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05.02.11

Cours sur l'eau en Egypte et aux E.-U.

 

aridité : deux cas opposés

L’Egypte et les Etats-Unis

Cours de géographie de 2de 

 

L'eau a toujours été un problème pour les sociétés des régions arides.

Ce problème a été résolu de diverses façons.

Nous verrons l'exemple d'un pays situé dans la région aride du Sahara : l'Egypte,

puis l'exemple d'un pays très riche : les Etats-Unis

 

 

I)  En Egypte : de graves difficultés 

 

1) De lourdes contraintes

 

a) Un fleuve pas assez aménagé

 

Le Nil est un fleuve de 6600 km (le 3e du monde). Il prend naissance en Afrique orientale

* Il est d'abord alimenté par les pluies équatoriales, puis traverse des lacs et franchit des chutes avant de s'étaler dans le sud du Soudan où l'évaporation lui fait perdre beaucoup d'eau.

 

* Puis le Nil Blanc pénètre dans une zone aride. Mais il est renforcé par les rivières éthiopiennes.

 

* Puis c'est la longue traversée du désert. Au delà d’Assouan, le Nil dont la vallée est barrée par des digues n'est qu'un fleuve domestiqué qui alimente des canaux d'irrigation.

 

Le débit moyen annuel est de 2 500 m3/sec mais les irrégularités d'une année à l'autre peuvent être importantes. Le fait essentiel est la submersion de la vallée qui intervient à un bon moment : à la fin de l'été. L'élévation du plan d'eau est de 6 à 8 mètres au Caire.

N'échappent à l'inondation que les levées de terres et les collines artificiellement exhaussées sur lesquelles se blottissent les villages.

 

* L'irrigation traditionnelle s'effectuait par les bassins d'irrigation qui fournissaient de l'eau durant 3 à 4 mois après l'inondation. Dans ces bassins se déposait le limon avec la décrue.

* On utilisait les engins élévatoires divers (châdouf ou puits à balancier, chaîne à godets, vis d'Archimède etc..). Ces engins permettaient de prolonger l'irrigation après la décrue. Ils permettaient ainsi d'iriguer les terres surélevées.

 

* A partir de 1861 : barrages sans stockage

* Puis des barrages pour stocker l'eau et régulariser le fleuve afin d'assurer une irrigation exigée par la culture du coton.

 

b) Le poids des guerres

 

L'Egypte occupe une position essentielle : l'isthme de Suez.

Depuis 30 ans elle se trouve au centre du conflit israélo-arabe : un poids énorme pour l'économie.

L'Egypte reçoit trois milliards de dollars par an depuis la paix avec Israël ; sa dette a été réduite de moitié.

 

c) Une croissance démographique trop forte

 

L'Egypte est surpeuplée:

1900 = 10 millions habitants

1995 = 61,9 millions

fécondité = 3,9 enfants/femme.

chaque année 1 400 000 bouches supplémentaires.

 

Les 61 millions d'Egyptiens sont concentrés sur 3,5 % de la superficie. La densité moyenne est de 1 900 habitants / km2.

On atteint des maxima difficilement supportables car les superficies cultivées augmentent peu.

 

Les réponses à la croissance démographique sont les suivantes :

* extension des superficies et intensification

* limiter la croissance de la population

* multiplier les emplois tertiaires et industriels

* l'émigration.

 

aucune n'a réussi.

 

2) Des progrès agricoles insuffisants

Le secteur agricole tient une grande place : 18 % du PIB

 

a)   La réforme agraire de1952

 

Avant 1952, de fortes inégalités sociales

 

Au XIXe s monoculture du coton, matière première des usines textiles du Lancashire.

* Les grandes propriétés sont concentrées entre les mains de la famille royale, des grandes compagnies, de gros propriétaires absentéistes et de l'État.

Le grand propriétaire était le personnage dominant avec sa belle résidence gardée par une troupe de domestiques. Il était le maître de la terre et du travail, distribuant les faveurs. Il était le maire. Son pouvoir politique assurait l'impunité à des pratiques abusives et illégales.

* Les petites propriétés

* enfin la masse des sans terre et sans travail. Ce sont les millions de miséreux qui peuplent les campagnes, affluent dans les villes.

 

La Révolution en 1952 introduit des changements profonds.

 

b)   Le barrage d'Assouan

 

La bonification des terres (= conquête de nouvelles terres pour l'agriculture) repose sur la régulation des eaux du Nil. Le projet du haut barrage d'Assouan a une portée qui dépasse de loin le plan économique.

