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05.11.09

Histoire des Provinces-Unies 1576-1688

La rÉvolution hollandaise

1576-1688

Pour lire, cliquer : PAYS_BAS

31.10.09

Bruegel, Memling, Van Eyck : la collection Bruckenthal

Bruegel, Memling, Van Eyck : la collection Bruckenthal

Musée Jacquemart-André, Paris

Jusqu’au 11-01-2010

Sans la chute du mur de Berlin (il y a vingt ans), nous ne pourrions pas admirer ces tableaux.

Samuel von Bruckenthal (1721-1803) vivait à la cour de Marie-Thérèse impératrice d’Autriche, qui déjà avait unifié sous son contrôle l’Europe centrale. Bruckenthal lui servait de  conseiller, puis se retira dans son pays, la Transylvanie, où il y constitua une collection de peintures, livres et objets d’art. Après sa mort, son château de Hermannstadt (ville actuellement dénommée Sibiu) devint un musée.

Grâce aux autorités roumaines, il nous est possible d’admirer une partie de cette collection. Le clou de l'expo, ce sont les Bruegel (et à mon avis le petit rembrandt)

- J’ai apprécié le Massacre des Innocents à Bethléem de Pieter Bruegel le jeune (v. 1586). Une troupe de soldats (allégorie de l’armée espagnole qui fit couler le sang aux Pays-Bas) égorge les paysans avec de longues piques, elle défonce portes et fenêtres pour continuer sa sinistre besogne dans les maisons. Cela se passe dans un village aux murs de briques, couvert par la neige. Précision  et réalisme des personnages et des paysages de Bruegel.

- Paysage montagneux avec un moulin, Jocodus de Monper (v 1625). Grande montagne jaune sur la droite.

- Paysage à la trappe aux oiseaux, par Pieter Brueghel le jeune (v 1631). Sérénité d’un village autour d’une rivière gelée. Joie et tranquillité du matin hivernal, des paysans jouent aux palets tandis que d’autres patinent. Teintes claires et lumineuses d’une journée hivernale.

- Dans la salle suivante, figure une série de portraits peu intéressants car très codés. De cette suite, émergent les portraits de Wilhem IV duc de Bavière et de son épouse (Hans Schwab von Wertingen, v 1526). Les riches vêtements sont rendus avec des teintes orange et marron.

- Buste d’un jeune homme blond à la collerette, Adriaen Thomas Key (v 1569). Visage éclairé, costume sombre.

- L’homme au chaperon bleu, Jan van Eyck (v 1430). Ce petit tableau a été choisi pour symboliser l’exposition sur les affiches. L’air effrayé (alcool ?) Jean IV de Brabant tient la bague qu’il s’apprête à offrir à son épouse. Regard expressif et peu enthousiaste, traitement délicat du chaperon et de l’écharpe (en bleu lapis-lazuli).

- Une petite merveille : Hercule étouffant le lion de Némée par Rubens. Mouvement confus de l’homme et de la bête entremêlés, couleur rouge impressionnante. Mon tableau préféré.

- Diane et Callisto, Hans Rottenhammer (v 1606). Belles chairs roses à la façon du Titien ; l'influence italienne se fait sentir jusqu'ici..

- Neptune et Amphitrite, Frans II Francken. Une foule joyeuse se bouscule dans l’eau, teintes rouge, rose et bleu.

- Trois femmes et un enfant, esquisse pour l’Eté et pour le Bac, Jacob Jordaens (v 1623). Atmosphère estivale et paysanne, couleurs influencés par le Titien.

- Soldat à sa fenêtre fumant sa pipe, Frans van Mieris, vers 1658. Petit tableau, un soldat moustachu sourit tandis qu’il fait un geste obscène en bourrant sa pipe. Autour de lui, un étonnant mur végétal, comme on en fait de nos jours.

- Marie, Jésus et sainte Anne, Justus Sustermans (v 1630-1640). La Vierge, maternelle, heureuse, et tranquille et fière, aux chairs roses et vêtue d’une robe rouge (style le Titien) tient dans ses bras l’Enfant qui sourit.

-De belles natures mortes. Là encore, c’est très codé. Chaque fleur, chaque fruit, chaque insecte possède une signification religieuse. Qu’importe. On admirera cette explosion de couleur et de vie. J’ai préféré la Guirlande de fleurs de Gaspar Pieter I Verbruggen : fleurs blanches et lys rouges sur fond noir.

On remarquera aussi les teintes jaunes d’une nature morte de Joris van Son (citrons, pêches).

08.04.09

Les Lumières, cours

Les idÉes des LumiÈres

cours de 2de

Problématique

I) contre l’absolutisme

1) Principes généraux

2) Quelques exemples

* En matière politique

Montesquieu,

Voltaire

Rousseau pense qu’un pacte social lie les gouvernants et les gouvernés.

