04.11.09
Charles André Julien, interview sur l'Algérie
Front
Mensuel d’information politique internationale
N°3, novembre 1969
Interview
"LA FRANCE NE POUVAIT CONCEVOIR UNE ALGÉRIE INDÉPENDANTE"
NOUS DÉCLARE A. JULIEN
Charles-André Julien
Homme politique, journaliste et historien du Maghreb (1891-1991)
Thèmes :
Les débuts de la prise de conscience nationale algérienne
L'Internationale communiste et les peuples opprimés
La rupture entre les communistes et les nationalistes algériens
Les décrets Blum-Violette
Le Parti communiste en 1936-1937
Le Parti frontiste et Marceau Pivert
8 mai 1945, le massacre du Constantinois
Etait-il encore possible d'éviter l’affrontement armé
Les couches de la population algérienne déterminantes dans la lutte
La gauche française
Mendès-France et l’Algérie
L'influence de la Révolution algérienne sur le Tiers Monde
Cliquer ici : FRANCE_NE_POUVAIT_CONCEVOIR_UNE_ALG_RIE
17.02.09
Mariée de force, de Leïla
Mariée de force, par Leïla 
Editeur : J’ai Lu, 2005
L'Auteure de "Mariée de force" interpelle Nicolas Sarkozy : « Sommes-nous les bâtards de la République ?»
« On doit arrêter de dire que le mariage forcé, c’est l’affaire des gens venus d’ailleurs ».
En Occident, « le mariage forcé est un sujet tabou dont on a peur de parler. [...]
Lire la suite sur le site de www.continentpremier.com
Cliquezici http://www.continentpremier.info/modules.php?name=News&file=article&sid=1536
Voir une note de lecture sur
http://www.ciao.fr/Mariee_de_force_Leila__Avis_727982
Voir un résumé du livre sur
http://www.evene.fr/livres/livre/leila-mariee-de-force-13399.php
15.10.08
Hatem Ben Arfa
Respectons Hatem Ben Arfa
Il s’agit ce de joueur sifflé par une partie du public lors du match de football France/Tunisie, le 14 octobre 2008 à Paris.
Hatem Ben Arfa avait voulu jouer dans l’équipe française et non dans l’équipe tunisienne, ce que certains spectateurs, intolérants, chauvins et stupides, n’ont pas apprécié.
Il continue d’aimer le pays de ses parents mais il considère que sa place et sa vie se passent en France, pays où il est né et où il passe sa vie. C’est son choix et il faut le respecter. Il a le droit de mener sa carrière où il l’entend. Chacun a le droit de faire ce qu’il veut de sa vie.
En réalité, ceux qui ont sifflé font semblant d’être maghrébins. Ils jouent la comédie sans s’en rendre compte (quoique…). Ils ne sont pas Arabes de la même façon que leurs parents. Par la force des choses, leur arabité devient ténue. Le mouvement de la vie nous rend différents de nos parents. Nous ne devons pas demeurer esclaves de nos « racines », nous ne sommes pas des plantes vertes. Nous aimons nos parents mais nous ne sommes pas leurs clones ou leurs photocopies, nous différons d’eux. A chaque jour qui passe, le pays ou la région de nos ancêtres s’éloigne de nous. A un moment ou à un autre de sa vie, il est inévitable de « trahir » ses «racines» et il faut assumer ce renoncement. Nous avons le droit de choisir le pays et le style de vie que nous préférons. Personne n’a le droit de nous dicter notre identité.
Le patriotisme est souvent stupide. L’amour de la patrie (ou de la pseudo-patrie) n’est pas une vertu.
16 octobre 2008, lycée Joliot-Curie à Nanterre.
J’évoque l’affaire Atel Ben Arfa devant les élèves d’une seconde. J’ai horreur des cours d’éducation civique, mais là, il faut intervenir. Certains pseudo « Maghrébins » se disent victimisés « parce qu’on les accuse toujours ». Dans un Match France-Italie, il paraît que le public aurait sifflé la Marseillaise sans qu’on s’en émeuve ; il aurait deux poids, deux mesures. Plusieurs accusent Ben Arfa d’être « un traître à sa patrie ». Une fille d’origine africaine dénonce l’attitude haineuse du public, d’où une échange de propos vifs avec une prétendue « Tunisienne ». Une autre déclare que la France ne sera jamais son pays. Les élèves d’origine européenne ne s'intéressent pas au débat.
