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19.03.11

L.F. Céline à New York

CELINE A NEW YORK

 

 

 

Une ancienne élève était venue me demander conseil pour un travail universitaire. Ce fut l’occasion de la revoir, et nous passâmes ensemble des moments heureux à deviser de choses et d’autres.

Ce fut aussi l’occasion de relire encore une fois  le roman « Voyage au bout de la nuit ». Je me rappelle avoir essayé de l’utiliser en début de carrière dans un cours d’histoire destiné à une section G. Mais les élèves n’avaient pas accroché, déformés peut-être par leurs cours de littérature.

« Voyage au bout de la nuit » est un livre peu raciste, en comparaison de ce que L.F. Céline écrira plus tard. Dans les passages sur New York il y a même des pages joyeuses, chose assez rare dans son œuvre romanesque.

 

 

Les femmes

Dans un square. « Une brusque avalanche de femmes absolument belles. Quelle découverte ! Quelle Amérique ! » L’expression « avalanche de femmes » retranscrit bien le plaisir.

En même temps, Céline dénonce le puritanisme protestant. « Les sexes semblaient aller chacun de leur côté dans la rue »

« La serveuse dont les yeux ont un angle aigu… De la cruauté en somme. Une cruauté qu’on peut embrasser. » Le pessimisme n’est jamais tout à fait absent.

 

La ville américaine.

Les villes européennes « s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout. »

« Figurez-bous qu’elle était debout, leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. »

Bref, une ville froide. Critique de la barbarie moderne.

« Une rue mince, crasseuse, remplie de ténèbres. »

Des maisons en vertige.

 

L’argent

« Vive dollar ! »

« Le quartier pour l’or : Manhattan. On n’y entre qu’à pied, comme à l’église. C’est le beau cœur de la banque du monde d’aujourd’hui. » « C’est un quartier qu’en est rempli d’or. » « Le Dollar, un vrai Saint-Esprit, plus précieux que du sang ». Il compare le billet de banque à une hostie. « Le commerce, ce chancre du monde. »

Et l’abrutissement publicitaire. Des « réclames prometteuses et pustulentes. » Des mensonges « radoteux ». « Times Square, cette petite place où la publicité gicle par-dessus la foule. »

Les employés sont tristes et mal payés.

On comprend mieux le malentendu qui porta plusieurs intellectuels communistes à célébrer ce premier roman de Céline.

 

La technique moderne

« Les Américains, on peut en dire ce qu’on voudra mais en fait de techniques, c’est des connaisseurs. »

Machines électriques, métro aérien Le snak, est un réféctoire public rationalisé, très bien éclairé.

« On n’échappe pas au commerce américain ».

Cette description de la modernité me fait penser à ce qu’écrivait Paul Morand, qui lui également a compris ce que la technique moderne avait de révolutionnaire. Je pense à un petit texte sur la remontée du Rhône en hydroglisseur.

 


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