européenne.
- Personnalités évoquées dans l'expo :
Napoléon III, sa maitresse la célèbre comtesse Castiglione,Victor-Emmanuel II et ses bacchantes à la Henri IV, Cavour et sa barbe en collier, Garibaldi et ses Chemises rouges, l'empereur François-Joseph, le nationaliste Mazzini, Pie IX, le prince Plon-Plon véritable sosie de Napoléon 1er, Verdi, Orsini auteur en 1858 d'un attentat justifié contre Napoléon III, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Lamartine.
- Batailles :
Solferino, Magenta...
Arrivée de la Croix-Rouge, des fusils à canon scié, du fusil chassepot, du chargement par la culasse, des balles ogivales qui remplacent les balles rondes, de canons plus efficaces, de nouvelles méthodes chirurgicales comme l'anesthésie.
Recours aux trains, bateaux cuirassés à vapeur, ballons dirigeables.
Information ou maniulation ?
Rôle de la photo, des reportages, des peintres officiels, des journaux, du télégraphe.
A noter, le rôle de l'Orient :
Guerre de Crimée, soldats venus d'Afrique du nord.
Questions :
L’empereur Napoléon était-il favorable aux nationalismes ? Etait-il pro-italien ?
Son objectif consistait-il au contraire à obtenir la Savoie ?
Pourquoi a-t-il protégé le pape ? Avait-il peur de son épouse, très conservatrice ?
Etait-il indécis ?
Que penser des victoires françaises de 1859 ? Ne sont-elles pas dues à la chance plus qu'au talent du commandement ? Napoléon détestait-il la guerre ?
Pourquoi a-t-il reculé en 1849 et plus tard en 1859 en faisant l'armistice de Villafranca ?
Garibaldi mérite-t-il une admiration totale ?
Que pensait l'opinion publique française ?
Il y a-t-il des guerres justes ?
catalogue :
Costa Natalina (sous la dir.), Napoléon III et l'Italie, la naissance d'une nation 1848-1870 (catalogue d'exposition), Paris, éd. Nicolas Chaudun 2011, 324 p.
Napoléon III l’Italien
Il passe une partie de sa jeunesse en Italie. Après la défaite de son oncle en 1814, une partie des Bonaparte est accueillie à Rome par le pape qui la loge dans de luxueux palais. En 1823 Hortense les rejoint parce qu’elle a besoin de la protection du clan (femme seule).
En 1831 avec son frère et son cousin, Louis-Napoléon participe aux insurrections italiennes.
Puis il quitte l’Italie pour mener la vie minable d’un aventurier. Il fréquente les prisons. Il séjourne en Angleterre où il observe l’industrialisation avec ses aspects positifs et négatifs.
- Elu président de la République (le premier) en décembre 1848. Son nom de famille lui tient lieu de programme. Il a été poussé par les conservateurs (Thiers) qui le considèrent comme un imbécile que l’on pourra manipuler. Ce sera lui qui les roulera.
- 1848, guerre entre le Piémont et l’Autriche. Les Autrichiens sont chassés de Milan. Le pape est chassé de ses Etats par des démocrates italiens au côté desquels combattent 1500 volontaires français.
En juillet 1849 le président Bonaparte envoie une armée à Rome pour rétablir le pape. Il ne veut pas que ce travail soit fait par l’Autriche qui augmenterait ainsi son influence au détriment de celle de la France.
Pendant 26 jours, 30 000 soldats français assiègent les fortifications romaines. Après cette victoire, un corps expéditionnaire français restera 21 ans sur place.
Napoléon remercie ainsi la monarchie pontificale qui l‘avait protégé pendant sa jeunesse. Les patriotes italiens lui en garderont rancune.
- 14 janvier 1858 attentat d’Orsini. C’est un ancien député, patriote italien favorable à l’unification de son pays. Da sa prison, il écrit à Napoléon III « j’adjure voter majesté de rendre à ma patrie l’indépendance ». Cela impressionne l’opinion.
- 20 et 21 juillet 1858 entrevue secrète à Plombières (Vosges) entre Napoléon III et le premier ministre piémontais Cavour. Celui-ci promet à la France la Savoie et Nice en échange de sa participation à une guerre contre l’occupation autrichienne.
- Janvier 1859 traité franco-sarde.
- Avril 1859, la France déclare la guerre à l’Autriche. Début des opérations militaires en Italie du nord. Victoires de Magenta et de Solférino.
A la veille de pénétrer en Vénétie, Napoléon hésite. La guerre a déjà fait beaucoup de morts. Dans les victoires franco-sardes il y avait une part de chance et de maladresse et les Autrichiens ont pu se replier en bon ordre. Les chasser totalement de la péninsule est risqué. La population française ne soutient plus cette guerre, les catholiques craignent que cela menace les privilèges pontificaux. De plus, la Prusse s’inquiète des succès français et mobilise.