* En matière religieuse

* En matière judiciaire

Voltaire († 1778)

iI) Le cosmopolitisme

1) Principes généraux

2) L’anglophilie

3) Exemples

Bayle

Montesquieu

Kant

Voltaire

David Hume

III) Le culte de la Raison

1) Une vision optimiste de la nature

Dieu perd du terrain au profit de la nature.

Les philosophes sont optimistes.

2) L’amour du Savoir

Spinoza

l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Bilan

Conclusion

pour avoir le texte complet cliquez ici LUMMM

30.01.09

Les révolutions anglaises 17me s.

Cours de 2de sur les Révolutions anglaises :

Les rÉvolutions anglaises du XVIIe siÈcle

plan

Intro

I) Les rois Stuarts contre le parlement

1) Des rois autoritaires

2) Début du conflit avec le Parlement

II) la dictature républicaine de Cromwell (1649 à 1660)

1) La guerre civile

2) La dictature

III) l’Équilibre roi / Parlement

1) La Restauration de 1660

2) La Glorieuse Révolution de 1688

Conclusion

pour avoir le texte complet, cliquez ci-dessous sur

"GB". Format Word.

GB

25.01.09

Pic de la Mirandole

Jean Pic de la Mirandole

« L'Architecte Suprême a choisi l'homme, créature d'une nature imprécise, et, le plaçant au centre du monde, s'adressa à lui en ces termes :

« Nous ne t'avons donné ni place précise, ni forme qui te soit propre, ni fonction particulière, Adam, afin que, selon tes envies et ton discernement, tu puisses prendre et posséder la place, la forme et les fonctions que tu désireras.  La nature de toutes les autres choses est limitée et contenue à l'intérieur des lois que nous leur avons prescrites.  Toi, que nulle limite ne contraint, conformément à la libre volonté que nous avons placée dans tes mains, décideras des propres limites de ta nature.  Nous t'avons placé au centre du monde pour que, de là, tu puisses plus facilement en observer les choses.  Nous ne t'avons créé ni de ciel, ni de terre; ni immortel, ni mortel, pour que, par ton libre arbitre, comme si tu étais le créateur de ton propre moule, tu puisses choisir de te façonner dans la forme que tu préféreras.  Par ta puissance, tu pourras dégénérer, prendre les formes les plus basses de la vie, qui sont animales.  Par ta puissance, tu pourras, grâce au discernement de ton âme, renaître dans les formes les plus hautes, qui sont divines. »

Jean Pic de la Mirandole, De Hominis Dignitate.

D'après Les Mémoires de l'Europe, Paris, Laffont, 1971, t. Il, p. 161.

source: Histoire de l'Europe, Carpentier, Points Seuil , p 224-225

Biographie de l’auteur

Giovanni Pico Della Mirandola, dit en français Pic de la Mirandole (1463-1494), se révèle tôt d'une intelligence exceptionnelle.

En 1484, il se fixe à Florence auprès de Laurent de Médicis et fréquente l'Académie platonicienne créée par Marsile Ficin.

Il acquiert une très vaste culture et apprend, outre le latin et le grec, l'hébreu et l'arabe.

Il termine en 1489 son oeuvre principale, (L’Heptaplus Livre septuple, exposé des sept aspects de la création »), d'où est extraite cette page enthousiaste sur la dignité de l'homme, véritable déclaration humaniste en faveur de la liberté donnée à l'homme par Dieu.

Pic de la Mirandole meurt à trente et un ans.

Questions à poser

- Qui est « l’Architecte suprême » ?

- Relevez les références religieuses du texte.

- Comment décrit-il l’être humain ? Quelles sont ses qualités ? Quelles sont ses limites ? Utilisez vos mots à vous et non pas ceux du texte.

- Que veut dire  « l’homme doit observer les choses » ?

- D’après l’auteur, qui est au centre l’univers ? Pourquoi ?

20.11.08

Habeas Corpus, John Locke, Montesquieu

RÉvolutions anglaises du XVIIe siècle

textes tires de ???? cliotexte ? ou un site quebecois sur la philo ?

« Loi pour mieux garantir la liberté du sujet » ou Loi d’Habeas Corpus, 1679

« Attendu qu’il a été usé de grands retards par les shérifs, à envoyer les ordonnances d’habeas corpus qui leur ont été adressées, en conséquence de quoi beaucoup de sujets du roi ont été longtemps retenus en prison dans les cas où légalement ils sont libérables sous caution, pour prévenir ceci, qu’il soit édicté par Sa Très Excellente Majesté le Roi, par et avec le conseil et consentement des Lords spirituels et temporels ainsi que des Communes en ce présent Parlement assemblées, et par leur autorité, que, chaque fois qu’une ou des personnes produira ou produiront une ordonnance d’habeas corpus adressée à un ou des shérifs, que lesdits officiers ou leurs subordonnés, dans les trois jours qui suivent la présentation de ladite ordonnance, renvoient ladite ordonnance et amènent ou fassent amener en personne l’individu en cause, devant le ou en présence du lord Chancelier ou du lord Gardien du Grand Sceau d’Angleterre, ou devant les juges ou barons de ladite cour d’où émane ladite ordonnance ; et alors certifient les vraies causes de sa détention ou de son emprisonnement ; et sur quoi, dans les deux jours qui suivront la présentation de l’intéressé devant eux, ledit lord Chancelier, ou lord Gardien du Grand Sceau, ou juge ou baron, devra libérer ledit prisonnier de son emprisonnement, après avoir pris engagement assorti d’une ou de plusieurs cautions, à moins qu’il n’apparaisse que l’intéressé ainsi emprisonné est détenu en vertu d’une procédure légale».