Quelques heures plus tard, je récidive devant une classe de 1ère, des filles sympas. Elles ont une attitude correcte et condamnent sincèrement et sans hésiter les débordements des tribunes. Cela fait du bien.
Philosophe, Hatem Ben Arfa avait déclaré après le match : "On s'attendait tous à ça. On l'avait vu contre le Maroc et l'Algérie [il parle du comportement inacceptable de certains spectateurs], on va dire que c'est devenu une habitude, même si je ne sais pas s'ils le pensent vraiment. Mais je ne leur en veux pas vraiment. C'est un peu dommage mais ce n'est pas grave. Je connais l'être humain, il fait parfois des erreurs."
Précisions sur sa carrière.
Hatem Ben Arfa est footballeur professionnel. Il est né le 7 mars 1987 à Clamart (Hauts-de-Seine) dans une famille tunisienne originaire de Tunis.
Il évolue actuellement à l'Olympique de Marseille (OM) après avoir longtemps joué à Lyon.
Il possède la double nationalité franco-tunisienne. Son père Kamel Ben Arfa est un ancien international A tunisien.
Vainqueur du Trophée des champions en 2005, 2006, 2007 (Lyon).
Champion de France en 2005, 2006, 2007, 2008 (Lyon).
Poste : Milieu offensif, attaquant.
Contacté pour intégrer l'équipe nationale de Tunisie, il avait refusé pour s'orienter vers une carrière en équipe de France.
C’est un des espoirs du football français.
Il est l'auteur d'une magnifique talonnade lors de je ne sais plus quel match.
09.10.08
Benrabah Mohamed, Langue et pouvoir en Algérie
Benrabah, Mohamed
Langue et pouvoir en Algérie. Histoire d’un traumatisme linguistique.
Paris, Séguier, 1999, 350 p.
« Les Colonnes d’Hercule ».
En gros, les Algériens sont des Berbères mâtinés de tous les envahisseurs ayant défilé dans le pays, laissant quelques traces dans la langue et la culture des Berbères de la plaine, ceux de la montagne ayant davantage gardé leurs traditions.
L'arabisation de l'enseignement en Algérie est un échec, car elle utilise un arabe archaïque (l’arabe dit « littéraire ») trop lié à l'islam, et artificiel car non parlé dans la vie de tous les jours. Cette langue est rigide et complexe et ne peut être maîtrisé que par les gens ayant un bon niveau-bac (et encore…).
L'algérien dialectal, seule langue vivante utilisée par tous, est victime d’un tabou : le dialectal ne doit pas être écrit, dit-on, car il serait « indigne » de la langue arabe "pure", dite aussi classique ou moderne, censée unir tous les peuples arabes sous la houlette du Moyen-Orient (blabla). Le rejet de l’arabe dialectal est un drame.
Cette impasse linguistique s’explique par la nature du régime qui est une dictature de généraux milliardaires. En imposant l'arabe littéraire, il veut empêcher le développement d'une vraie langue (= le dialectal) qui donnerait aux catégories modestes les outils verbaux (vocabulaire courant, grammaire simple...) de secouer le joug de la dictature. La fonction du littéraire est d'empêcher de penser.
La xénophobie et le conservatisme d’une partie de la population interviennent aussi et empêchent les réformes nécessaires.
Les Algériens se réfugient dans la langue française par opposition au gouvernement. Ils peuvent le parler avec les cousins de France qui viennent en vacances. D'autres se réfugient dans le berbère un peu pour les mêmes raisons : s'opposer à la dictature.
Il faut lire le livre de Mohamed Benrabah. L'enseignant qui fait cours en banlieue sensible sur l'histoire du monde arabe devra aborder l'aspect linguistique. Il devra prendre la défense du dialectal. C'est un combat pédagogique et émancipateur fondamental. C'est mille fois plus efficace que d'interdire le voile pseudo-islamique. Que la bataille s'engage !