Le 6 juin 1859 l’empereur avait déclaré aux Milanais : « on est plus grand aujourd’hui par l’influence morale qu’on exerce que par des conquêtes stériles ».
Juin 1859 massacre de Pérouse. La vile appartenait aux Etats de l’Eglise et des révolutionnaires favorables à l’unité italienne y avaient pris le pouvoir. L’armée du pape entra dans la ville, tua et viola. Un dessin de Charles Robert évoque la scène.
Le 12 juillet 1859 Napoléon signe l’armistice de Villafranca, au grand dam des patriotes italiens. Un tableau de Domenico Induro représente leur étonnement. On lit les affiches placardées sur les murs, on discute pour essayer de comprendre, mais aucune joie ne se lit sur les visages.
- Traité de Turin du 24 mars 1860.
- Avril 1860, plébiscite sur le rattachement de la Savoie et de Nice à la France.
- Mai 1860, le royaume de Naples est rattaché à l’Italie grâce aux volontaires garibaldiens qui en chassent le roi François II.
- 1866, annexion de la Vénétie.
- 1871, Rome devient italienne.
29.10.11
La France italienne
exposition à Paris 
19 octobre 2011 – 15 janvier 2012
Napoléon III et l’Italie
Naissance d’une nation, 1848-1870
Musée des Invalides, Paris
19 octobre 2011 – 15 janvier 2012
http://www.invalides.org/pages/dp/livre-jeux-napoiii-italie.pdf
http://www.invalides.org/pages/dp/edd22.pdf
L’Italie célèbre les 150 ans de son unité (1861). Au musée de l’Armée (Paris) se tient une expositions sur cet évènement dans lequel la France de Napoléon III joua un rôle fondamental.
Près de 300 œuvres et objets venant de France et d'Italie nous éclairent.
Il y a des photos, tableaux, dessins, uniformes, bonnets à poils, armes, documents écrits, sculptures...
Mais le plus frappant ce sont les photos d'époque, issues de collections particulières (collection Roland Bonaparte par ex.). Elles montrent des villes assiégées et détruites (Solférino), des ports de guerres, des canons, des revues militaires, des hommes d'Etat et des généraux mais aussi et surtout pour la première fois des tas de cadavres.
L'exposition retrace une longue période qui depuis l'invasion française de 1796 jusqu'à la prise de Rome par les patriotes italiens en 1870. N'est-ce pas une durée trop longue ? Cette chronologie demeure complexe pour le non-spécialiste. D'ailleurs la fin de l'expo (années 1860-1870) est bâclée et manque d'explications.
Quoiqu'il en soit, il fallait parler de ce pays latin (comme la France) qui - bien plus tard - joua un rôle essentiel dans la construction européenne
- Personnalités évoquées dans l'expo :
Napoléon III, sa maitresse la célèbre comtesse Castiglione,Victor-Emmanuel II et ses bacchantes à la Henri IV, Cavour et sa barbe en collier, Garibaldi et ses Chemises rouges, l'empereur François-Joseph, le nationaliste Mazzini, Pie IX, le prince Plon-Plon véritable sosie de Napoléon 1er, Verdi, Orsini auteur en 1858 d'un attentat justifié contre Napoléon III, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Lamartine.
- Batailles :
Solferino, Magenta...
Arrivée de la Croix-Rouge, des fusils à canon scié, du fusil chassepot, du chargement par la culasse, des balles ogivales qui remplacent les balles rondes, de canons plus efficaces, de nouvelles méthodes chirurgicales comme l'anesthésie.
Recours aux trains, bateaux cuirassés à vapeur, ballons dirigeables.
Information ou maniulation ?
Rôle de la photo, des reportages, des peintres officiels, des journaux, du télégraphe.
A noter, le rôle de l'Orient :
Guerre de Crimée, soldats venus d'Afrique du nord.
Questions :
L’empereur Napoléon était-il favorable aux nationalismes ? Etait-il pro-italien ?
Son objectif consistait-il au contraire à obtenir la Savoie ?
Pourquoi a-t-il protégé le pape ? Avait-il peur de son épouse, très conservatrice ?
Etait-il indécis ?
Que penser des victoires françaises de 1859 ? Ne sont-elles pas dues à la chance plus qu'au talent du commandement ? Napoléon détestait-il la guerre ?
Pourquoi a-t-il reculé en 1849 et plus tard en 1859 en faisant l'armistice de Villafranca ?
Garibaldi mérite-t-il une admiration totale ?
Que pensait l'opinion publique française ?
Il y a-t-il des guerres justes ?
catalogue :
Costa Natalina (sous la dir.), Napoléon III et l'Italie, la naissance d'une nation 1848-1870 (catalogue d'exposition), Paris, éd. Nicolas Chaudun 2011, 324 p.