1955, l'Egypte essuie un refus de financement car les Américains ne veulent pas apporter leur caution.

Nasser nationalise le canal de Suez en 1956 (les droits de péage serviront au financement). En 1958, l'URSS propose à l'Egypte son aide.

Le haut Barrage devient symbole de la lutte contre le néo-colonialisme

 

Le barrage et ses implications

 

Le barrage est gigantesque

A l'époque il faisait partie des grands travaux mondiaux. C'est un barrage de 3600 mètres de long, 111 mètres de haut. Son réservoir s'étend sur plus de 500 km en amont, il constitue le lac Nasser : 12 km de large.

Le volume de la retenue est impressionnant. Mais tout n'est pas utilisable. Il faut tenir compte notamment des nécessités de stockage des crues, de l'envasement. Si on tient compte de l'évaporation, l'eau disponible n'est plus que de 74 km3/an partagés entre le Soudan et l'Egypte.

 

Il n'entre en pleine production qu'en 1975. Il permet d'emmagasiner toute une crue et d'effectuer une péréquation entre années excédentaires et déficitaires.

trois buts sont recherchés :

* l'extension des superficies irriguées

* la navigation sur le Nil

* la production de l'électricité: le barrage peut produire 10 milliards de kw/h dans un pays qui n'en consommait que 7.

 

Les effets du barrage

On lui adresse trois reproches

*de retenir le limon fertilisateur. En fait le Nil avant le barrage n'était pas très chargé en limon et une grande partie s'écoulait vers la mer.

* Le Nil coule plus vite et creuse son lit. Cela menace les ouvrages d'art. Sur le littoral, on constate une importante érosion

* la remontée des nappes est générale. La remontée des eaux rend difficile l'assainissement des agglomérations. Elle conduit aussi à une aggravation de la bilharziose. Elle entraîne des difficultés de drainage et conduit à une salinisation

 

Un barrage insuffisant

 

* L'Afrique orientale de 1979 à 1988 a connu des précipitations inférieures à la moyenne. Il a été nécessaire de puiser dans le lac Nasser.

on note une baisse tendancielle de l'alimentation du Nil.

 

La demande en eau ne fait que croître. La disponibilité en eau par habitant était de 1604 m3/an en 1972, et se situera à 792 en 2000.

Est-il possible d'augmenter les dotations d'eau disponible ?

 

* la capacité du réservoir devrait être de 300 km3 en tenant compte des pertes dues à l'infiltration et à l'évaporation. Or le lac Nasser ne contgient que 162 km3

* On avait prévu de réaliser des barrages en amont, au Soudan.

Mais la situation politique et économique est loin d'être favorable à la réalisation d'un tel ensemble qui suppose l'accord de 9 pays riverains et notamment celui des trois pays les plus concernés : Egypte, Ethiopie et Soudan.

 

le creusement du canal de Jongleï commencé depuis 1978 est intéressant. En coupant la grande boucle du Nil Blanc, le canal limiterait l’évaporation. Mais les travaux ont été arrêtés raison de la guerre civile au Soudan.

Il faut trouver d'autres ressources. Il faut éviter les gaspillages de l'irrigation en Egypte. Par ailleurs, il faudrait songer à une réutilisation des eaux de drainage, des eaux usées.

 

consommation domestique: 6 dont 50% est perdue dans les canalisations

irrigation: l'eau est gratuite et gaspillée

 

Le Haut Barrage a procuré un sursis de 30 ans, ses capacités ne sont plus suffisantes.

Il faut une renégociation sur le partage des eaux avec et l'Ethiopie et le Soudan.

 

Les transformations de l'agriculture

 

Elles revêtent un double aspect :

- l'intensification sur les anciennes terres irriguées,

- la bonification ou la conquête de nouvelles terres.

 

L'intensification a été réelle et permise par le passage à une agriculture pérenne.

 

conquête des terres nouvelles

des résultats sont obtenus.

L'extension des nouvelles terres irriguées se poursuit actuellement à l'est du delta. Le canal as Salam, canal de la paix, irrigue à l'ouest du canal de Suez . Le projet prévoit aussi l'occupation de cette partie du Sinaï par un million de paysans venus de la vallée du Nil

 

Il n'y a qu'une légère augmentation de la superficie cultivée.

