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07.03.12

Allemagne 1933-1939

L’ALLEMAGNE NAZIE DE 1933 A 1939


I) La mise en place

1) La « révolution légale » de février-juillet 1933

Le 31 janvier le Reichstag est dissout. Les élections sont fixées au 5 mars. Le 4 février un décret permet l’interdiction des journaux et réunions d’opposants (le PC et le SPD). Göring, ministre de l’Intérieur de la Prusse, recrute une police auxiliaire.
Le 27 février, incendie du Reichstag. Les communistes sont accusés. Les arrestations sont nombreuses. Le 28 février un décret suspend toutes les libertés individuelles et autorise la peine de mort en matière politique.
Mais aux élections, les nazis n’obtiennent que 44% des voix. Avec leurs alliés ils ont 52%. La gauche a 30%. Le PC obtient 5 millions de voix malgré la répression qui le frappe.
Les députés catholiques et l’épiscopat vont se rallier à Hitler.
Le 30 mars le gvt peut promulguer des lois sans en référer au Reichstag. C’est la fin du système parlementaire. Le gvt a les pleins pouvoirs.
Les partis sont interdits les uns après les autres. En juillet, une loi interdit leur reconstitution. Il y a déjà plusieurs milliers de prisonniers. Ouverture du 1er camp à Dachau.
Les syndicats, associations de paysans, de médecins, d’avocats etc. sont interdits.

2) L’épuration du parti

La droite s’inquiète et réclame le retour à la normalité.
Les SA pensent qu’il faut continuer la révolution. Leur chef Roehm est ambitieux et indépendant. Le 30 juin 1934 les chefs de la SA sont liquidés, ainsi que certains nazis « socialisants » et les leaders de la droite parlementaire.
L’armée approuve.

3) Mort d’Hindenburg

Hindenburg meurt le 2 août 1934.
Hitler fusionne la présidence et la chancellerie. Il devient le Reichsführer. Des élections truquées l’approuvent.

II) les fondements

Devise : « ein Volk, ein Reich; ein Führer »
Livre : Mein Kampf (1925). Très diffusé après 1933

1) Un racisme obsessionnel

C’est ce qui le distingue du fascisme italien.
Pour les Allemands, Volk n’a pas seulement le sens le « peuple » ou « nation » mais de communauté raciale fondée sur le sang et le sol, la langue et la culture.
Pour les nazis, l’histoire est le résultat de la lutte des races. Ils croient en une race supérieure, les Aryens, dont l’élément le plus pur serait les Germains (cela ne correspond à aucun élément biologique  ou archéologique prouvé). Ils doivent dominer le monde. Pour cela ils ont besoin d’un espace vital (Lebensraum). Les peuples inférieurs doivent être soumis afin de permettre l’épanouissement des surhommes. L’Allemagne doit se préparer à la guerre en forgeant une jeunesse saine, sportive, en encourageant la natalité.
Il faut préserver le peuple allemand des risques de contamination par les races inférieures et combattre l’idéologie libérale, le marxisme, le christianisme. L’ennemi principal est le Juif coupable d’avoir l’esprit critique, individualiste et intellectuel. Il faut anéantir les juifs.
Le IIIème Reich doit marquer pour mille ans le triomphe du peuple allemand.

2) Une doctrine fasciste

Le fascisme allemand ou nazisme est une doctrine complexe à qui il faut donner une définition ni trop limitée ni trop extensive. Il vient du choc du déracinement produit au XIXème siècle par la révolution industrielle, l’urbanisation et la crise du rationalisme : les anciennes structures se sont écroulées. La guerre de 14-18 avec ses conséquences et la crise économique accélèrent cette perte des repères identitaires.
Le fascisme est diversifié et a évolué.

- Il vient d’un patriotisme blessé par la défaite ; c’est un nationalisme exacerbé.
- Il est antiparlementariste et hostile au libéralisme. Il condamne la démocratie pluraliste. Il a un culte pour l’Etat, le groupe, le chef. Il est pour la force et la violence guerrière. Il  met en avant la toute-puissance du parti unique.
Il ne se confond pas avec la droite traditionnelle.
- Il manifeste un anticapitalisme démagogique et superficiel. Il est antimarxiste.

3) L’organisation de l’Etat nazi

- Le dictateur

Le pays devient très centralisé. C’est la fin de l’autonomie des Länder.
Le Führer est populaire ; il est plébiscité en 1934
Les militaires et les grands services de l’Etat lui sont directement soumis.
Les dignitaires du parti et de l’Etat le vénèrent.

