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27.02.12

Occident chrétien XIIe s.

L'OCCIDENT CHRÉTIEN AU XIIe SIECLE

cours de 2de

Cours issu de plusieurs textes trouvés sur Internet et malaxés.
- La Méditerranée au XII siècle
http://www.stellamaris-edu.net/2/images/004mediterranee_xii.htm
- Une brève histoire du mariage. Ce rajout me semblait indispensable, vu mon public de banlieue sensible victime des mariages forcés, du machisme, du communautarisme exagéré et des intégrismes religieux.
http://www.protestants.org/docpro/doc/0860.htm

Il fallait innover et secouer la poussière qui s'accumule sur ces cours stéréotypés.

PROBLEMATIQUE

Entre le IIe et le IVe siècle, l'Europe a connu des migrations qui ont emporté l'empire romain d'Occident en 476. Sur ses ruines, se sont constitués des royaumes romano-germaniques.

L'Eglise demeure la seule dépositaire de l'héritage antique, et c'est par son intermédiaire que s'effectue, la christianisation des royaumes barbares, l'adoption par les vainqueurs de nombreux traits culturels latins.

Après la brève tentative de restauration d'un empire d'Occident sous le règne de Charlemagne et de Louis le Pieux, les querelles entre ses héritiers, l'émiettement du pouvoir, les guerres entre souverains ou entre seigneurs, la venue de nouveaux envahisseurs (Vikings, Sarrasins, Hongrois) et le déclin du commerce méditerranéen entraînent un repli de l'Occident chrétien.

Néanmoins, dès le milieu du Xe siècle, l'activité commerciale reprend, tandis que s'amorce la conquête (en Espagne et dans les grandes îles méditerranéennes) des territoires musulmans.

I) LA RIVALITÉ ENTRE ROIS ET PAPES

1) Un pape sacré et très puissant

Pape, évêque de Rome et successeur de saint Pierre
Chef de l'Eglise
Possède un petit royaume au centre de l'Italie
Il est concurrencé par les rois normands au sud et l'empereur germanique au nord

L'Eglise d'occident, qui s'organise autour de la papauté et qui s'est séparée du clergé byzantin depuis 1054, occupe une position centrale dans le monde chrétien d'occident.
L'évêque de Rome (considéré comme le "successeur de Saint Pierre) s'est peu à peu imposé comme le chef de la chrétienté d'Occident.

A la fin du XIe siècle, le pape Grégoire VII condamne l'investiture des évêques par les laïcs. Cette réforme interdit aux souverains et aux princes d'intervenir dans la désignation des membres de l'Eglise. Le célibat des prêtres est imposé.

L'Eglise a cherché aussi à adoucir les moeurs brutales de l'époque en proclamant la Pax Dei (La Paix de Dieu). La Paix de Dieu protège les écclésiastiques, les cultivateurs, les voyageurs, les femmes et les enfants en cas de conflit. L'Eglise réussit à imposer la Trêve de Dieu, interdiction de se battre du mercredi soir au dimanche matin et pendant les jours de fête, ce qui réduit le nombre de jours de combat à 90 jours par an.

Le XIIe siècle est une période de foi religieuse très intense. Celle-cise manifeste à tous les niveaux de l'échelle sociale et à tous les moments d'une existence organisée autour des actes de foi (prière, offices, fêtes religieuses ...).
Certains ne se contentent pas d'observer ces règles de la vie religieuse et préfèrent la vie monastique.

Mais les monastères n'ont pas échappé à l'attrait de la richesse.
Aussi, dès le XIIe siècle, apparaissent de nouveaux ordres qui recherchent de nouveau l'idéal des premières communautés chrétiennes. Ainsi, Saint Bernard, fonde en 1098, l'ordre des cisterciens qui sont soumis à une règle très dure. Les moines cisterciens doivent renoncer à toute richesse et doivent travailler, une grande partie de leur temps, la terre. Cet ordre a construit des abbayes et des églises très dépouillés dans tout l'Occident chrétien.

Le Grand schisme de 1054
Le patriarche de Constantinople refuse de reconnaître le pape comme chef de toute la chrétienté. Le Grand schisme de 1054 coupe l'Eglise chrétienne en deux : l'Occident chrétien et l'Orient Byzantin.