John Locke

« Le pouvoir législatif constitue non seulement le pouvoir suprême de l’Etat, mais il reste sacré et immuable entre les mains de ceux à qui la communauté l’a une fois remis. Et aucun édit, quelle que soit sa forme ou la puissance qui l’appuie, n’a la force obligatoire d’une loi, s’il n’est approuvé par le pouvoir législatif, choisi et désigné par le peuple. sans cela la loi ne comporterait pas ce qui est nécessaire pour constituer une loi : le consentement de la société. Il est nécessaire qu’il y ait un pouvoir toujours en exercice pour veiller à l’exécution des lois qui sont faites et restent en vigueur ; c’est pourquoi on en vient souvent à séparer le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. dans un Etat bien constitué, il ne peut certes y avoir qu’un seul pouvoir suprême : le pouvoir législatif, auquel tous les autres sont et doivent être subordonnés ».

John Locke, Essai sur le pouvoir civil, 1690, P.U.F, 1953.

« Ce qui forme une communauté, et tire les gens de la liberté de l'état de nature, afin qu'ils composent une société politique, c'est le consentement que chacun donne pour s'incorporer et agir avec les autres comme un seul et même corps, et former un état distinct et séparé.

[...] L'essence et l'union d'une société consistant à n'avoir qu'une même volonté et qu'un même esprit, le pouvoir législatif a été établi par le plus grand nombre, pour être l'interprète et comme le gardien de cette volonté et de cet esprit. L'établissement du pouvoir législatif est le premier et fondamental acte de la société, par lequel on a pourvu à la continuation de l'union de tous les membres, sous la direction de certaines personnes, et des lois faites par ces personnes que le peuple a revêtues d'autorité»

J. Locke, Second traité du gouvernement civil, chap. XIX, 1690.

Montesquieu

« Tous les peuples de l’Europe ne sont pas également soumis à leurs princes ; par exemple l’humeur impatiente des Anglais ne laisse guère à leur roi le temps d’appesantir son autorité. La soumission et l’obéissance sont des vertus dont ils se piquent le moins. Ils disent là-dessus des choses bien extraordinaires... Si un prince loin de faire vivre ses sujets heureux, veut les accabler et les détruire, le fondement de l’obéissance cesse : rien ne les lie, rien ne les attache à lui, et ils rentrent dans leur liberté naturelle. Ils soutiennent que tout pouvoir sans bornes ne saurait être légitime ».

Montesquieu, Lettre 104, 1721.

17.10.08

Diderot, Kant, Montesquieu, Voltaire

Documents pour un cours sur les Lumières.

Ce cours n’est pas obligatoire, on peut éventuellement le sauter. Et je suis dubitatif devant l’acharnement des collègues d’histoire-géo et de français à parler des Lumières.

Les Lumières n’exercent plus le même effet d’entraînement qu'autrefois. Elles n’ont pas tenu toutes leurs promesses, elles ont menti, elles ont parfois été psycho-rigides.

Comment croire aux Lumières alors que chaque année de nouvelles guerres éclatent, que les génocides succèdent aux massacres, que les diplômes conduisent direct au chômage etc.

Les Lumières ne peuvent plus constituer le socle de la civilisation de demain. Il faut trouver autre chose pour lutter contre la barbarie. 

Le monde a changé, ils vivent sur des valeurs dépassées (Voltaire, Robespierre...).

Ceci dit, dans les banlieues sensibles, la crédulité de nombreux élèves, la force de l’obscurantisme religieux (musulman mais aussi protestant) dépasse les limites de l’admissible.

D’où l’intérêt de faire peut-être quand même (???) un cours sur les Lumières même si on demeure sceptique sur l’efficacité de ce genre de prêchi prêcha rationaliste.

Emmanuel Kant 1724 1804

Emmanuel Kant est né dans une famille d'artisans à Königsberg, au nord de la Prusse.

Kant devient précepteur (= professeur particulier des enfants) dans des familles nobles. En 1755, il enseigne à l'université de Königsberg. Il est en relation écrite avec toute l'Europe des scientifiques et des penseurs.