Autres notes de lecture sur "Langue et pouvoir en Algérie"
- http://etudesafricaines.revues.org/document132.html
- http://www.bibliomonde.com/auteur/mohamed-benrabah-770.html
- http://dzlit.free.fr/mbenrabah.html
28.08.08
Toukabri, Juifs dans la Tunisie médiévale
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Hmida Toukabri Les Juifs dans la Tunisie médiévale 909-1057 d’après les documents de la Geniza du Caire Editions Romillat Paris 2002 |

AVANT PROPOS
INTRODUCTION
Considérations méthodologiques et théoriques : les sources, l'historique de la présence juive en Ifriqiya, et la problématique.
I — DES HOMMES, UN PROFIL
• Ya 'coub b. Killis, la conversion et le pouvoir
En Egypte, chez Kâfûr al-lkhshîdî
A la cour d'al-Mu'izz al fâtimî
• Les médecins de la cour
Ishâq b. Souleymân al-lsrâ'ilî
Mosché b. al-'azar
• L'idéal religieux et la spéculation philosophique
Hushi'el b. Elhanan et la fondation de l'école talmudique de Kairouan
Notes de philosophie médiévale
Il — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE ET LES VICISSITUDES DE L'ÉPOQUE
• Le commerce : approche quantitative et qualitative
Rythme et volume du commerce
Les importations et les exportations
• L'entreprise individuelle et le partenariat
Professions et métiers
Profit et partenariat
• L'événement hilalien et les Juifs de l'Ifriqiya
Récits autour d'un événement
Témoignages juifs sur l'arrivée des Hilaliens
III — SOCIETÉ COMMUNAUTAIRE ET HOMOGÉNÉITÉ SOCIALE
• L'organisation interne de la communauté juive
L'organisation religieuse et juridique
Traits culturels et quotidienneté
• Discrimination ou protection ?
A propos du signe distinctif.
La Jizya, la taxe de capitation
• Symbiose ?
Rapports de voisinage
L'orthodoxie et les rapports interethniques
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
24.05.08
Germaine Tillion
Germaine Tillion, Le harem et les cousins, Seuil 1966.
Note de l’auteur du blog :
Les extraits suivants éclairent les relations mère-fils dans certains quartiers sensibles. Ils montrent pourquoi certains garçons sont surprotégés par leur mère. Cela n’est pas particulier à l’islam.
Page 202 et suivantes
« Qui enlèvera la coiffure ou le mouchoir (que les femmes portent sur les cheveux); ou pour prendre l'expression vulgaire qui « attachera », ou soit par des menaces publiques ou secrètes soit par toute autre violence empêchera une jeune fille ou une veuve de se marier, encourra la peine... ».
Cette disposition se trouve dans une sorte de code qui fut promulgué sous le gouvernement de Paoli, au mois de mai 1766. A cette date on empêchait en Corse une jeune fille de se marier en découvrant ses cheveux en public, car après cet affront seul l'auteur de l'attentat pouvait épouser sans honte la femme qui en était victime. — Toutefois avant le mariage il avait grandes chances d'être assassiné par sa future belle-famille...
Les analogies entre les coutumes chrétiennes et celles que l'on attribue généralement à la seule société musulmane ne se bornent pas à d'aussi anodines ressemblances […].
Un bon observateur de l'Italie [1] écrit à propos de l'éducation des filles et des garçons : « Ne revenons pas sur les filles, élevées dans l'idée que la seule affaire importante est la virginité : rien d'étonnant qu'elles ne se donnent aucun mal pour développer leur esprit ou affermir leur caractère. Elles savent que ce qu'elles ont de plus précieux ne leur appartient pas vraiment, que le mari le prendra en une fois et qu'ensuite elles ne vaudront plus rien. Toute leur vie aura été jouée en quelques minutes et pour toujours et bien souvent avant même qu'elles ne soient sorties de l'enfance. […] Pour les garçons, les choses ne vont guère mieux. Traités en dieux dès leur berceau, entourés d'un essaim de femmes attentives à satisfaire leurs caprices, jamais seuls dans une chambre, jamais contrecarrés en rien, jamais soumis à un horaire, jamais punis ni récompensés selon aucun système mais abandonnés au fil de leurs humeurs... ils arrivent à l'âge d'homme démunis comme des nouveau-nés. A vingt, vingt-cinq ans, la rencontre avec le réel... se traduit pour eux en catastrophe épouvantable. […]
Les femmes écrasées fabriquent des homuncules vaniteux et irresponsables […]
SUR LA RIVE MUSULMANE DE LA MER