Napoléon III l’Italien
Il passe une partie de sa jeunesse en Italie. Après la défaite de son oncle en 1814, une partie des Bonaparte est accueillie à Rome par le pape qui la loge dans de luxueux palais. En 1823 Hortense les rejoint parce qu’elle a besoin de la protection du clan (femme seule).
En 1831 avec son frère et son cousin, Louis-Napoléon participe aux insurrections italiennes.
Puis il quitte l’Italie pour mener la vie minable d’un aventurier. Il fréquente les prisons. Il séjourne en Angleterre où il observe l’industrialisation avec ses aspects positifs et négatifs.
- Elu président de la République (le premier) en décembre 1848. Son nom de famille lui tient lieu de programme. Il a été poussé par les conservateurs (Thiers) qui le considèrent comme un imbécile que l’on pourra manipuler. Ce sera lui qui les roulera.
- 1848, guerre entre le Piémont et l’Autriche. Les Autrichiens sont chassés de Milan. Le pape est chassé de ses Etats par des démocrates italiens au côté desquels combattent 1500 volontaires français.
En juillet 1849 le président Bonaparte envoie une armée à Rome pour rétablir le pape. Il ne veut pas que ce travail soit fait par l’Autriche qui augmenterait ainsi son influence au détriment de celle de la France.
Pendant 26 jours, 30 000 soldats français assiègent les fortifications romaines. Après cette victoire, un corps expéditionnaire français restera 21 ans sur place.
Napoléon remercie ainsi la monarchie pontificale qui l‘avait protégé pendant sa jeunesse. Les patriotes italiens lui en garderont rancune.
- 14 janvier 1858 attentat d’Orsini. C’est un ancien député, patriote italien favorable à l’unification de son pays. Da sa prison, il écrit à Napoléon III « j’adjure voter majesté de rendre à ma patrie l’indépendance ». Cela impressionne l’opinion.
- 20 et 21 juillet 1858 entrevue secrète à Plombières (Vosges) entre Napoléon III et le premier ministre piémontais Cavour. Celui-ci promet à la France la Savoie et Nice en échange de sa participation à une guerre contre l’occupation autrichienne.
- Janvier 1859 traité franco-sarde.
- Avril 1859, la France déclare la guerre à l’Autriche. Début des opérations militaires en Italie du nord. Victoires de Magenta et de Solférino.
A la veille de pénétrer en Vénétie, Napoléon hésite. La guerre a déjà fait beaucoup de morts. Dans les victoires franco-sardes il y avait une part de chance et de maladresse et les Autrichiens ont pu se replier en bon ordre. Les chasser totalement de la péninsule est risqué. La population française ne soutient plus cette guerre, les catholiques craignent que cela menace les privilèges pontificaux. De plus, la Prusse s’inquiète des succès français et mobilise.
Le 6 juin 1859 l’empereur avait déclaré aux Milanais : « on est plus grand aujourd’hui par l’influence morale qu’on exerce que par des conquêtes stériles ».
Juin 1859 massacre de Pérouse. La vile appartenait aux Etats de l’Eglise et des révolutionnaires favorables à l’unité italienne y avaient pris le pouvoir. L’armée du pape entra dans la ville, tua et viola. Un dessin de Charles Robert évoque la scène.
Le 12 juillet 1859 Napoléon signe l’armistice de Villafranca, au grand dam des patriotes italiens. Un tableau de Domenico Induro représente leur étonnement. Les passants lisent les affiches sur les murs, on discute pour essayer de comprendre, mais aucune joie ne se lit sur les visages.
- Traité de Turin du 24 mars 1860.
- Avril 1860, plébiscite sur le rattachement de la Savoie et de Nice à la France.
- Mai 1860, le royaume de Naples est rattaché à l’Italie grâce aux volontaires garibaldiens qui chassent le roi François II.
- 1866, annexion de la Vénétie.
- 1871, Rome devient italienne, le pape ne conserve que le quartier du Vatican.
26.10.11
La pauvreté et les programmes d'HG
Les inspecteurs d’histoire-géographie n’aiment pas que l’on parle de pauvreté dans les cours. C’est politiquement incorrect, c’est antirépublicain, il ne faut pas faire de vagues, nous devons rester au service des élites dominantes, le devoir de réserve cela veut dite que nous devons montrer une solidarité inconditionnelle vis-à-vis de l’Etat (donc de ses dirigeants). Tels sont les sous-entendus.
Au fond, il n’est pas certain que l’histoire serve à renforcer l’esprit critique, peut-être a-t-elle été placée dans les programmes pour insuffler l’esprit d’obéissance.