De l’utilité du doute  

« Dans toutes ses entreprises la raison doit se soumettre à la critique et elle ne peut par aucune défense porter atteinte à sa liberté sans se nuire à elle-même et sans s'attirer des soupçons défavorables. Il n'y a rien de si important par rapport à l'utilité, rien de si sacré qui puisse échapper à cet examen approfondi et rigoureux qui ne fait acception de personne. C'est même sur cette liberté que repose l'existence de la raison, qui n'a point d'autorité dictatoriale, mais dont la décision n'est toujours que l'accord de citoyens libres dont chacun doit pouvoir manifester sans obstacles ses doutes et mêmes son veto.

À cette liberté se rattache donc aussi celle de soumettre au jugement public ses pensées et ses doutes quand on ne peut pas les éclaircir soi-même, sans que, pour cela, on soit réputé un citoyen turbulent et dangereux. C'est ce qui résulte déjà du droit primitif de la raison humaine qui ne connaît d'autre juge que la raison commune elle-même où chacun a sa voix; et, comme c'est de là que doit venir tout perfectionnement dont notre état est susceptible, un tel droit est sacré et ne doit pas être aboli. »

"C'est même sur cette liberté que repose l'existence de la raison".

Kant, Critique de la raison pure, pages 507 puis 515.

Qu'est-ce que "les Lumières" ? (1784)

"Qu'est-ce que les Lumières ? La sortie de l'homme de sa Minorité, dont il est lui-même responsable. Minorité, c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (= de sa raison) sans la direction d'autrui, minorité dont il est lui-même responsable, puisque la cause en réside non dans un défaut de l'entendement, mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des lumières.

La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu'un si grand nombre d'hommes [...] restent [...], leur vie durant, mineurs, et qu'il soit si facile à d'autres de se poser en tuteur des premiers. Il est si aisé d'être mineur! [...]

Je n'ai pas besoin de penser, pourvu que je puisse payer; d'autres se chargeront bien de ce travail ennuyeux. [...]

Or, pour les lumières, il n'est rien requis d'autre que la liberté; et à vrai dire, la liberté la plus inoffensive de tout ce qui peut porter ce nom, à savoir celle de faire un usage public de sa raison dans tous les domaines. Mais j'entends présentement crier de tous côtés : "Ne raisonnez pas !" L'officier dit : "Ne raisonnez pas, exécutez ! " Le financier: "Ne raisonnez pas, payez ! " Le prêtre: "Ne raisonnez pas, croyez !" [...] ll y a partout limitation de la liberté. [...] 

Kant, Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ?, 1784

Les Lumières et le Pouvoir

« Tout serait perdu si le même homme... exerçait ces trois pouvoirs : celui de faire les lois, celui d’exécuter les résolutions publiques et celui de juger les crimes ou les différends des particuliers. dans la plupart des royaumes d’Europe, le gouvernement est modéré parce que le Prince qui a les deux premiers pouvoirs laisse à ses sujets l’exercice du troisième. Chez les Turcs où ces trois pouvoirs sont réunis sur la tête du Sultan il règne un affreux despotisme ».

Montesquieu, Lettre 11, 1721.

L’Acte déclaratoire

« Il est déclaré que lesdites colonies et plantations d’Amérique ont été, sont et doivent être subordonnées à la couronne et au Parlement de Grande-Bretagne. Sa Majesté le Roi, avec l’avis et conseil des Lords spirituels et temporels et des Communes de Grande-Bretagne, en Parlement réunis, ont eu, ont et doivent avoir toute autorité et tout pouvoir de faire les lois et les statuts qui sont valables et s’appliquent dans les colonies d’Amérique, sujettes de la couronne de Grande-Bretagne. Toutes les résolutions, décisions, motions, délibérations des colonies et plantations dans lesquelles le pouvoir et l’autorité du Parlement de Grande-Bretagne en matière législative sont mis en doute ou rejetées sont déclarées nulles et non avenues ».

Loi anglaise du 18 mars 1766.

DIDEROT

« Aucun homme n’a reçu de la nature la droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle : mais la puissance paternelle a ses bornes ; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine de la nature. On la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources : ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé ; ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis. »

Diderot, article de l’Encyclopédie : « autorité politique », 1751.

L’Encyclopédie de Diderot, article sur l’AGNUS SCYTHICUS (Histoire Naturelle Botanique)

Il s'agit de la peau d'agneau mort-né dont on fait une fourrure. Diderot rappele ce que l'on sait à son époque de l'agneau de Scythie. Certains auteurs prétendent qu'il s'agit d'une plante. Diderot en profite pour établir une méthode critique.

« Il faut considérer les témoignages en eux-mêmes, puis les comparer entre eux : les considérer en eux-mêmes, pour voir s'ils n'impliquent aucune contradiction, et s'ils sont de gens éclairés et instruits : les comparer entre eux pour découvrir s'ils ne sont point calqués les uns sur les autres, et si toute cette foule d'autorités (...) ne se réduirait pas par hasard à rien, ou à l'autorité d'un seul homme.