Surtout, il est annulé par les prélèvements de terres par l'extension urbaine. En outre, toutes les terre bonifiées ne sont pas destinées à l'agriculture. Surtout, il existe un délai entre la conquête des terres et leur mise en culture. Enfin, il faut aussi compter avec la salinisation.

Tout l'effort est annihilé par la croissance démographique.

La superficie par habitant a même diminué....

 

3) Une dépendance alimentaire qui s'accroît

 

L'agriculture ne peut plus nourrir le pays et relever le défi démographique. arabe.

 

Les cultures pratiquées

 

Depuis 1952, les superficies céréalières ont augmenté (riz et maïs), les superficies maraîchères  ont triplé ainsi que les cultures fruitières, les superficies de canne à sucre ont doublé notamment en Haute Egypte.

Cette occupation de l'espace n'est pas satisfaisante. On constate un déséquilibre entre les cultures fourragères (pour l'élevage), les cultures de fruits et légumes plus rentables et les cultures céréalières moins bien rémunérées (prix fixé par l'État).

 

Cette augmentation des cultures vivrières s'est faite aux dépens des superficies cotonnières. La part de l'Egypte dans la production mondiale est passée de 5 % à 2 % !

 

utilisation intensive d'engrais.

 

L'occupation du sol

 

les quatre cultures :

- le maïs (ou sorgho en Haute Egypte), base de l'alimentation

- le blé pour les citadins, le bersim (ou trèfle d'Alexandrie),

- le coton, une culture commerciale.

-  cultures secondaires : riz, orge, canne à sucre, et de plus en plus fruits et légumes.

 

Dans le delta, le riz se développe.

Le long de l'autoroute Le Caire-Alexandrie, maraîchage

 

Le poids du Caire est déterminant. L'arboriculture fruitière, les cultures maraîchères, l'aviculture et l'élevage pour la viande et le lait ont fait reculer les autres cultures. L'exiguïté des terres, la démographie, le mitage urbain, l'intensification agricole repoussent les cultures fourragères vers l'aval.

 

Au-delà, la culture dominante est le coton. Il alterne avec l'autre grande culture d'été, le maïs, qui est précédé par le blé d'hiver ou les fèves.

 

La dépendance alimentaire

 

L'Egypte importe 4 fois plus de céréales qu'en 1961 dont le coût exprimé en dollars est 10 fois supérieur. L'Egypte est un très gros importateur de céréales (3e au monde

Les importations de produits alimentaires représentent plus du quart des importations.

L'Egypte doit encore améliorer sa production agricole

- par une meilleure maîtrise des zones mises en valeur

- en créant de nouvelles zones agricoles.

 

Beaucoup de spécialistes soutiennent qu'une extension de la superficie cultivée est possible et qu'elle pourrait se faire actuellement dans la zone des lagunes, sur les bords du lac Nasser, ou le Sinaï.

L'achèvement du canal de la paix qui va passer sous le canal de Suez est en bonne voie. on envisage le déplacement d'1 million de personnes pour ces nouvelles terres.

On évoque le projet de la nouvelle vallée, dans les oasis à l'ouest du Nil. Actuellement ces oasis sont alimentées par une nappe souterraine, elle est insuffisante et il faudrait la recharger.

ces projets supposent une augmentation des volumes d'eau d'irrigation. qui paraît difficile à réaliser

 

- reste alors une autre voie: économiser l'eau. Il existe du gaspillage. Le recours au goutte à goutte permettrait d'importantes économies. Mais cela suppose l'adoption par les fellahs de nouvelles technologies.

 

II) Aux Etats-Unis, des moyens considérables

 

la région du sud-ouest américain

les états de l'Utah, du Nevada, de l'Arizona et de la Californie, du Colorado et du Nouveau Mexique, dépendent essentiellement de l'apport en eau du bassin du Colorado. 

 

1) Un climat parfois aussi aride qu’en Egypte 

 

Les Etats du sud-ouest des Etats-Unis sont soumis à un régime climatique semi-aride à aride.

Avec des nuances selon les régions.

- Dans les Rocheuses, le climat est continental (hivers très froids, étés chauds) Une région comme Death Valley, à l'est de Los Angeles, reste l'un des endroits les plus torrides de la planète.

- Le climat du Sud de la Californie est de type méditerranéen (hivers doux, étés secs et chauds). Los Angeles 300 mm pluies annuelles. A Phoenix 200 mm. Au nord de San Francisco, le climat est tempéré et frais, avec plus de 1 m de pluies par an) et l'on trouve des conifères 

 

- Au Nord, la côte est agréable quasiment à l'année avec de faibles écarts.

