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09.02.12

La République opportuniste 1879-1899

LES REPUBLICAINS MODERES AU POUVOIR

1879-1899

Introduction

De 1879 à 1899 le pouvoir reste aux mains des républicains modérés : amis de J. Ferry et J. Gambetta. On les appelle aussi « opportunistes ».

A droite les monarchistes sont minoritaires
les bonapartistes sont réduits à l'impuissance par la mort du prince impérial.
Mais cette droite reste influente dans l'armée, la magistrature, l'administration, le clergé.

A gauche, les radicaux dirigés par Clémenceau ne sont pas assez nombreux pour exercer le pouvoir.

Défauts des modérés : le pouvoir exécutif est faible, les partis sont mal organisés. Ils arrivent au pouvoir dans une période de récession économique et leur politique économique n'a pas de résultats positifs. La politique douanière visant à protéger l'agriculture contre la concurrence a eu de mauvais effets.

Ils ont la volonté de faire systématiquement le contraire de la politique du Second Empire :
Ils ont attaqué l'Eglise catholique. Gambetta : « le cléricalisme, voilà l'ennemi ».
Ils sont toujours restés indifférents aux problèmes sociaux. Ils ne connaissent rien aux problèmes économiques.

I) LA CONSOLIDATION DE LA REPUBLIQUE (1879-1885)

1) Le régime

Cette consolidation est l'oeuvre de Jules Ferry, président du Conseil de 1879 à 1885 (grosso modo).

1881 : liberté de réunion, liberté de la presse.
La liberté d'association pose un problème car il y a des associations catholiques que le gouvernement n'aime pas
Loi de 1884 favorise la création de syndicats
14 juillet fête nationale
1884 la forme républicaine du gouvernement est intangible
1882 les conseils municipaux ont le droit d'élire leur maire (sauf Paris).
1884 les séances des conseils municipaux sont publiques.

2) La laïcité

Le problème de l'enseignement inquiète les républicains. Ils veulent arracher les enfants à l'influence de l'Eglise.
Les lois de 1881-1882 rendent l'enseignement laïque, gratuit et obligatoire.
En 1880 J Ferry fait fermer plusieurs écoles dirigées par des associations religieuses, en particulier les Jésuites. C'est le début d'un violent conflit : le catholicisme contre le rationalisme ou scientisme.

3) La colonisation

En politique extérieure ils se montrent prudents face à l'Allemagne. La France est faible et isolée.
Le patriotisme va s'exprimer dans l'aventure coloniale.
La colonisation ne commence qu'en 1880 (cas algérien mis à part). Elle vise à montrer que la France est encore une grande puissance.
La France s'installe en Tunisie, en Indochine, à Madagascar, au Congo, sur le Niger. Souvent ces conquêtes n'ont pas été préparées. Celles-ci furent encouragées par les gouvernements, p ex J Ferry au Vietnam.

Après 1890, la colonisation devient plus méthodique.

Cela s'est fait dans l'indifférence générale.

II) LES MODERES EN DIFFICULTE (1885-1899)

Vers 1885 renforcement des monarchistes et des radicaux.
Agitation nationaliste sur le thème de la revanche. Agitation des monarchistes, des paysans et des ouvriers.
Les modérés se retrouvent isolés.
Cette instabilité renforce l'antiparlementarisme.

1) la crise boulangiste (1886-1889)

a) Boulanger

il y a beaucoup d'hostilités contre le régime républicain :
- monarchistes
- catholiques
- la gauche favorable aux réformes sociales
- crise économique de 1882 (phylloxéra, blé américain, krach bancaire....)
- les entreprises coloniales ne sont pas populaires
- La Ligue des patriotes, mouvement revanchard dirigé par Déroulède

Boulanger est un général républicain qui a une belle prestance. Il a la confiance des radicaux.
IL introduit un nouveau fusil à répétition, il veut faire baisser le service militaire à 3 ANS, il veut supprimer les exemptions au service militaire en faveur des curés.
Il est très populaire.
Mais il est très belliqueux. Lors d'un incident de frontière entre la France et l'Allemagne, on frôle la guerre. Il est chassé du gouvernement en mai 1887.
Il est envoyé en province, puis mis à la retraite.

b) les boulangistes

Il se lance dans l'action politique.
Le président de la République démissionne en décembre 1887 car son gendre est compromis dans un scandale.
Boulanger réunit autour de lui une coalition de mécontents de tous bords :
- radicaux
- nationalistes
- bonapartistes
- monarchistes

Son programme reste vague.