Il faut considérer si les témoins sont oculaires ou non ; ce qu'ils ont risqué pour se faire croire ; quelle crainte ou quelles espérances ils avaient en annonçant aux autres des faits dont ils se disaient témoins oculaires : s'ils avaient exposé leur vie pour soutenir leur déposition, il faut convenir qu'elle acquerrait une grande force ; que serait-ce donc s'ils l'avaient sacrifiée et perdue ?

Il ne faut pas non plus confondre les faits qui se sont passés à la face de tout un peuple, avec ceux qui n'ont eu pour spectateurs qu'un petit nombre de personnes. Les faits clandestins, pour peu qu'ils soient merveilleux, ne méritent presque pas d'être crus : les faits publics, contre lesquels on n'a point réclamé dans le temps, ou contre lesquels il n'y a eu de réclamation que de la part de gens peu nombreux et mal intentionnés ou mal instruits, ne peuvent presque pas être contredits.

Voilà une partie des principes d'après lesquels on accordera ou l'on refusera sa croyance, si l'on ne veut pas donner dans des rêveries, et si l'on aime sincèrement la vérité. »

sur l’esclavage

"En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. "

Eh ! mon Dieu! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ? - J'attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. - Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ?

- Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : " Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous ; les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germain. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible."
Extrait de Voltaire, Candide ou l'optimisme, 1759.

02.10.08

La traite atlantique

INTRODUCTION

Cours sur la traite atlantique 1500-1900

classe de 2de

Plan

Introduction

I) un rÉsultat des grandes découvertes

1) Au XVe siècle : les Portugais

2) La traite vers l’Amérique, XVIIe-XVIIIe s.

■ l'Espagne

■.BRITANNIQUES

Les Hollandais

■ LES Français

Bilan

II) ConsÉquences

1) Résistances africaines

■ Des résistances mais pas de grandes révoltes

■ La résistance pendant le voyage

- Dans les caravanes

- Sur le bateau

2) Des transformations irréversibles 

Transformations démographiques

Des handicaps pour l’Afrique

Conclusion : La fin de l’esclavage

Sources

Pour lire le cours, cliquez : LA_TRAITE_ATLANTIQUE

20.03.08

Azaria de Rossi

AZARIAH DE ROSSI (1511-1578)

Documents pour un module de 2de

document 1

Azaria ben Moïse dei Rossi, né à Mantoue vers 1514, d'une ancienne famille italienne (décédé en 1578). (fut) de beaucoup en avance sur son temps. (...) Érudit passionné, de Rossi connaissait toutes les oeuvres juives, était familier avec l'histoire de la littérature latine et avait étudié la médecine. Après avoir habité successivement Ferrare et Bologne, d'où les persécutions le chassèrent, il s'établit une seconde fois à Ferrare. Il entretint des relations avec les savants de son temps, qu'ils fussent juifs, marranes ou chrétiens et tous admiraient l'étendue de ses connaissances. (...) Le premier il compara deux littératures qui paraissaient n'avoir aucun rapport, les ouvrages rabbiniques et les produits de la civilisation judéo-­grecque. (...) Il put contrôler à l'aide de témoins différents les faits rapportés par l'histoire. Il ne consentait pas à recevoir sans examen les informations du passé mais tenait à les soumettre à vérification. (...)

C'est surtout dans sa Lumière des Yeux (en hébreu, Meer Enayim), composée en 1575, que dei Rossi déploie ses qualités d'érudit et de critique sagace. Il compare les passages du Talmud et d'ouvrages profanes sur des points d'histoire et d'archéologie, et il arrive à ce résultat que bien des assertions du Talmud, acceptées par les coreligionnaires de son temps comme la vérité, ne supportent pas un examen sérieux. Ce livre, si hardi pour l'époque, scandalisa bien des Juifs. (...)

Hirsch GRAÈTZ, Histoire des Juifs, traduit de l'Allemand par MM. Wogue et Bloch. 

http://perso.wanadoo.fr/fdomi. foumier/Generalife/H_Juifs/H_J u ifs_26. htm

http://www.mediterranee-antique.info/Moyen_Orient/Graetz/H_Juifs_00.htm

document 2

Un événement le détermina à publier ses écrits et à se consacrer plus à la critique historique qu'à la médecine : il s'agit du séisme qui dévasta Ferrare en 1571. L'auteur y vit une intervention de Dieu et décrivit cet événement dans l'introduction de son ouvrage, Dol Elohim, La voix de Dieu. (...)

Azariah fait son profit d'écrits non-Juifs (...). Il cite des historiens comme Hérodote et Xénophon et des géographes comme Pline et Strabon. (...) Il ne néglige pas les Pères de l'Eglise et cite Eusèbe, Jérôme et Augustin, Justin Martyr et Clément d'Alexandrie. Pour les maîtres médiévaux chrétiens, il cite Thomas d'Aquin, Hughes de Saint-Victor, Dante, Pic de la Mirandole etc. (...).