Je trouve dans un petit livre des idées qui me plaisent :
Laurent Albaret, Hélène Latger, Jean-François Wagniart (coord.), La riche histoire des pauvres, Institut de recherche de la FSU, 2007.
Les auteurs font remarquer que la notion de pauvreté est presque absente des programmes et des manuels. On trouve seulement les termes de « paupérisme » et de « pauvreté », qui ne sont pas totalement synonymes;
La part horaire consacrée à la pauvreté est très faible. Jadis l’histoire-géo faisait la part belle aux faits politiques (grands hommes, grandes dates, grandes batailles…) et aujourd’hui on fait de l’histoire dite « culturelle » (vie quotidienne, mentalités…). En somme la lutte des classes fait peur. N’en parlons pas, on se jamais cela pourrait la faire disparaître (illusion petite-bourgeoise !).
On ne parle pas de social mais par contre on parle d’économie. Les enseignants qui sont totalement à l’écart des faits économiques manifestent paradoxalement une adoration à distance pour l’économie. Façon de dissimuler à eux-mêmes leur vie cléricale et administrative.
Ce qui est plus curieux et plus inquiétant c’est l’absence de cette notion de pauvreté des manuels scolaires. Rappelons que les manuels ne sont pas rédigés par des inspecteurs ou d’autres notables mais par des enseignants de base, choisis par cooptation et copinage. Nous constatons donc, que d’eux-mêmes, sans pression de la hiérarchie, ils choisissent volontairement de dissimuler l’existence de la pauvreté aux élèves. C’est encore plus inquiétant ! La soumission aux élites, certes, en réalité elle est imposée d’en haut, mais elle est aussi et surtout relayée par le clergé enseignant qui trouve dans cette collaboration le moyen de se dissimuler à lui-même les contraintes et souffrances qui pèsent sur lui (salaires, inspecteurs, règlements divers, chef d’établissement, parents d’élèves, pauvreté ( !!!) des quartiers sensibles, puissance des lois du marché etc.)
Les auteurs de ce livre font remarquer que dans un manuel de 5me il est dit que les paysans du Moyen Age vivent misérablement alors que la recherche universitaire à démontré que ce n’était pas le cas du monde rural de la fin du XIIIe et du début du XIVe s qui connaissant une belle croissance agricole (progrès techniques, extension des surfaces mises en labour, recul des forêts etc.).
Si la pauvreté est presque absente des laçons des manuels, par contre elle est présente dans les dossiers, travaux pratiques etc. si répandus depuis quelques années.
Si la pauvreté n’est jamais nommée telle quelle, par contre les périphrases et faux synonymes abondent : Tiers Etat, Sans Culottes… On parlera (mais jamais directement) de la pauvreté sous la Révolution ou pendant la crise de 1929 aux E.-U. mais surtout pas en France (ben voyons…).
Les travaux des sociologues ne semblent pas intéresser les enseignants d’HG (mais sont-ils davantage présents dans les cours de sciences économiques et « sociales » ?).
En somme, c’est comme si les travaux de Michel Mollat, Bronislaw Geremeck et J.-P. Gutton n’avaient jamais existé. Faut-il mettre cela sur le compte de la jalousie des profs du 2aire vis-à-vis des universitaires ? Pas seulement.
Les auteurs du livre estiment à raison que la pauvreté gêne pour une autre raison : pour l’étudier il faudrait s’intéresser à la sociologie, sortir du corporatisme, se placer sur le terrain de cette transdisciplinarité qu’Edgard Morin appelle de ses vœux.
Ceci étant dit, qu’est-ce qui oblige un prof à se soumettre ? S’il le voulait, s’il n’avait pas autant peur de sa subjectivité, il pourrait faire ce qu’il veut dans son cours !
Les inspecteurs et les manuels sont des tigres de papier.
04.10.11
Banlieue de la République
Banlieue de la République 
Gilles Kepel avec la collaboration de Leyla Arslan et Sarah Zouheir
Octobre 2011
Une enquête de terrain
à Clichy-sous-Bois / Montfermeil,
un débat, des propositions pour les quartiers en France
Cette enquête s'intéresse à l’ensemble des dimensions qui permettent de "faire société" : le logement et la rénovation urbaine, l'éducation, l'emploi, la sécurité. Elle se termine en se demandant à quel point ces dimensions influencent le rapport des personnes interrogées au fait politique et aux questions religieuses.
Monographie d’un territoire qui a été l’épicentre des émeutes urbaines de 2005, c’est d’un document sans équivalent.
http://www.banlieue-de-la-republique.fr/

02.10.11
esprits d'Etat
Pierre Bourdieu, Esprits d'Etat, dans : Actes de la recherche en sciences sociales, 1993.