Toutefois, une ville comme San Francisco dispose d'un micro-climat qui fait que le vent et les brouillards peuvent être fréquents.

 

L'origine des précipitations varie.

En Californie, l'essentiel des précipitations ont lieu sous forme d'orages en hiver et proviennent du golfe de l'Alaska.

l'Arizona et du Nouveau Mexique reçoivent leurs pluies sous forme de "mousson d'été".

 

haut degré de variabilité saisonnier ou interannuel.

la fréquence du phénomène "El Niño".

El Niño est un phénomène océanique d'origine mal connue constituant, un élément important de la variabilité du climat. Il se traduit par des températures de surface de la mer qui restent anormalement chaudes sur toute la zone à l'est du Pacifique autour de l'équateur. En 1997-1998, l'anomalie avait atteint 4 °C et 5 °C.

 

La répétition de périodes de faibles précipitations auxquelles s'associent la diminution du niveau des rivières nécessitent la construction d'importants réservoirs pour satisfaire la forte demande en eau.

 

2) Dynamisme de l’Ouest américain 

 

411 012 km2 pour 30 millions d'hab.

Si elle n'était pas un état US, la Californie serait l'un des premiers pays au monde sur le plan économique.

 

L'exploitation minière et l'agriculture ont contribué au développement de la région. Néanmoins, la croissance de ces 2 secteurs a été tributaire de la disponibilité en eau.

 

Rapide développement de l'agriculture. D'importants travaux publics ont été entrepris (irrigation, barrages, construction de routes).

 

Plus récemment, l'autorisation d'user de terres gouvernementales pour l'extraction de ressources comme le gaz ou le pétrole, de même que pour laisser paître le bétail sur ces terres a joué une part prépondérante au développement de la région.

 

De plus, certains gouvernements locaux font des réductions de taxes et des ventes à bas prix.

 

La mécanisation de l'industrie minière et de l'agriculture ont encouragé les gens à s'implanter en ville. L'augmentation de la mobilité a permis une meilleure marche des affaires et le développement du tourisme. Ainsi, beaucoup de personnes se sont récemment installées au sud-ouest en raison de la meilleure qualité de vie, des grands espaces, de la faible congestion et des loisirs.

 

La population du sud-ouest des Etats-Unis a augmenté approximativement de 1500 % depuis le début du 20ème siècle tandis que la population totale des Etats-Unis n'a augmenté que de 225 %.

 

Cette croissance est différenciée. L'Arizona et le Nevada ont noté une augmentation de 2880 % respectivement de 2840 %. La croissance de Las Vegas est en partie responsable de ces résultats au Nevada, tandis que le développement de l'agglomération de Phoenix tient pour beaucoup en Arizona.

 

3) Des aménagements impressionnants

 

Dans les zones arides du Sud-Ouest américain, les rivières constituent les seules ressources hydrologiques pérennes avec des volumes d'eau importants.

 

Le Colorado est le principal fleuve de cette région 

Suite aux grands aménagements entrepris sur son cours, il assure désormais la majorité de l'approvisionnement en eau de l'Arizona, du Nevada, du Nouveau-Mexique, de l'Utah et d'une partie de la Californie.

les deux principaux ouvrages barrant le Colorado, à savoir le Glen Canyon Dam et l'Hoover Dam, ont entraîné respectivement la formation du lac Powell et du lac Mead.

 

Ces réservoirs ont des dimensions considérables ; lorsqu'il est plein, le lac Powell a une longueur de 300 km et un volume de 33,3 milliards de m3, tandis que le lac Mead mesure 177 km de longueur et contient 39,9 milliards de m3.

 

Outre le fait qu'ils fournissent de l'eau destinée aux diverses utilisations mentionnées ci-dessous, les barrages permettent également de protéger contre les crues et assurent un apport en eau constant tout au long de l'année. L'eau est généralement transportée sur de longues distances jusqu'aux lieux d'utilisation, nécessitant ainsi la création d'un réseau de canaux très étendu.

 

 

4) L’utilisation de l’eau 

 

• Approvisionnement urbain

 

L'approvisionnement de métropoles s'accroissant rapidement est un problème lancinant.

A Las Vegas, Los Angeles ou San Francisco, cela a nécessité la réalisation d'un système d'approvisionnement gigantesque, complexe et fort coûteux.