2) Des rois sacrés mais encore faibles

Les pouvoirs se sont stabilisés en Occident, principalement sur le modèle de la monarchie féodale.
Le roi prétend être protégé par Dieu. Il est sacré.
L'Etat est faible. Les Etats tentent de contrôler l'Eglise et le pape mais ils n'y parviennent pas.
Le roi est entouré par sa famille qu'il protège et qui le protège.

Les nobles sont les vassaux fidèles du roi de France. Celui-ci dispose d'un domaine royal étendu où il est le seul seigneur.

En Allemagne l'empereur est dépendant des ducs.
En Angleterre, pour gouverner le roi se sert d'une cour formée d'agents, de shériffs. En 1215 il devra composer avec les seigneurs et les villes (Grande Charte).

L'Italie, dont la partie septentrionnale est théoriquement sous l'autorité de l'empereur germanique, voit se développer les cités autonomes (Naples, Venise, Pise, Gênes, Florence, Milan) et le pourvoir du pape. La péninsule se dégage de l'autorité impériale. Lorsque l'empereur tente de réaffirmer ses droits, les villes du Nord se révoltent et le contraignent à composer.

Dans la péninsule ibérique, chaque royaume connaît des progrès de centralisation. La Guerre Sainte permet ainsi aux rois castillans de coiffer la féodalité sous leur autorité. Cependant, des institutions représentatives limitent le pourvoir des souverains, comme les Cortes en Castille, qui représentent les villes.

II) LA FORCE DES POUVOIRS LOCAUX

1) La souplesse du système féodal

L'affaiblissement du pouvoir royal et l'insécurité ont poussé nombre de guerriers libres à chercher protection auprès d'un puissant chef de guerre. Le faible se recommande au fort, le seigneur, et lui jure fidélité. En récompense le fort s'attache la fidélité du faible en lui donnant des cadeaux : épées, chevaux, terres, droits divers.
Cette pratique de la recommandation est également utilisée par les rois et par les possesseurs de grandes seigneuries. Pour s'assurer le concours de cavaliers bien armés, le suzerain donne une terre (un fief) à son vassal.
Le serment de recommandation est au coeur du système féodal.
On devient l'homme d'un autre homme, au cours d'une cérémonie, "l'hommage". Le suzerain remet ensuite à son vassal un objet qui symbolise le fief (motte de terre, branche d'arbre, clé...) : c'est l'investiture.
Les liens indissolubles qui unissent les deux hommes leur imposent des droits et des devoirs.

Le vassal est maître de son fief, où il exerce le droit de justice, lève les impôts, enrôle les hommes d'armes. Mais, il est tenu d'accompagner à la guerre son seigneur, 40 jours par an. C'est le service d'ost. Il doit aussi fournir conseil et aide financière à son seigneur.
De son côté, le suzerain protège son vassal en cas d'attaque et pourvoit à son entretien.

La société féodale repose donc sur des liens personnels qui unissent les hommes entre eux.

Les seigneurs forment le groupe des guerriers qui ont pour mission la protection de la collectivité.
La chevalerie occupe le premier rang dans cette hiérarchie. Elle constitue une aristocratie guerrière dont les droits (fief, justice = droit de ban) transmettent la qualité de noble. Le chevalier mène une vie brutale et oisive.

- L'Eglise est féodalisée elle aussi.
L'Eglise n'a pas échappé au système féodal. Très souvent, les domaines religieux ont été transformés en fiefs où les abbés et les évêques sont devenus les vassaux d'un seigneur. Ce clergé peut à son tour recevoir l'hommage de vassaux plus modestes.
En principe élus, les clercs sont tombés sous la dépendance des laïcs qui imposent leur choix et contrôlent les investitures. L'influence des laïcs ne cesse de croître et s'accompagne de nombreux abus (trafic de pouvoir, mariage des prêtres, simonie : vente de dignités et de fonctions religieuses)

2) Le système seigneurial

Le seigneur est nourri par les paysans de son domaine (seigneurie) plus ou moins dépendants et qui, en échange de l'usage des terres paysannes (tenures), versent des redevances et effectuent des travaux sur la réserve (terres appartenant en propre au seigneur).
Le paysan doit travailler davantage pour payer ces redevances. La seigneurie est donc facteur de croissance économique.

III) LES LUTTES POUR LA LIBERTÉ

1) Le féminisme médiéval

Longtemps l'Eglise fut hostile au mariage et à la sexualité. Puis il y a une ouverture théologique.
Les théologiens ont profité du total monopole de l'Eglise sur le mariage. Armés de recueil de lois religieuses, ils redécouvrent, grâce aux croisades, les recueils byzantins de droit romain.