Extraits
- L’un des pouvoirs majeurs de l’Etat, celui de produire et d’imposer (notamment par l’école) les catégories de pensée.
- Thomas Bernhard, Maîtres Anciens, « L’école est l’école de l’Etat, où l’on fait des jeunes gens les créatures de l’Etat, c’est-à-dire rien d’autre que des suppôts de l’Etat. Quand j’entais dans l’école, j’entrais dans l’Etat, et comme l’Etat détruit les êtres, j’entrais dans l’établissement de destruction des êtres. […] L’Etat a fait de moi un homme étatisé, un homme réglementé et enregistré et dressé et diplômé, et perverti et déprimé, comme tous les autres. Quand nous voyons des hommes, nous ne voyons que des hommes étatisés, des serviteurs de l’Etat ».
- Pour montrer à quel point est nécessaire et difficile la rupture avec la pensée d’Etat.
- La séduction qu’exercent les représentations de l’Etat.
- Si l’Etat est en mesure d’exercer une violence symbolique, c’est qu’il s’incarne à la fois dans l’objectivité sous formes de structures et de mécanismes spécifiques et aussi dans la « subjectivité ».
- L’Etat façonne les structures mentales
- La dimension nationaliste de la culture, se masque, dans le cas de la France, sous des dehors universalistes : la propension à concevoir l’annexion à la culture nationale comme promotion à l’universel fonde aussi bien la vision brutalement intégratrice de la tradition républicaine (nourris notamment du mythe fondateur de la révolution universelle) que des formes très perverses d’impérialisme universaliste et de nationalisme internationaliste.
- Les rapports de force les plus brutaux sont en même temps des rapports symboliques.
- Le fonctionnement du système scolaire, lieu de consécration où s’instituent, entre les élus et les éliminés, des différences durables, souvent définitives, à la façon de celles qu’instituait le rituel d’adoubement de la noblesse.
- La facilité, en définitive très étonnante, avec laquelle les dominants imposent leur domination.
Bourdieu Pierre. Esprits d'Etat . In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 96-97, mars 1993. Esprits d'État. pp. 49-62.
doi : 10.3406/arss.1993.3040
url :http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arss_0335-5322_1993_num_96_1_3040
Consulté le 02 octobre 2011
28.09.11
Charles-Louis Rollin, pédagogue
LA PEDAGOGIE DE CHARLES-LOUIS ROLLIN (1661-1741)
source : institut pédagogique national, février 1962
"Fondés sur les principes du bon sens et de la droite raison, les préceptes ne sont autre chose que des observations judicieuses, faites par d'habiles gens, sur les discours des meilleurs orateurs, qu'on a ensuite rédigées par ordre et réunies sous de certains chefs". Ainsi s'exprimait Charles-Louis Rollin, en 1728, dans un ouvrage en quatre volumes intitulé : De la manière d'étudier les belles lettres par rapport à l'esprit et au cœur. Cet ouvrage — le premier qui codifiât la coutume pédagogique de l'Université, - est plus généralement connu sous le titre de Traité des études.
S'appuyant sur le "bon sens" et "la droite raison", Charles Louis Rollin déclare qu'il préfère l'orateur au rhéteur, que celui-ci n'est et ne doit être au bout du compte que le commentateur de celui-là, dont il a pour charge, en tant que maître d'enseignement, de faire connaître, aimer et imiter les œuvres. C'est au tome II du Traité des études que Rollin traite de la rhétorique comme d'un moyen de formation humaine en qui il place de grands espoirs. Des préceptes, dont il est parlé d'abord, à la lecture des auteurs et, pour couronner le tout, à l'imitation, toutes les investigations du vaste domaine de la rhétorique sont accomplies.
C'est le retour aux sources : c'est-à-dire aux bons auteurs, aux Anciens dont parlait Erasme et Montaigne, à ceux qui, "après avoir passé pur l'examen rigoureux de tant de siècles et de tant de peuples, ont mérité par un suffrage unanime d'être, pour les âges suivants, les artistes souverains du bon goût et les modèles achevés de ce que la littérature a de plus parfait". Aux meilleurs parmi les élèves sera donné d'égaler peut-être le talent de l'orateur (l'orateur s'entendant ici comme l'homme dont la culture est susceptible d'applications littéraires : par ta parole mais aussi par l'écriture).
Mais cette perfection formelle n'est pas exclue des fins ordinaires de l'enseignement des belles-lettres, Rollin songe aux innombrables élèves des collèges qui ne deviendront ni orateurs, ni poètes, ni philosophes. A quoi serviront en ce cas les études de rhétorique ? "Quand celles-ci — répond le Traité des études — ne serviraient qu'à acquérir l'habitude du travail, à en adoucir la peine, à arrêter et à fixer la légèreté d'esprit, à vaincre l'aversion pour une vie sédentaire et appliquée et pour tout ce qui assujettit et captive, ce serait déjà un très grand avantage".