Il se présente aux législatives partielles et obtient un grand nombre de voix..
En janvier 1889 à Paris il obtient un triomphe électoral. Mais il refuse de marcher sur l'Elysée (rôle de sa maîtresse, espoir de gagner de prochaines élections).

c) le déclin

Les républicains se ressaisissent. On fait courir le bruit qu'il sera arrêté : il s'enfuit en Belgique.
L'opinion déçue se tourne vers l'Exposition Universelle.
Aux élections d'octobre, les républicains ont la majorité.

- les radicaux deviennent plus modérés et ne demandent plus la suppression du Sénat. Leur électorat parisien les quitte pour voter socialiste.
Le Pape se rend compte que la République est solide. En 1890 et 1892 il conseille aux catholiques français de se rallier aux institutions républicaines. Il souhaite la création d'un grand parti conservateur.

2) De nouveaux modérés

Certains monarchistes se rallient à la République. Beaucoup d'électeurs monarchistes votent pour des républicains.

Scandale de Panama (1891-1893)
F de Lesseps constitue une compagnie pour creuser l'isthme de Panama. Des erreurs le conduisent à des difficultés. La compagnie veut lancer des obligations. Pour avoir l'accord du Parlement, elle achète les voix de certains parlementaires. Indignation.

nouveaux hommes politiques apparaissent : Poincaré, Delcassé.
Leur politique : protectionnisme, refus de l'impôt sur le revenu, absence de politique sociale.

succès en politique extérieure. l'alliance franco-russe. Un accord militaire secret est signé en 1893. Il crée une alliance défensive.

3) « L'Affaire »

Fin 1894, le service des renseignements militaires découvre un bordereau destiné à l'attaché militaire d'Allemagne et annonçant l'arrivée de documents militaires secrets.
Analyse de l'écriture : le bordereau est attribué au capitaine Dreyfus. Des dangers de la graphologie. Antisémitisme et patriotisme démentiel.

Dreyfus est arrêté le 15 octobre et jugé devant le conseil de guerre.

Pendant le procès le ministre adresse aux juges un dossier secret que la défense ne peut pas consulter. Atteinte aux droits de la défense. Des dangers des juridictions d'exception.

Dreyfus est condamné à la déportation à vie. Il est déporté au large de la Guyane. Climat insalubre.

En 1896 le service des renseignements intercepte un télégramme « petit bleu » adressé par les Allemands à Estherhazy. Le nouveau chef du service, Picquart, découvre les relations d'Esterhazy avec les Allemands.
Les chefs de l'armée refusent de réouvrir le dossier Dreyfus et envoient Picquart en Tunisie pour le punir et étouffer l'affaire.
Henry fabrique même un faux document pour accabler Dreyfus.
Le gouvernement ne veut pas réouvrir le dossier pour éviter de créer une agitation. Le président du Conseil Méline déclare « il n'y a pas d'affaire Dreyfus ».
Esterhazy est acquitté par le conseil de guerre.

Le 13 janvier 1898 le journal « l'Aurore » publie un article d'E. Zola qui accuse deux ministres de la guerre, l'Etat-major d'avoir trompé l'opinion. Zola cherche délibérément la provocation pour relancer l'affaire et prendre l'opinion à témoin.
Zola est envoyé devant un tribunal et en profite pour donner de l'audience à ses idées.
On découvre que le document Henry était un faux.

Quel est le problème : faut-il étouffer l'affaire pour éviter de porter atteinte à l'honneur de la patrie et de l'armée ? La raison d'Etat doit-elle l'emporter sur les droits de l'homme ? L'antisémitisme était puissant à cette époque.

Les Dreyfusards : ce sont des intellectuels défenseurs des droits de l'homme, des protestants notamment. Il y a aussi quelques modérés comme le vice-président du Sénat et le colonel Picquart.
Les socialistes et les radicaux ne deviennent dreyfusards que tardivement. Ils ont longtemps été antisémites.
Les Antidreyfusards :
L'essentiel de la droite de l'époque, le clergé catholique, l'armée.

Conséquences

L'antimilitarisme se développe. La gauche se détourne du patriotisme, le nationalisme est confisqué par la droite. Les clivages politiques deviennent plus nets.
Développement des Ligues. Par exemple la Ligue des droits de l'homme.
Les intellectuels s'engagent en politique.
Cela affaiblit les modérés.

Dreyfus est finalement gracié et réintégré dans l'armée en 1906.


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