La législation religieuse étudie les raisons pour lesquelles un mariage pourrait être déclaré nul.
Elle les trouve dans l'absence de l'acte sexuel (impuissance) et dans l'absence de vie commune (abandon, prisonnier de guerre, esclavage).
La législation a maintenu le consentement comme garantie du mariage valide.
Les personnes consacrées ou ordonnées qui reviennent à l'état laïc, si elles se mariaient leur mariage n'est pas invalidé. Ceux qui se mariaient sans le consentement de leurs parents encouraient des peines graves, mais le lien restait valide s'il y avait eu consentement.
Il en fut de même pour les unions entre serf, esclave et personne libre.
Ils vont modifier leur attitude face au rapt. Si la fille était reconnue consentante, il n'y avait "juridiquement" pas de rapt et comme il y avait eu acte sexuel, le rapt devenait un mariage valide.

Pierre Lombard connaît deux raisons de se marier. La procréation et la prévention de la fornication. Il déclare que le consentement des parents n'est pas condition à mariage. Il démontre que les mariages d'amour sont valides : «Le mariage vient du consentement, quand bien même l'amour y aurait poussé. Pour preuve, Jacob aimait Rachel, et leur mariage était valide».
Le mariage est fondé d'abord sur le consentement, "libre, actuel, légitime" comme l'écrit Hugues de Saint-Victor.
Fin de la polygamie que pratiquaient souvent les seigneurs. Elle a réussi à faire admettre la monogamie et la stabilité du lien. Cela favorise les individus. cela réduit l'influence des clans, des tribus.
Naissance du « modèle conjugal ». Développement du mariage par consentement mutuel.
Le IVème concile du Latran en 1215 souligne la dignité du mariage : "Les époux sont appelés à la béatitude éternelle aussi bien que ceux qui sont voués à la virginité".

Le mariage devient un sacrement complet au XIIIe siècle. Au moment du consentement, l'accord de volonté des époux est signe de l'union de l'âme à Dieu et au moment de la consommation sexuelle il est union des corps où se cache l'union du Christ et de son Eglise. Il est source de grâce. Désormais, les demandes de validation des mariages clandestins le seront soit pour foi promise soit pour consommation sexuelle, signes du sacre.

Les femmes se marient très jeunes ce qui provoque une hausse de la natalité. L'homme reste célibataire jusqu'à 30 ans. Beaucoup de maternités, espérance de vie réduite.
Il n'y a presque pas de grands-parents
Les femmes ont moins de droits qu'aujourd'hui. Mais elle en a davantage que la femme d'avant 1100 ou de 1400-1900
Il y a des féministes
La femme reçoit des garanties en matière d'héritage, a des droits sur ses enfants
Les femmes travaillent : textile, jardin, tenue de la maison
La liberté sexuelle se développe. L'adultère aussi.

2) Contestations au village et en ville

Rôle de l'église où la population se rassemble
Palais, tavernes, étuves (bains publics)
Dans la rue : spectacles,

Mouvements des communes urbaines : les bourgeois et les nobles locaux prennent le pouvoir. Ils font leur politique fiscale, leur justice. Hôtel de ville, beffroi, maires.
Il ne s'agit pas d'une démocratie.

Les villes s'agrandissent. Confréries de métiers. Importance du quartier.
Rues sales. Murailles.

L'art gothique
C'est dans le nord de la France, au XIIe siècle, qu'apparait l'art gothique. Il est à mettre en rapport avec le développement des villes. L'art gothique se distingue de l'art roman par des édifices beaucoup plus élancés, beaucoup plus chargés en sculptures, et où la lumière du jour pénètre par des ouvertures beaucoup plus larges.

Le retour des idéaux évangéliques
L'Idéal de pauvreté et de charité se transforme parfois en une véritable contestation de la doctrine. Beaucoup de défenseurs de ces idéaux périssent comme hérétiques ou sont excommuniés (rejetés de la communautés des fidèles).
Mais très vite la papauté, ne voulant pas se couper de courants, qui se réclament d'un idéal évangélique, transforme ces courants en de nouveaux ordres monastiques (du moment où la doctrine de l'Eglise n'est pas remise en cause).
Ainsi en 1215, Saint François d'Assise fonde l'ordre des Frères Mineurs qui ne vivent que de la charité d'autrui.