Autre chose : "L'étude retire de l'oisiveté, du jeu, de la débauche. Elle remplit utilement les vides de la journée qui pèsent si fort à tant de personnes, et rend agréable un loisir qui, sans le secours des belles-lettres, est une espèce de mort et comme le tombeau d'un homme vivant". Sans oublier ses avantages dans la vie de société. Grâce à l'étude des écrivains du passé, ne se trouve-t-on pas en état de juger sainement des ouvrages actuels, de se lier avec des gens d'esprit, d'entrer dans les meilleures compagnies, de prendre part aux entretiens les plus savants, de fournir de son côté à la conversation où sans cela on demeurerait muet, de la rendre plus utile et plus agréable en mêlant les faits aux réflexions ?
On pourrait d'un mot résumer le résultat de la formation littéraire telle que Rollin la conçoit : c'est le goût que l'on forme. Il le dit lui-même en toutes lettres : "Faire renaître dans les hommes d'aujourd'hui le goût de l'élégance attique et de l'urbanité romaine".
C'était le propre de l'enseignement départi dans les collèges du XVIIe siècle que d'inculquer ce goût-là aux jeunes gens. Les Oratiens, les Jésuites y réussirent à merveille. Ce n'était pas pour leurs établissements que Rollin composait son ouvrage, Ancien recteur de l'Université de Paris, il établissait des règles tirées de l'expérience et susceptibles de servir l'Etat dans sa reprise en main de l'Université. Il s'agissait, parallèlement aux collèges des Jésuites et des Oratiens, de donner aux établissements secondaires dont la monarchie avait la charge des conseils de sagesse, de prudence et de zèle.
On conçoit que, dans ce cas, le Traité des études apporte peu d'innovations. Il s'inscrit dans le cadre du règlement rédigé en 1600 sur l'ordre du roi de France et de Navarre Henri IV. Selon Pierre Mesnard, les collèges qui relevaient alors de l'Université de Paris étaient en petit nombre : c'étaient les collèges d'Arcourt, du Cardinal-Lemoine, de Plessis-de-Montaigu (Rollin, boursier, y fit ses études), des Grassins et de Beauvais. L'enseignement que l'on y donnait se répartissait de neuf à seize ans, avec deux années de philosophie. Il n'était dispensé qu'en langue latine, celle-ci se trouvant sévèrement protégée par un article du règlement de 1600 : "Dans chaque classe sera établi un surveillant qui présentera au chef du collège une liste des écoliers qui (...) se seront servi de la langue vulgaire...".
Si Charles-Louis Rollin s'était contenté de reprendre en les illustrant les divers points de ce règlement, son oeuvre ne serait déjà pas inutile. Nous verrons qu'il a, ici et là, donné des indications qui, sans être entièrement neuves, ouvraient la porte à quelques adaptations nécessaires, sur le chapitre du latin par exemple. Mais avant, précisons qu'en 1719 Louis XV décida de rémunérer les maîtres, jusque-là payés par les élèves. Rollin remercia le roi :"Nous étions affligés d'avoir à exiger de nos disciples une autre récompense que celle de la reconnaissance et du bon cœur pour un travail qui ne doit pas être perdu, mais qu'il ne convient pas de vendre". Grâces soient donc rendues à Louis XV qui délivra les maîtres de cette "servitude également pénible et indécente". Et la meilleure preuve de cette gratitude, ce sera de lui offrir un ouvrage fixant la méthode d'enseignement usitée dans l'Université - c'est-à-dire le Traité des études.
Dans un discours préliminaire, Rollin déclare que l'Université, établie par les rois de France pour travailler à l'instruction de la jeunesse, se propose trois objets qui sont : la science, les moeurs, la religion. La religion, l'élève doit en posséder l'essentiel dès avant son entrée au collège où l'on veillera seulement à l'entretenir par des exercices appropriés.
La morale pose un autre problème : objet d'enseignement, faut-il en parler comme d'une chose en soi ou la mêler aux matières scolaires ? Rollin ne croit pas aux bons penchants de la nature humaine; il a, durant ses études, subi l'influence des jansénistes. Pour lui, le coeur est vicieux.
Au maître donc d'opposer "à la conception naturelle de l'homme et au torrent des mauvaises coutumes, de bons principes; à l'amour des richesses et des plaisirs, les exemples de l'Antiquité qui y sont contraires, car la connaissance du caractère et des vertus des grands hommes porte à les imiter". Le raisonnement — c'est à noter — est le même qu'il s'agisse de la formation morale ou de la formation littéraire. Ceci dit, doit-on moraliser abondamment ? "Je ne crois pas qu'il faille beaucoup insister sur les réflexions de morale. Les préceptes qui regardant les mœurs, pour faire impression, doivent être courts et vifs, et lancés comme un trait".