Certains passages de la littérature talmudique [religieuse juive] relatent un épisode étrange concernant Titus [empereur romain], le destructeur du second Temple de Jérusalem. Une sorte de moustique se serait introduit par son nez dans son cerveau où il aurait atteint la taille d'un petit pigeon, provoquant sa mort après des années de souffrance. Les Sages présentaient cela comme une punition infligée à un homme qui défia Dieu et détruisit son sanctuaire.

Intrigué par un tel conte, Azariah réagit en historien comparatiste qui recense d'abord les différentes mentions de cet épisode.

Il mentionne les Chapitres de Rabbi Eliézer, les passages de Genèse Rabba, de Lévitique Rabba et enfin de la gemara de Câlin 56b. Dans d'autres passages, notamment dans le midrash Tanhuma sur Nombres 19 ; 1 - 22 ; 1 on reprend la même histoire augmentée de détails dont certains heurtent l'ordre naturel des choses. Pour juger de la véracité des éléments contenus dans ces sources juives anciennes, Azariah mobilise ses connaissances médicales : il remarque qu'entre le cerveau et la boite crânienne il n'y aurait jamais eu assez de place pour un pigeon d'une année pesant deux livres. Par ailleurs, des médecins contemporains attestent - tout comme un passage de Hullin 58a - qu'aucun invertébré ne peut vivre plus d'un an. Or, les sources juives parlent de six années aux cours desquelles Titus souffrit.

D'autres invraisemblances apparaissent : l'année où l'on fait mourir Titus est, selon des chroniques fiables, celle de son accession au trône. Azariah cite aussi le témoignage de l'historien Dion Cassius (IIe-Ille siècles) qui évoque la mort de Titus par empoisonnement. Par ailleurs, un historien, Augustin Ferentillus, attribue ce décès non à Titus mais à Antiochus Epiphane (roi grec). Et ceci se trouve confirmé par le second livre des Macchabées dans la Bible (ch. 9).

De tout ce qui précède il apparaît que l'histoire racontée par les sources rabbiniques est composite et qu'elle ne s'est jamais déroulée ainsi, ni en partie ni en totalité. Il faut, écrivait-il, tirer le meilleur de ces légendes, c'est-à-dire les interpréter allégoriquement, sans y voir une réalité historique. (...)

D'après Maurice-Ruben HAYOUN, AUTOUR DE LA RENAISSANCE, conférence du 10 janvier 2002

http://www.consistoire.org/mrh/conf100102.asp

Titus2Documents annexes

• Entre 167 avant J.-C., la Palestine appartient au royaume syrien d'ANTIOCHUS EPIPHANE qui veut détruire la religion juive et helléniser le royaume. Il prit d'assaut les remparts de Jérusalem, brûla les maisons, pilla le trésor du temple, profana les autels, emmena le bétail et les femmes et les enfants juifs qu'il décida de vendre comme esclaves. Puis il abolit le culte juif et le remplaça par celui de Zeus. Les seuls juifs autorisés à rester sont ceux qui acceptent de renier leur religion.

Au coeur des montagnes de Juda, la résistance s'organisa. Le prêtre Mattathias MACCABEE donna le signal de la révolte. Cette révolte sera connue sous le nom de "révolte des frères Macchabée".

• TITUS FLAVIUS VESPASIANUS dit TITUS (né en 39, mort en 81).

Empereur romain en 79. TITUS mourut prématurément d'un mal inconnu, le 13 septembre 81.

Au 1er siècle, les troupes de Titus s'emparent de Jérusalem : le Temple est brûlé et les habitants sont déportés comme esclaves. Le Temple, bâti par Salomon en 970 avant J.-C. et reconstruit par Hérode en 19 avant J.-C., était le symbole et le centre du pouvoir religieux et politique des Juifs. L'actuel Mur des lamentations est un vestige du mur occidental de soutènement de l'esplanade du Temple. Titus ordonne le massacre des révoltés et environ 60.000 Juifs sont tués.

• DION CASSIUS, historien grec, né à Nicée en Bithynie vers 170 ap. J.-C., mort vers 235.

• Vers 100 avant J.-C. les Pharisiens firent des interprétations orales de la Torah qui furent misent par écrit à la fin du Ile siècle et constituent la Mishna (= enseignement). Vers la même période, des commentaires de la Torah effectués par les rabbins donnèrent naissance au Midrash.

A la fin du Ve siècle en raison des persécutions, ces enseignements furent réunis dans une compilation nommée Gemara (complément). La Mishna et la Gemara forment le recueil qu'on appelle le Talmud.

Conseils d’utilisation

Module pour un cours de seconde sur l’Humanisme et la Renaissance.

L’intérêt est de montrer aux élèves que l’Humanisme ne se résume pas à la civilisation catholique puisque l’on a ici un auteur juif, italien, influencé par Pic de la Mirandole.

Le caractère amusant de ce récit plaira aux élèves.