[…] Au début de ce siècle, dans tout le Nord de l'Afrique, dans tout l'Ouest de l'immense Asie, la règle ne souffrait pas d'exception : toutes les femmes des villes - mises à part quelques vieilles servantes — dissimulaient leur visage sous une véritable cagoule lorsque des obligations les contraignaient à sortir du harem. Les femmes des villes et non celles des campagnes, — car jadis ces dernières circulaient toujours le visage découvert. […]
Or les mères algériennes se font un devoir de battre leurs filles, pour les habituer à la soumission, mais elles ne contrarient jamais leurs fils. Ce type d'éducation ne donne pas nécessairement des « blousons noirs » du moins dans les campagnes, mais par contre, dans les grandes cités et les faubourgs populeux, combiné avec les exemples de la rue et l'absence du père, il a produit les résultats qu'on en pouvait attendre : c’est pour éviter les grossièretés des gamins que dans beaucoup de villes algériennes les femmes ont repris le voile. […]
Malheureusement, la loi du nombre appartient toujours aux masses rurales qui plus que jamais envahissent les villes. Elles y apportent, outre leurs misères si difficiles à guérir, un poids quasi écrasant de préjugés préhistoriques. Dans le milieu bâtard - mi-campagnard, mi-urbain - qui actuellement tend à submerger tous les autres, l'influence de la femme, précisément à cause de son « occultation », reste grande et même trop grande.[ …] On conçoit, dès lors, qu'une mécanique dont le double résultat est à la fois d'exagérer l'influence des mères sur les enfants, tout en privant l'ensemble des femmes de relations normales avec la vie, la société, la nation, le progrès, puisse engendrer, au cours de périodes où l'évolution est rapide, les plus pernicieuses conséquences.
La jeune femme, elle, doit s'habituer dès l'enfance à l'anéantissement de sa personnalité et pour cela supporter des brimades incessantes mais inefficaces - les femmes méditerranéennes ont autant de personnalité que les autres et les brimades ne leur assouplissent nullement le caractère, elles l'aigrissent.
[1] Dominique Fernandez, Mère Méditerranée, Grasset 1965, page 49.
25.03.08
Habib Bourguiba 1958
habib bourguiba et la guerre d'Algérie, 1958
Si on veut lutter contre l'intégrisme musulman, il peut être utile de parler de Bourguiba et d'en dresser un portrait flatteur. Ceci dit, on sera obligé de reconnaître que ce n'était pas un grand démcrate. Quel dommage. Avec davantage de respect des droits de l'homme il aurait été encore plus grand et son oeuvre aurait été durable.
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Chronologie
1954 : début de la guerre d’Algérie
1956 : indépendance de la Tunisie mais la France garde jusqu’en 1963 une base à Bizerte. H. Bourguiba devient président de la Tunisie.
8 février 1958 : l’aviation française bombarde le village tunisien et frontalier de Sakiet qui abritait des indépendantistes algériens. 69 morts.
13 mai 1958 : prise du gouvernement général à Alger et formation du comité de salut public (début de coup d’Etat).
1 juin 1958 : formation du gouvernement de Gaulle en France.
Habib Bourguiba, De Gaulle face à la révolution africaine, L’Express n° 864, 3 juin 1958
« [...] Il y a quelque chose de beaucoup plus important qui arrive en ce moment : les leaders du FLN se politisent ; ils s’adaptent, ils font des progrès considérables et manifestent une maturité qui va surprendre. [...] Et ce ne sont pas les ralliements contraints ou résignés qui changeront les données du problème. Alors lorsque je vois que l’on spécule sur cette fraternisation artificielle pour envisager l’avenir, que voulez-vous que je me dise d’autre que la France est en retard sur l’évolution de l’histoire, qu’elle prend ses désirs pour des réalités, qu’elle n’est pas prête pour ce qu’on croyait être un rôle nord-africain. [...]
Les ultras d’Alger croient probablement avoir remporté une victoire le 13 mai ? Les imbéciles ! Il n’y a eu qu’une seule victoire ; et c’est le FLN qui l’a remporté. A cause d’eux, la France a été coupée en deux, elle est à deux doigts de la guerre civile, son économie est à bout, elle devient de plus en plus dépendante ! [...] La France n’est plus au niveau des responsabilités qu’elle a assumées dans son histoire, parce qu’elle n’a pas la force d’opérer la totale reconversion de son ancien empire. [...]