Divisé en huit livres, le Traité des études parle d'abord de l'éducation des petits enfants et de l'éducation des filles. On apprendra à lire aux débutants dans des livres en français, du moins pour les écoles de campagne dont Rollin souhaite que les notables des villages en ouvrent pour les plus pauvres. On exercera la mémoire à l'aide d'images et par les fables de La Fontaine. Pour les filles plus particulièrement, pas de latin (sauf si elles se destinaient au cloître), de l'orthographe, de la grammaire, un peu de dessin et de danse, des leçons d'Histoire de France, des travaux ménagers, bien sûr. Et tout ce qu'il faut d'arithmétique pour tenir les comptes du ménage (les quatre opérations). Pas de tragédies, pas de comédies : leur lecture ne pourrait qu'enflammer les cœurs et les précipiter plus tard dans des aventures amoureuses.
Le deuxième livre traite de l'enseignement des langues. Point capital : cette étude ne sert-elle pas d'introduction à toutes les sciences ? Connaître le plus grand nombre possible de langues serait excellent. Puisqu'il faut se borner, on en retiendra trois : le latin, le grec et le français. Le latin avant le grec, et le français en dernier lieu. C'est la tradition. Mais les temps changent ; le latin ne se parle plus guère, s'il s'écrit encore. Charles-Louis Rollin écrit pour la première fois en français lorsqu'il rédige le Traité des études. Jusque-là, il s'est exprimé dans la langue de Cicéron. S'il adopte la langue vulgaire, c'est afin d'être lu non seulement des rhéteurs mais aussi par les parents des élèves.
Au surplus, s'il admet, s'il loue même la méthode qui consiste à faire s'exprimer en latin, à l'intérieur du collège, les jeunes gens, il regrette que le règlement de 1600 rende cet emploi exclusif, dont le danger alors est de faire parler incorrectement une langue qu'on n'a pas le droit de maltraiter. Et d'ailleurs, est-il souhaitable que les élèves abandonnent complètement leur langue maternelle ? Mieux vaudra donc limiter l'emploi du latin aux classes elles-mêmes, à condition encore que le maître n'hésite pas à mêler la langue française à la langue latine, Car "les leçons ne seraient pas d'une grande utilité pour les jeunes gens si elles se faisaient purement en latin".
Dans l'esprit de Rollin, ces restrictions n'ont rien à voir avec la moindre idée d'abandon du latin. Il ne conçoit pas — et là-dessus il pense comme tous les pédagogues de l'époque — un enseignement dont le latin ne serait pas la charpente. C'est assez dire qu'il faut lui consacrer les plus grands soins. On procédera de la façon la plus concrète possible, à partir des auteurs, chez lesquels l'élève apprendra le vocabulaire et la syntaxe. Les débutants utiliseront des recueils faits de textes adaptés; on pourra ensuite aborder les auteurs les plus difficiles, qu'on s'exercera en outre à imiter..
Pour ce qui est du grec, Rollin a moins d'enthousiasme. La langue grecque est une langue morte (il n'en dit pas autant du latin), à laquelle on consacrera assez de temps pour ne pas y être étranger. Etonnante modestie ce qui n'ôte rien aux prérogatives de la culture hellénique. "La Grèce a toujours été et sera toujours la source du bon goût". On revient de la sorte au goût, souci primordial du Traité des études.
Quant à l'enseignement du français, il se fera par principes. Une partie de la classe sera consacrée aux lectures dirigées. Les auteurs proposés sont : Racine — pour Athalie et Esther, du moins — Fléchier, Bossuet, Pascal (valable aussi, évidemment, pour la classe de philosophie). Au fond, la méthode est à peu près la même que pour l'étude du latin. De la lecture, on passera à l'imitation (sous la forme de brèves fables, de dissertations, de discours ou de harangues).
La poésie et la rhétorique - objet des livres III et IV - sont un prolongement de ce qui a été dit pour les langues. Il en est de même pour le livre V, qui traite sans originalité des divers genres d'éloquence.
Avec le sixième, on aborde l'Histoire. Auteur d'une Histoire ancienne (en quinze volumes) et d'une Histoire romaine (en cinq volumes), Rollin n'innove point en la matière, Il ne cherche pas, il ne demande pas qu'on cherche à étayer la critique des sources ou à découvrir de nouveaux documents dans un domaine où il est persuadé que tout est connu de ce qui peut l'être. Voltaire s'est moqué de cette attitude et a dit du mal de ses ouvrages historiques. Mais Rollin ne voyait pas plus loin que la fin qu'il se proposait en les écrivant, la même qu'il propose aux martres qui enseignent l'Histoire, c'est-à-dire une fin essentiellement morale. La leçon d'Histoire doit être un prolongement de la leçon de morale.