Critiquer les légendes anciennes ne peut pas faire de mal, surtout devant un public d’élèves de banlieue sensible.

Questions à poser aux élèves 

- Qui est Azaria ? 

- Définissez "humanisme". 

- Décrivez en quelques phrases cette légende juive du Moyen Age.

- Montrez en quoi Azaria utilise-t-il une méthode scientifique pour critiquer cette légende

Comment se sert-il de la Bible ?

Et des historiens antiques ?

Et des livres de médecine ?

- Conclusion : comment faut-il comprendre ces légendes ?

On veillera (sans illusions exagérées...) à ce que les élèves ne fassent pas de paraphrase.

21.02.08

Monarchie absolue

La monarchie absolue : une spécificitÉ française

Problématique

En France, depuis les Capétiens une forme de monarchie absolue fut toujours recherchée par le pouvoir. Cela impliquait la limitation des autres pouvoirs ; celui de l'église romaine, celui du clergé et de la noblesse ainsi que du parlement.

Louis XIV a mis en place cet absolutisme, en développant la conception de la monarchie absolue de droit divin.

Tradition typiquement française. Bonaparte et la République firent pareil, d’une certaine façon.

I) Formation

1) Le centralisme de la monarchie capétienne

Il faut remonter à la fin du Moyen Âge et surtout à la Renaissance pour trouver les fondements de l'absolutisme. Le pouvoir royal a renforcé sa légitimité et son administration à partir de la fin de la guerre de Cent Ans. Le domaine royal s'est étendu.

Jean Bodin est l'un des théoriciens de la souveraineté royale au XVIe siècle. Mais les guerres de religion voient s'affronter les nobles. Les fils d'Henri II sont contestés. 

2) Avec la Renaissance : apparition de l’Etat-nation

Renforcement de la cour royale avec François 1er

Henri IV renforce la situation et fait cesser la guerre civile par l'édit de Nantes en 1598. Il est assassiné par un fanatique religieux en 1610.

Dans la première moitié du XVIIe siècle, les périodes de régence constituent des moments difficiles pour le pouvoir royal. Il faut l'action énergique d'un Richelieu pour mater les protestants et pour adopter une politique étrangère offensive.

Pendant la minorité de Louis XIV, Mazarin affronte le soulèvement de la Fronde (1648-1653). Le peuple accablé d'impôt se soulève et les parlementaires font valoir leurs droits. Les princes attisent la révolte. Le jeune Louis XIV doit subir l'humiliation de la fuite dans la nuit. Il gardera toute sa vie un ressentiment contre la noblesse.

Il fut aussi éduqué par Mazarin dans l'idéologie absolutiste selon laquelle le pouvoir ne se partage pas.

II) L'apogÉe : Louis XIV (1638-1715)

1) La prise du pouvoir par Louis XIV

A la mort de Mazarin, en 1661, le jeune Louis XIV (il a 22 ans) décide de se passer de premier ministre. C'est le début de la phase absolutiste de son long règne personnel. Le sacre, fait du roi un représentant de Dieu sur terre. Les objets qu'il reçoit au cours de cette cérémonie à Reims sont symboliques de sa puissance. Tous ses sujets doivent lui obéir, comme l'écrit Bossuet. Le régicide est assimilé à un sacrilège. Le roi commande les armées, protège l'Église catholique, rend la justice, fait les lois.

La forte position de la France lui en donne les moyens : population nombreuse, richesse économique, naissance des manufactures...

2) Versailles : une prison pour la noblesse

Le château de Versailles est l'expression de l'absolutisme louis-quatorzien. Le roi soleil voulait d'abord construire un palais qui, par ses dimensions et sa décoration, représenterait sa puissance incontestée. Il engagea les meilleurs artistes afin d'édifier un ensemble classique, emprunt d'ordre et de grandeur. Les jardins créés par Le Nôtre devaient refléter la domination de la nature.

Versailles constitua une prison dorée pour la haute noblesse. Tous les Grands du royaume se devaient d'être présent. Celui-ci parvint à domestiquer cette noblesse en distribuant des pensions et en organisant des spectacles fastueux. Pour obtenir l'attention du roi, les aristocrates devaient respecter l'étiquette et multiplier les dépenses somptuaires. Nombre d'entre eux finirent en disgrâce ou ruinés. Échappant au contrôle physique du peuple parisien, le souverain prit le contrôle de l'aristocratie, mais vida les caisses de l'Etat. Le château de Versailles servit de modèle à de nombreux princes européens. Il constitue la vitrine du savoir-faire des artisans et des artistes français.

3) Un roi moderne

La fameuse phrase "L'Etat, c'est moi" a été abusivement attribuée au roi soleil. Malgré tout, la politique absolutiste de Louis XIV vise à moderniser les structures de l'Etat, afin de les rendre plus efficaces, et de faire rayonner la France. Le gouvernement absolutiste est centralisé à Versailles.