2) Le système scolaire 

Au XIe et au XIIe la formation des élites intellectuelles a lieu dans trois types d'écoles dirigées par l'Eglise.

- Les écoles monastiques
Elles constituent les principaux instruments de transmission du savoir. Au XIe siècle les grandes abbayes possèdent toutes leur école où l'accent est mis sur la méditation, la prière et le travail manuel.

- Les écoles épiscopales
Elles sont fréquentées par des clercs venus des milieux les plus divers. Professeurs et élèves vont de ville en ville en fonction de la demande ou de la renommée des maîtres. Ainsi, certaines villes se spécialisent. On va à Bologne étudier le droit, à Paris, la Philosophie, la médecine à Montpellier.

- Les universités
Elles font leur apparition au XIIe siècle et constituent à partir du XIIIe siècle de très importants centres d'études (Paris, Bologne, Oxford, Naples...)
L'université de Paris, qui était au XIIIe siècle la plus grande ville d'Europe, attira des étudiants de tout le continent. Un enseignement approfondi de la médecine, du droit et de la théologie fut mis sur pied, et dans chaque discipline la recherche s'intensifia. Les textes médicaux de l'Antiquité, dont beaucoup avaient été conservés par les savants arabes, furent retrouvés et traduits. Le droit romain et le droit canon, en particulier à la fameuse université de Bologne, furent formalisés, commentés et discutés comme ils ne l'avaient jamais été auparavant. 

La scolastique, une méthode rationnelle d'étude et de commentaire des textes est appliquée aux écrits religieux et antiques. Les doctrines et pratiques théologiques furent examinées ainsi que la tradition chrétienne. De nouveaux ordres religieux, Dominicains et Franciscains, cherchent dans la scolastique une conciliation entre l'Église et la modernité (essor urbain etc.).

L'alphabétisation n'était plus l'apanage du clergé. Une nouvelle littérature apparut, écrite en latin, mais aussi en languepopulaire. Ces œuvres s'adressaient à un public alphabétisé qui avait la capacité et le goût de la lecture. L'amour lyrique, le roman courtois et les chroniques exprimaient la complexité de la nouvelle société et l'engagement dans le monde séculier.

Considéré comme une période d'obscurantisme pour les sciences, le Moyen Âge donna naissance à des hommes remarquables. Les savants de l'époque, pratiquement tous hommes d'Église, découvrent les écrits grecs et arabes, les traduisent, les analysent, les commentent. D'abord dans les limites contraignantes de leur foi puis avec de plus en plus de liberté intellectuelle.
Dans le même temps, des inventions comme la poudre à canon ou le papier font leur entrée en Europe. Au final, peu de réelles avancées scientifiques seront effectuées au cours du Moyen Âge, en raison d'un manque d'expérimentation et d'investigation rendues difficiles par la doctrine chrétienne, mais tout le travail fait autour des manuscrits des Anciens ne le sera pas en vain. Il permettra bientôt l'avènement de la révolution scientifique.

4) Le renouvellement des idées

La multiplication des écoles épiscopales, puis des universités favorise le développement des esprits.
Elle se fait grâce aux contacts avec l'Orient et le monde grec.

Dans le domaine culturel, le XIIe siècle, période de grande effervescence intellectuelle, inaugura un âge d'or de la philosophie en Occident. Cette période est caractérisée par une entreprise de traduction de textes gréco-arabes, l'essor des écoles urbaines et une production littéraire accrue. Elle constitue un tournant dans l'histoire de la culture occidentale. La théologie s'adresse à un public plus vaste. Mais ce renouveau de la théologie s'insère lui-même dans un mouvement plus large de réforme de l'Église et de christianisation de la société occidentale qui a commencé en l'an mille.

La pensée du philosophe grec Aristote, qui fonde la connaissance du monde sur la seule raison, exerce une grande influence. 

Le développement des contacts et des affaires imposent aux hommes non seulement de savoir lire et écrire, mais aussi de compter et parler plusieurs langues. Pour répondre à ces nouveaux besoins, un enseignement public, donné en langue "vulgaire" se met en place et échappe à la domination du clergé.
C'est à partir de ces parlers "nationaux" que se développe à partir du XIIe siècle une littérature profane (qui ne relève pas de la religion), tantôt destinée au public seigneurial (chanson de geste, roman "courtois"), tantôt aux bourgeois friands de théâtre comique, de petits contes (fabliaux) ou de poèmes satiriques (Roman de Renart).

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