 

Le gaspillage de LAS VEGAS

 

Las Vegas accueille 30 millions de visiteurs par an. Chaque année, 75 000 nouveaux résidents s’installent car les logements sont bas.

Il n’y a aucun impôt. Les retraités qui ne peuvent s’offrir Phoenix ou ne supportent plus Los Angeles ont fait de Las Vegas la ville à la croissance la plus forte des Etats-Unis.

On prédit 2 millions pour 2005.

Malgré cet afflux, le chômage est très bas, bien que la ville ait comme les autres villes des Etats-Unis des sans-abri et une importante criminalité.

Le niveau scolaire y est bas : de nombreux contribuables sont âgés et ne veulent pas payer d’impôts supplémentaires pour les écoles publiques.

 

 Le problème à long terme est celui de l’eau. La ville utilise 83 % de l’eau consommée dans l’état du Névada. L’essentiel vient du Colorado proche, dont les ressources en eau ont été partagées entre les 7 états riverains, mais Las Vegas était alors un carrefour poussiéreux. . Cependant, si la ville continue de croître à un rythme aussi rapide que durant les deux dernières décennies, les eaux du Colorado ne suffiront bientôt plus.

 

Aujourd’hui, bien que certains hôtels recyclent l’eau pour les fontaines ou les golfs, nombre de particuliers gaspillent, par exemple pour l’arrosage des pelouses.

Les projets sont de forer des puits pour utiliser les nappes souterraines : il en faudrait 145, sur 20 % de la superficie de l’état du Nevada, avec un réseau de canalisations de plusieurs centaines de kilomètres

 

D’autres villes américaines ont choisi des programmes d’économies en arrosant les pelouses avec de l’eau recyclée et en plantant des plantes xérophiles : ainsi, Tucson consomme deux fois moins d’eau par habitant que Las Vegas.

 

Los Angeles

 

Il fallut amener l'eau de très loin, au prix de beaucoup de peine. Trois immenses aqueducs assurent l'approvisionnement.

 

Le système le plus ancien, l'aqueduc de Los Angeles. Il est alimenté par les rivières de la Sierra Nevada. La majeure partie de l'eau est captée dans la montagne et amenée dans des conduites.

Pour accéder à cette eau, la municipalité de Los Angeles fit l'acquisition de presque toutes les terres, s'appropriant par là les droits des eaux et des cours d'eau sur ces territoires. Elle put ainsi disposer à sa guise de l'eau.

Ce faisant, elle causa la ruine des riverains, car sans irrigation, l'agriculture devint impossible.

 

La ville  se vit contrainte de chercher une nouvelle source de ravitaillement.

Cette fois-ci, on eut recours au Colorado. Grâce à la régularisation du fleuve suite à la construction du Hoover Dam, l'aqueduc construit de 1930 à 1941 achemine quelque 40 millions d'hectolitres d'eau par jour vers Los Angeles.

Les usines hydroélectriques sur le fleuve fournissent l'énergie nécessaire aux pompes. Mais en 1964 une décision restreignit les droits de la Californie et en attribua une quote-part plus élevée à l'Arizona. Cet arrêt fut un coup dur pour Los Angeles.

 

Mais on avait déjà élaboré un plan. Il fallut, réaliser un gigantesque projet, le California Aqueduct.

On barra la rivière Feather dans la Sierra Nevada septentrionale. Grâce au lac de retenue d'Oroville, une amenée d'eau régulière peut être effectuée. L'eau coule dans le lit naturel du fleuve Sacramento vers l'arrière-pays de la baie de San Francisco. De là, des millions d'hectolitres par jour sont refoulés, au moyen de pompes, dans un gigantesque canal artificiel d'environ 700 km et coulant dans la vallée centrale de Californie.

Les dimensions de cet aqueduc sont imposantes: 78 m de largeur à la surface, 34 m au sol et 11 m de profondeur.

Environ la moitié de cette masse d'eau est acheminée, par–dessus les monts Tehachapi vers la région de Los Angeles.

 

L’irrigation

 

En raison de l'aridité du climat au Sud-Ouest des Etats-Unis, la culture n'est possible dans cette région qu'au prix d'une irrigation artificielle.

En 1998, le Glen Canyon Dam.

Le Hoover Dam

Grâce à l'irrigation, les régions arides des Etats du Sud-Ouest se sont transformées en terres agricoles fertiles à haute productivité.