Que la France veuille être grande, nous ne pourrons y trouver que des avantages, mais si cette volonté de grandeur signifie pour nous le maintien dans l’infériorité, l’association dans la contrainte, bref une fausse reconversion, une illusion de libéralisme, de générosité, comme on dit parfois avec mépris, alors pour nous cela revient exactement au même. Il faut que chaque Français se résigne, s’il ne veut pas y applaudir, à l’indépendance complète, à la souveraineté totale, à la dignité totale de tous les peuples jadis colonisés.
Et ceci est valable pour l’Algérie. De quelque manière que vous preniez le problème, vous buterez toujours contre cette exigence. [...] Est-ce que la France a vraiment essayé en Algérie de faire autre chose qu’une guerre, ou une pacification qui relève de méthodes d’il y a un siècle - encore ces méthodes d’il y a un siècle n’ont-elles réussi que provisoirement, et grâce à la complicité du monde entier (complicité qui joue maintenant, au contraire, en faveur des colonisés) - ?
Vous me demandez de laisser une porte ouverte, de faire un appel - un autre !- de formuler une espérance.
Evidemment, même si je suis las d’espérer en la France, je n’ai pas le droit de ne pas accueillir ce qui peut arriver. Le miracle, quoi ! Mais alors, il faut des actes. Par exemple : la France veut-elle vraiment avoir avec nous, tout de suite, un dialogue efficace et loyal ? Et bien ! qu’elle évacue tout de suite le territoire national tunisien. [...] Qu’elle proclame la souveraineté tunisienne sur une partie du territoire tunisien : j’ai nommé Bizerte. Après, on pourra discuter de l’utilisation de la base. [...]
Si après Sakiet et tous ces récits que l’on nous fait de la guerre d’Algérie, vous n’avez pas suffisamment de sens psychologique pour comprendre que pendant un certain temps l’uniforme militaire français est pour nous un spectacle irritant, que voulez-vous que j’attende ?
Mais voilà : ce sera un pas décisif ! partez ! Que votre armée s’en aille enfin ! Que je ne sois plus à la merci de l’uniforme ! Que je n’aie plus à négocier sous la pression ! Et puis revenez : vous serez alors mieux accueillis. Nous parlerons. Et si vous êtes arrivés à cette reconversion miraculeuse, nous parlerons avec efficacité, avec profit. »
15.01.08
Cuisine médiévale
cuisine médiévale judéo-musulmane
Version du 20 mai 2008
Maghreb médiéval
Ibn Khadouln affirme que le kuskus est berbère alors que les historiens situent sa naissance au Soudan. Les musulmans expulsés d’Espagne au XVIe siècle semblent avoir enrichi la cuisine tunisienne. On dit aussi que la pâtisserie d’Afrique du nord est d’origine turque.
Dans un exercice pédagogique on pourrait comparer les interdits alimentaires musulmans (porc, vin, sang) et juifs (lait+viande, sang). La cuisine maghrébine est un melting-pot. Au Moyen Age un pays dit « musulman » reçoit des influences diverses. C’est uniquement le pouvoir politique qui est musulman, mais la société réelle est très métissée.
On pourrait étudier les plats des communautés juives du Maghreb. Celles du Maroc cuisinent le Msoky (ragoût), les Tfinas qui sont des soupes cuisinées le vendredi et les gâteaux de la pâque juive.
On peut demander aux mamans de préparer de la cuisine maghrébine que les enfants apporteraient à l’école.
On peut demander aux cuisiniers de la cantine de faire une semaine de cuisine maghrébine.
Lire sur Internet : « Couscous past and présent », de Kitty Morse. http://www.kittymorse.com/recipes.html
Dans le site Medieval Renaissance Food Homepage voir les pages Some Recipes of al-Andalus et An Islamic Diners. On y consultera par exemple la recette du Andalusian Chicken et du Syrup of Lemon. http://www.pbm.com/~lindahl/food.html
La nourriture ordinaire était basée sur un petit nombre de produits essentiels : blé, lait ; fromage, dattes.
