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11.11.10

La langue arabe tunisienne

Peuples méditerranéens n° 79, avril-mai-juin 1997. Langue et stigmatisation sociale au Maghreb.

Page 141 . Fouad Laroussi, Jugements épilinguistiques sur la langue maternelle. Une stigmatisation en cache une autre.

 

En voici un compte-rendu.

 

Pourquoi cherche-ton à discréditer telle ou telle langue ? L’auteur étudie la place de l’arabe maternel tunisien.

« Les locuteurs tunisiens ne considèrent pas de façon quasi unanime l’arabe maternel comme une langue à part entière, mais plutôt comme un dialecte, voire un patois. Aussi, les locuteurs ne lui reconnaissent pas un caractère prestigieux. […]

Pour ce qui est de l’argument selon lequel l’arabe tunisien ne serait pas considéré comme une langue, parce qu’il ne dispose pas d’une grammaire fixe, cela constitue moins un argument solide en faveur en défaveur de cette variété qu’une incitation à entreprendre une codification de sa grammaire. […] Si laquelle n’est pas codifiée, ce n’est pas parce que en tant que phénomène linguistique elle ne s’y prête pas, mais parce que les intéressés eux-mêmes, y compris les linguistes d’ailleurs, n’ont rien entrepris dans ce sens. […]

D’ailleurs certains détracteurs de l’arabe tunisien le considèrent comme une langue exclusivement orale, et par conséquent elle n’est pas écrite […]. Il suffit d’observer le paysage sociolinguistique tunisien, les media, les correspondances personnelles voir certains écrits littéraires pour se convaincre du contraire. Quant à l’idée selon laquelle l’arabe maternel est sujet à la variation régionale ou dialesctale cela ne constitue pas vraiment un argument sérieux, en ce sens que la variation de tous ordres représente l’une des caractéristiques fondamentales des langues vivantes. […]

L’arabe tunisien, de par son usage quotidien et son dynamisme, constitue la véritable langue de communication. […]

Le prestige de l’arabe littéraire tient essentiellement du mythe. […] une langue prestigieuse est ni plus ni moins celle des groupes socio-culturels dominants. »

 

L’auteur étudie ensuite les deux variétés de l’arabe tunisien : l’arabe des villes et l’arabe bédouin, rural. Celui-ci est particulièrement dévalorisé. On se moque du fait que chez lui, le /q/ de l’arabe littéraire est devenu un /g/.

 

« Ceux qui défendent bec et ongles la variété littéraire sont, dans la plupart des cas, ceux qui la maîtrisent le moins. […]

 

Il faudra que l’on accepte d’étendre l’usage de la langue maternelle à tous les domaines de la vie publique […]. »

 

 

 

 


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