Le roi écoute ses conseils (conseil d'En Haut, conseil des parties, conseil des dépêches ...), ses ministres et ses secrétaires d'état mais décide seul.

Il n'hésite pas à écarter les personnalités trop gênantes (Nicolas Fouquet, Vauban...) et choisit son gouvernement parmi les hommes dévoués, tels Colbert.

Dans les généralités, les intendants sont les yeux et les oreilles du roi. Nommés et révocables par le souverain, ils détiennent des pouvoirs étendus.

Dans le domaine économique, l'absolutisme louis quatorzien souhaitait que la France fût la plus riche possible. Sur les conseils de Colbert, il mit en place une politique destinée à attirer l'argent dans le royaume et à l'y maintenir. Les manufactures royales étaient mises en place pour fabriquer des objets de luxe français. Les tarifs douaniers furent relevés et les compagnies de commerce furent dotées de privilèges et de monopoles.

Toutefois, cette politique économique ne donna que des résultats modérés, car les guerres grevaient le budget.

Le roi sacré impose le catholicisme: il révoque l'édit de Nantes en 1685.

Dans le domaine économique, Louis XIV s'appuie sur son ministre Colbert et sa doctrine : pour enrichir la France et son roi, il faut empêcher la monnaie de sortir en évitant d'acheter trop de marchandises coûteuse à l'étranger. Il faut développer les manufactures qui produisent des objets de luxe, symboles du raffinement de la civilisation française.

Sur le plan international, Louis XIV s'emploie à agrandir les frontières du royaume, essentiellement vers le nord et l'est.

III) faiblesses de la monarchie absolue

1) Respect des traditions médiévales

Le roi de France doit respecter des règles qui limitent son pouvoir : il doit appliquer les lois fondamentales du royaume. Il lui est interdit de choisir son héritier : il ne peut enfreindre le principe de l'hérédité et de la primogéniture mâle.

Monarque sacré à Reims, le roi doit défendre l'Église catholique et ses commandements.

Le domaine royal reste inaliénable.

En matière judiciaire, il dispose du pouvoir d'envoyer quelqu'un en prison sans jugement. Cependant, le recours aux lettres de cachet fut restreint. Louis XIV gouverne sans premier ministre et décide seul mais il entend les conseils de son chancelier, de ses ministres et de ses secrétaires d'état.

La monarchie française du XVIIe siècle ne fut jamais absolue par manque de moyens. Le royaume de France est l'un des plus peuplés  et l'administration n'est pas suffisante.

La dette de l’Etat s’accroît

2) De solides corporatismes (tiens… tiens…)

Les décisions royales se heurtent à la société de corps : les villes, les corporations et ordres disposent de privilèges. Le clergé a ses propres tribunaux et ses propres procédures judiciaires.

Les libertés autorisent un grand nombre de Français à disposer de droits particuliers. Les sujets ne parlent pas tous la même langue, n'ont pas les mêmes mesures. Les états généraux et provinciaux sont réunis en temps de crise et sont une tribune pour les représentants des trois ordres. Ces institutions vont à l'encontre des visées absolutistes de Louis XIV. C'est pourquoi les états généraux n'ont jamais été réunis sous son règne.

3) Pas encore de nationalisme 

L’idée de nation est balbutiante. La fidélité au roi forme l’essentiel de la cohésion nationale.

On parle d’une « nation bretonne », d’une « nation provençale » etc.

Le royaume était un peu fédéral. La vie provinciale est cloisonnée par les différences de statuts juridiques, de fiscalité, de patois, de poids et mesures... Le mot « patrie » apparaît seulement au XVIIe s.

Mais l’idée d’unité avance. Les juristes font l’éloge du pouvoir royal. Pour Bossuet le roi doit être obéi par tous. Richelieu fait abattre La Rochelle.

La nation en tant que groupe défini par une origine commune cède la place à une conception plus moderne : la nation regroupant les sujets d’un Etat.

Conclusion

1) La monarchie absolue se diffuse en Europe

Les monarques les plus représentatifs du pouvoir absolu sont Philippe II d'Espagne et Frédéric II de Prusse, ce dernier étant l'exemple le plus fréquemment évoqué de despote éclairé. L'absolutisme relève davantage de la pratique du pouvoir que d'une doctrine politique.

En Angleterre, les Stuarts ont essayé de rogner les droits politiques du Parlement.

2) Une bonne ou une mauvaise chose ?

La monarchie absolue permet de lutter contre la toute-puissance de la noblesse. Mais elle est responsable de la Révolution française dans la mesure où elle affaiblit les corps intermédiaires et rend les conflits plus violents

La monarchie parlementaire des Anglais sera plus efficace parce qu’elle donne du pouvoir à des députés

A la fin du règne les critiques se multiplient : Fénélon, La Bruyère, Vauban. Ces protestations rêvent d’un retour à l’ordre ancien : priorité de l’agriculture, restauration de la féodalité.

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