 

De Los Angeles vers le nord, la grande vallée centrale, où les cultures s'étendent à perte de vue.

Grâce à la platitude du terrain et à l'immensité des champs, l'agriculture y est très mécanisée. Elle nécessite cependant une irrigation intensive. En effet, la plaine centrale californienne reçoit peu de précipitations en raison des chaînes côtières ; la zone méridionale possède même un climat semi-aride.

Pour pouvoir exploiter ces terres, on a construit des barrages dans la Sierra Nevada ; ces derniers permettent de constituer des réserves d'eau pour l’été

 

Le reste de l'eau provient du California Aqueduct, dont la moitié de l'eau sert à irriguer le sud de la vallée centrale et l'autre moitié à alimenter Los Angeles.

 

L’électricité

 

Les barrages présentent un autre intérêt économique puisqu'ils produisent de l'énergie électrique à bon marché.

Glen Canyon Dam

Toutefois, la centrale électrique est actuellement soumise à des restrictions; en effet, le débit maximal du fleuve en aval du barrage est fixé à 20'000 pieds3/s (566 m3/s), limitant ainsi la production électrique à 767 MW.

 

Ces restrictions de débit vont devenir permanentes pour des raisons environnementales. En 1998, la production nette d'électricité s'est élevée à 6,6 milliards de kWh. L'énergie est principalement distribuée aux compagnies électriques rurales, aux petites municipalités, aux réserves indiennes et aux établissements gouvernementaux. La centrale électrique du Hoover Dam produit environ 4 milliards de kWh par an et approvisionne quelque 500'000 foyers du sud de la Californie, du sud du Nevada et de l'ouest de l'Arizona. Elle fournit notamment une partie de l'électricité consommée à Las Vegas, le reste provenant d'une centrale nucléaire. Les lignes électriques vers Los Angeles sont les plus grandes jamais construites; deux rangées de pylônes hauts de 33,5 m et espacés de 250 à 300 m conduisent le courant électrique sur 370 km, tandis qu'une ligne unique avec des pylônes hauts de 44 m assure les 65 derniers kilomètres.

 

Autres utilisations

 

les ressources hydrauliques sont également destinées à d'autres emplois tels que le refroidissement des centrales nucléaires, l'extraction des minerais ou l'abreuvage du bétail.

Moab exploite des mines de potasse à ciel ouvert. De l'eau, puisée dans le Colorado, est injectée à 1000 m de profondeur puis envoyée dans les bassins de décantation. Après un an d'exposition au soleil, il ne reste que des cristaux de potasse.

En outre, il faut mentionner que le traitement des eaux usées permet de réutiliser de grandes quantités d'eau.

 

Confrontées à des problèmes de disponibilité en eau, les collectivités publiques et privées ont construit de nombreuses stations d'épuration.

 

Les parcs nationaux

 

Les parcs nationaux américains sont confrontés à un afflux de visiteurs durant les mois d'été. Le nombre croissant de touristes menace non seulement l'équilibre écologique des parcs, mais pose également des problèmes de gestion.

 

Dans les parcs du Sud-Ouest, l'approvisionnement en eau est limité. Il est interdit de se laver les cheveux ou de nettoyer les ustensiles de cuisine dans les lavabos des sanitaires. Dans les campings, les douches sont payantes, ce qui permet de limiter le gaspillage et de financer en partie les installations d'eau.

 

Le parc du Grand Canyon accueille chaque année plus de 5 millions de visiteurs. Dans cette partie, l'eau est un bien précieux.

la pluie et l'eau de fonte de la neige s'infiltrent rapidement dans le sol. Par conséquent, les quantités d'eau de surface disponibles sont faibles.

Jusqu'en 1901, toute l'eau utilisée provenait de puits. A partir de cette date, l'eau commença à arriver par chemin de fer.

En 1926, le Service des Parcs construisit une installation de recyclage des eaux usées.

Comme l'acheminement de l'eau par chemin de fer devenait difficile, en 1932 on installa une station de pompage.

Dans les années 60, on construisit un pipe-line qui descend jusqu'au fond du canyon, emprunte l'un des deux ponts traversant le Colorado et remonte jusqu'au South Rim.

Le Transcanyon Water System a été achevé en 1970. En raison de l'augmentation du nombre de visiteurs dans la partie sud du parc, la demande en eau a dépassé la capacité du système

un deuxième pipe-line a dû être installé

 



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