Par elle seront offerts aux élèves les exemples des grands hommes politiques, des grands peuples, des grandes actions militaires. Ne verra-t-on pas ainsi que le peuple romain, par exemple, souhaitait acquérir beaucoup de gloire et peu de bien ? "Chacun cherchait non à s'enrichir, mais à enrichir la patrie et ils aimaient mieux être pauvres dans une république riche que riches dans une république pauvre".
La peinture du passé doit essentiellement servir au présent. La règle d'or est donc aux yeux de Charles-Louis Rollin : "S'appliquer à découvrir les causes des événements, étudier le caractère des peuples et des grands hommes, observer ce qui regarde les mœurs et la conduite de la vie".
C'est aussi l'objet d'une partie de la philosophie, dont l'étude, selon le règlement de 1600, s'étendait sur deux années. Le traditionalisme de Rollin lui fait voir dans la religion le fondement de la philosophie et dans les principes des limites à ne jamais franchir, Il admet cependant une petite ouverture sur les ouvrages des philosophes contemporains. Au total, la philosophie est appelée à fournir, à un esprit mûri par l'étude des langues, des belles-lettres et de l'Histoire, ce goût du vrai et du juste qui s'ajoute à celui du beau.
Huitième et dernier livre : le gouvernement intérieur des classes et des collèges, Au préceptorat, on préférera l'éducation communautaire des collèges. Mais des liens devront être tissés entre élèves et maîtres d' une part, entre martres et parents d'autre part. Pas de violence - plutôt que la répression, la persuasion. Piquer d'honneur les enfants. Mêler détentes et travaux. Rollin insiste là-dessus. Dans son esprit cela aussi fait partie de l'équilibre qui mène à la justesse du goût, Dans une lettre à J.-J. Rousseau sur les études du fils du duc d'Aremberg : "S'il arrivait au jeune prince - écrit-il - de vouloir trop s'appliquer à l'étude et ne pas jouer assez, c'est pour lors que je ferais usage de mon autorité".
Un parfait équilibre en tout, n'est-ce pas la sagesse ? Le Traité des études s'est édifié autour d'un tel équilibre, qu'il n'a pas eu à créer, puisqu'il existait déjà, qu'il illustre seulement, et fortifie, en l'adaptant parfois. C'est le premier livre de pédagogie rédigé en français et aussi complet sur la question, également importante pour l'époque et pour l'histoire de l éducation, des études dans les collèges secondaires.
BIBLIOGRAPHIE
OEUVRES DE CHARLES-LOUIS ROLLIN
Traité des études, ou de la manière d'enseigner et d'étudier les belles lettres par rapport à l'esprit et au coeur. Paris, chez J.Estienne, 1736-1728.
Mandata rectori s (recommandations du recteur de l'Université de Paris). Publié sans lieu ni date indiqués, en 1695.
Ouvrages publiés après la mort de Rollin :
- Praeceptiones rhetoricae ex Aristotele, Cicerone et Quintiliano depromptae (Principes de rhétorique pris dans Aristote„ Cicéron et. Quintilien). Paris, chez Saillant et Nyon, 1774
- Maximes tirées de l'Ecriture Sainte (en latin et en français), Autun, chez F. Dejussieu, 1811.
OUVRAGES ET ETUDES sur Charles-Louis Rollin
Eloge de Rollin, par de Boze, chez les frères Estienne, Paris, 1741
Observations adressées à M. Rollin, ancien recteur, sur son traité de la manière d'enseigner et d'étudier les belles-lettres, par Gibert, chez F.-G. L'Hermitte, Paris, 1727.
Dictionnaire de Pédagogie, de Fernand Buisson. Voir article sur Rollin, par F. Cadet. Paris, Hachette, 1911.
Les grands pédagogues, par Jean Chateau. Voir étude sur Rollin et l'esprit de l'enseignement secondaire, par Pierre Mesnard. Paris, Presses Universitaires de France, 1956.
Voir aussi :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Rollin
10.09.11
organiser la salle de classe
Théorie des écrans, réflexion sur la présence des outils
Réflexion d’une enseignante sur l’organisation de la salle de classe
Utilisation du tableau, des outils modernes…
Blog « Enseignant en cherchant »
http://enseignant.hypotheses.org/65
05.09.11
Le bac 2013
Quelques informations sur le baccaulauréat version 2013 =
Site internet Legifrance.gouv.fr
JORF n°0196 du 25 août 2011 page 14387
texte n° 29
ARRETE
Arrêté du 22 juillet 2011 modifiant l'arrêté du 15 septembre 1993 relatif aux épreuves du baccalauréat général à compter de la session 1995







