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21.06.12

Des élèves résignés

Actualités Challenges  16.04.2009
Les jeunes Francais ont- ils raison d'avoir peur ? d'Olivier Galland, éditions Armand Colin.
 

En présentant le diplôme comme un sésame pour une bonne place dans la société, l'école française désespère ceux qui sont hors des standards. Produisant des frustrés ou des résignés.

Extraits (p. 108-112).

«Le problème fondamental est que le système éducatif français ne sait pas ou ne sait plus réguler les aspirations scolaires dans une école de masse. Pendant longtemps, ces aspirations étaient régulées par l'organisation même du système éducatif qui interdisait l'accès à l'enseignement secondaire et aux filières générales d'une bonne partie des jeunes. Au nom de «l'élitisme républicain», seuls «les enfants du peuple les plus doués devenaient boursiers et mettaient ainsi leurs talents et leur intelligence au service d'une nation désireuse de se moderniser.» [cf. L'Ecole des chances, de François Dubet, Edition du Seuil]. La création du collège unique en 1975 a créé les conditions de l'égalité des chances. Mais l'école française n'a pas su gérer la diversité des aspirations scolaires, la diversité des talents et des modalités de réussite induite par la démocratisation quantitative de l'accès à l'enseignement secondaire. En appliquant un cadre trop uniforme et trop formel, elle conduit au découragement et à l'échec beaucoup de ceux qui ne répondent pas aux standards de la réussite académique. [...]
Les études sont d'abord conçues comme une échelle stratifiée où le niveau compte plus que le contenu. Et cette échelle est en gros vue comme homothétique de l'échelle de la stratification sociale. Pour les jeunes Français et leur famille, tout se joue donc là : être classé scolairement revient à être classé socialement. Cette conception classante des études est peut-être à la racine du fatalisme et du pessimisme des jeunes Français. Leur avenir ne dépend pas d'eux, mais d'une institution qui leur assigne une place dans la hiérarchie sociale. Cet état d'esprit est beaucoup moins présent chez les jeunes du nord de l'Europe, par exemple, comme l'a montré Cécile Van de Velde dans une étude comparative : les études sont bien sûr un moment important des itinéraires, mais, dans les représentations qu'ont les jeunes Nordiques de leur avenir, elles ne jouent pas ce rôle de déterminant ultime du placement social.

Cela peut conduire les jeunes Français à une sorte d'hyperconformisme et de résignation, comme s'ils n'avaient pas les moyens d'orienter le cours de leur vie dans un sens favorable. L'enquête déjà citée de la Fondation pour l'innovation politique l'a montré, les Français sont les moins nombreux des jeunes des pays occidentaux à penser qu'ils ont une liberté et un contrôle sur leur avenir ou à penser que les gens de leur pays peuvent choisir leur propre vie.»

Les jeunes Francais ont- ils raison d'avoir peur ? d'Olivier Galland.

Son ouvrage dresse un sombre tableau des moins de 25 ans : ils ne se sentent pas libres de choisir leur avenir. Principale raison : la crise de notre modèle méritocratique avec ses 130 000 non-diplômés quittant chaque année l'école. La distinction permanente entre bons et mauvais élèves amène ces derniers à renoncer très tôt; l'obsession du classement, la fétichisation du diplôme découragent. Après avoir analysé les enquêtes de nombre de ses confrères, Olivier Galland propose des pistes d'actions : personnalisation des apprentissages, meilleur système d'orientation, université plus professionnelle, contrat de travail unique, meilleure indemnisation du chômage, prestations familiales affectées au jeune plutôt qu'à sa famille...

Dominique Perrin

 


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