On signale dans la Tunisie médiévale les margaz, les beignets, les maqruds et bien sûr le kuskus (semoule, beurre fondu, viande de boeuf et chou selon une recette du XVe s.). La rafisa consistait à malaxer des miettes de pain avec des dattes et du miel. L’assida (existe encore) était une bouillie de semoule fine de froment, beurre et miel ; parfois on y ajoutait des pignons de pin et de la crème. Le msoky était un ragoût de mouton et de légumes. La harira était une soupe de lentilles et pois chiches.
Andalousie des XIIIe-XVe siècles
En général tous les matins on mangeait des légumes et de l’ail.
Le gasis était une soupe au blé et aux légumes.
Plusieurs soupes ressemblaient à la harira marocaine ; parfois la harira andalouse était une bouillie de blé, viande hachée et de graisse.
Les muggabbanat ou kisales ressemblaient à des tourtes au fromage blanc saupoudrée de cannelle et trempées dans du miel. Les bawarid étaient des hors d’oeuvre froids dans du vinaigre et des épices.
Le maruziyya un plat de viande prépérée avec du sel, cuite avec du coriande, de l’huile, du miel, des amandes, des poires, des cerneaux de noix.
On peut déguster le poulet avec une sauce d’ail et de fromage. Ou alors le lièvre cuit au four avec du safran, du vinaigre et des épices.
Au XVIe siècle, chassés d’Andalousie par l’intolérance des rois très catholiques, les Morisques amenèrent en Tunisie des assaisonnements jusque là inconnus. 
Sites
Medieval Recipes : http://perso.club-internet.fr/sneuf/S/MEDREC.html
Idem http://www.bitwise.net/~ken-bill/med-p1.htm
http://www.cybercable.tm.fr/˜jpk/cuisine.htm
http://pages.infinit.net/celte/cuisine.html
http://perso.orange.fr/parchemin/cuisine.htm
http://www.oldcook.com/cuisine_medievale.htm
http://www.la-cour-des-saveurs.com/c41.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_m%C3%A9di%C3%A9vale
Medieval Renaissance Food Homepage est excellent. Consulter la page du Ménagier de Paris (1393) qui contient des recettes en vieux français. Voir aussi la page du Fait de cuisine (en anglais). http://www.pbm.com/˜lindahl/food.html
Livres consultés
- Robert Brunschwig, La Berbérie orientale sous les Hafsides, des origines à la fin du XVe s., tome 2, Adrien-Maisonneuve 1982.
- Simon Nizard, Les jardins du couscous, recettes de la tradition juive tunisienne, éditions de l’Aube, cuisines migrantes 1990
- Arié Rachel, L’Espagne musulmane au temps des Nasrides (1232-1492) , De Boccard Paris 1990. Page 377 l’alimentation.
- Andrée Zana-Murat, De mère en fille, la cuisine juive tunisienne. Michel 1998
14.01.08
Maïmonide
MaÏmonide
«Moïse Maïmonide, le plus profond penseur religieux et la plus grande intelligence de son temps, fut la fleur de l’Age d’Or des Juifs d’Espagne. Il naquit à Cordoue en 1134, mais, alors qu’il était tout jeune encore, l’Espagne musulmane passa sous le gouvernement des Almohades (Unitaires), tribu arabe qui avait envahi le pays depuis l’Afrique. Ces nouveaux maîtres étaient des fanatiques féroces, et leurs persécutions contraignirent beaucoup de non-musulmans à fuir le pays. Parmi les fugitifs se trouvaient Moshé ben Maïmon, qui, après une période d’errance et de graves privations, s’établit à Fostat (le Vieux-Caire). Il y écrivit, entre autres ouvrages importants, son célèbre "Guide des Egarés" [= de ceux qui doutent]».
Isidore Epstein, Le Judaïsme, Payot, 1959, p. 197.
Note : à vrai dire, les Almohades étaient plutôt berbères.