- L’Etat SS

Après 1936 l’ancienne administration est entièrement remplacée par une administration nazie. C’est le règne de la bureaucratie, le désordre et l’arbitraire.
L’appareil policier est très développé. La population est entièrement surveillée ; chacun dénonce son voisin.
Les SS sont nombreux (Schutzstaffel : section de protection). Ils sont chargés de la protection intérieure du Reich. Créés en 1925 et dirigés par Himmler depuis 1929. Ils s’occupent aussi des camps de concentration.
Gestapo (abrégé de police secrète d’Etat).
Dans les camps, c’est le règne du sadisme et de la cruauté.

- Des conceptions juridiques très « spéciales »

Göring : nous nous élevons contre le faux humanitarisme
La volonté du Führer incarne la volonté du peuple, elle a force de loi.

- Les oppositions

Elles existent mais faiblement et tardivement.
. Les Eglises. Au début, elles restent modérées. En 1937 le pape dénonce le racisme, les pasteurs aussi.
. Quelques projets d’attentats de la part de militaires.
. Les partis de gauche sont éliminés et ne peuvent réagir.

III) la politique nazie

1) Un totalitarisme

Goebbels, ancien journaliste, devient ministre de la propagande et de l’information.
La propagande est moderne et efficace. Elle consiste à répéter inlassablement un petit nombre d’idées vraies ou fausses, user de la parole plus que de la plume, s’adresser à des auditoires larges (Nuremberg) utiliser les sentiments. Les idées romantiques, l’exaltation de l’effort collectif, de la nature, du fantastique, du sport... plaisent à la jeunesse. L’insistance mis sur le travail manuel convient aux ouvriers.

La littérature est nazifiée. Des autodafés sont organisés pour brûler les livres « dangereux » : ceux de Freud, Zola, J. London, Gide, Marx... Les bibliothèques publiques sont expurgées.
Oppositions aux peintres « décadents » : Van Gogh, Gauguin, Matisse, Picasso...
Beaucoup d’intellectuels émigrent : A. Einstein, Th Mann...

La jeunesse est embrigadée dès l’âge de six ans dans la Hitlerjugend. Epreuves sportives, serments de fidélité, chantiers, éducation idéologique... A partir de 10 ans : exercices militaires. Les jeunes filles doivent apprendre leur futur métier de mère (KKK).

2) Les mesures racistes

Elles consistent à protéger la « race des seigneurs ».
- mesures natalistes
- interdiction des mariages de couples dits « tarés » : handicapés, sourds, aveugles
- encouragement aux unions entre aryens
- Promotion de la propagande par le sport : aux JO de Berlin en 1936 les Allemands obtiennent bcp de médailles mais un Noir en obtient 3.
- antisémitisme
1933 boycott des magasins juifs ; épuration de la fonction publique.
1935 lois de Nuremberg créent une ségrégation : les Juifs perdent le droit de vote, sont exclus de l’armée, ne peuvent plus épouser des non-juifs
9 novembre 1938, nuit de cristal. Destruction de magasins juifs, de synagogues, meurtres.
Beaucoup de Juifs ne réagissent pas ou tardivement, parce qu’ils sont très patriotes et intégrés. Un quart seulement des juifs émigrent.
Le génocide se produira à partir de 1941.

3) La lutte contre la crise économique

- L’autarcie
Les importations ne sont pas payées en marks mais en devises. On développe les produits d’ersatz (caoutchouc de synthèse, fibres à base de cellulose). Les importations diminuent.
Les créanciers extérieurs sont en partie remboursés avec des marks qu’ils doivent dépenser sur place. Accords de troc avec les pays d’Europe centrale.
- Contre le chômage
Grands travaux (chemins de fer, autoroutes stratégiques, défrichements et assèchements), relance de la consommation, crédit, élimination des femmes et des jeunes du marché du travail.
- Le réarmement
On relance la production d’armes ; on développe la Luftwaffe. Par contre on développe moins les produits stratégiques ; il faudra donc faire une guerre rapide.
- Résultats.
Baisse du chômage, relance de la production (métallurgie et charbon surtout) qui passe de l’indice 100 en 1928 à 119 en 1937.

4) La politique sociale

La politique nazie est favorable aux patrons. Interdiction des grèves et des syndicats qui sont remplacés par des corporations liées au parti. Contrôle de l’Etat.
On favorise le maintien des petites propriétés agricoles.
Les ouvriers restent sur la réserve, leurs salaires stagnent, mais il y a plein emploi, les loisirs sont bon marchés.

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