« Maïmonide avait la plus grande vénération pour Aristote en qui il voyait le plus sublime représentant, après les prophètes d’Israël, de l’intelligence humaine, et c’est à sa philosophie qu’il demanda une interprétation rationnelle de la foi et de la tradition juives. »
Idem
« Maïmonide fait preuve de beaucoup d’originalité dans son interprétation des commandements. Plusieurs d’entre eux, pense-t-il, ont été donnés pour s’opposer à des rites et usages païens en vogue au moment où naquit la Torah. »
Idem page 202
«Ce qui distingue surtout le code de Maïmonide, c’est sa façon essentiellement humaniste de formuler et d’appliquer la loi. S’il est rigoureux à l’extrême quant aux lois sur la propriété, il tend à l’indulgence en matière rituelle. Son attitude peut se résumer en ces mots : "La Loi rituelle a été donnée à l’homme et non l’homme à la loi rituelle". Il croit donc qu’il peut parfois être nécessaire d’adapter, de modifier, voire d’abroger certaines lois, afin dit-il, "de ramener les foules à la religion et de les sauver de l’indifférence religieuse générale, de même que le médecin ampute le malade d’une main ou d’un pied pour lui sauver la vie» (Mamerim, II, 4). »
Idem, p. 241.
17.12.07
Abdelmalek Sayad, Histoire et recherche identitaire
Abdelmalek Sayad, Histoire et recherche identitaire.
Suivi d’un entretien avec Hassan Arfaoui, éditions Bouchene, 2002

Page 74
On peut dire que l'Algérie ne guérira jamais de sa situation actuelle, si elle ne fait pas un travail de réévaluation intégrale de son nationalisme : son nationalisme est né dans le contexte colonial, il est né de la colonisation, il est né anticolonial et il l'est resté, il le reste aujourd'hui encore, anachroniquement; et ce nationalisme survit tel quel aux conditions politiques et historiques de sa constitution. Ce nationalisme n'a jamais su se constituer en lui-même. Même aujourd'hui que la colonisation a disparu, il est resté tel qu'il a commencé à se fabriquer en 1920. Il s'est donné une mythologie, prise à la France et apprise de la France – le mythe de la Nation – qui continue à fonctionner.
De ce point de vue, le nationalisme algérien est le bon élève, mais bien tardivement, du nationalisme français, à l'école duquel il s'est constitué, même en le combattant et en cherchant à s'en émanciper...
Le nationalisme algérien s'est créé uniquement par référence à la colonisation; il est aujourd'hui malade, incertain, totalement dérouté, désorienté, sans objectif, sans perspective directrice : c'est parce qu'il a perdu le partenaire qui le constituait. Les intellectuels algériens eux-mêmes partagent la vision officielle, même les esprits les plus critiques se refusent à ce travail de réflexion et de relativisation...
Page 100.
L'immigration est aux États-Unis une donnée tellement immédiate que c'est à partir d'elle que tout peut se penser et se réfléchir. […] Le principe de hiérarchisation entre toutes les communautés constitutives de la population américaine, toutes issues de l'immigration, semble être l'antériorité de leur arrivée et de leur implantation aux Etats-Unis. […] Comme cette hiérarchie s'est constituée en moins d'un siècle (donc rapidement) et-il y a seulement un siècle (donc récemment), elle est encore très visible […].
En Europe, et plus particulièrement en France, […] il semble qu'on ait opté pour «l'intégration individuelle» plutôt que pour la formation et la reconnaissance de~ communautés […]. Ajoutons à cela qu'il y a un esprit typiquement français, une véritable «maladie» française, qui consiste en deux choses : le centralisme français, d'abord, qui n'est pas seulement républicain – il avait été déjà préparé avant les républiques par les différentes monarchies –, l'affirmation d'une unité, le culte de l'unité sur tous les plans, politique, administratif, linguistique, éducatif, etc., etc. et, ensuite, le jeu sur l'universalisme.
La France a et a eu l'art d'universaliser le particulier, son particulier à elle, ce qu'elle a de particulier et, dans ce particulier bien à elle, l'apparente adhésion à l'universel, mais à la condition que cet universel soit ce qu'elle a de particulier, d'un particulier universel (ou universalisé). Bourdieu parle, à propos de cette tendance particulièrement française, de «chauvinisme de l'universel» comme particularité proprement française. […].
Cette universalisation qui est sur le mode de l'idéal, sur le plan de la théorie et uniquement sur le terrain du droit pur, et qui est aussi, par cela même, totalement déréalisée, peut enfermer en elle, non seulement le risque de l'ethnocentrisme le plus sauvage, mais aussi la probabilité du racisme le plus sournois ; il n'y aurait de sensé, de compréhensible, de cultivé, de signifiant que ce qui est français ou à la manière française ; il n'y aurait aussi de valable et de pleinement humain, d'excellemment humain que ce qui est français.