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06.09.10

Spinoza

Spinoza

 


Spinoza naît en 1632 dans le quartier juif d'Amsterdam.

Il critique l'idée d'un Dieu créateur. Partisan de la démocratie, il vit pauvrement et persécuté.

Spinoza montre peu d'empressement à fréquenter la synagogue et met en doute les dogmes religieux. Un soir, un fanatique tente de le tuer d'un coup de poignard. On raconte que Spinoza garda toute sa vie son manteau percé du coup de couteau pour se rappeler que la pensée n'est pas toujours aimée.

En 1656 il est excommunié et exilé de la ville pour avoir « blasphémé » les Écritures. Il est interdit de lire ses écrits et de lui parler. Pour vivre apprend alors la taille des instruments d'optique.

En 1672, Guillaume d'Orange prend le pouvoir et fait assassiner Jean de Witt, leader républicain et ami de Spinoza. Il faut comprendre que le crime politique était rare dans la Hollande, terre de liberté d’opinion. Les libertins, les protestants français, les juifs espagnols et portugais n’y ont-ils pas trouvé asile ?

Lorsqu’il eut connaissance de l’assassinat, Spinoza écoeuré placarde sur les murs de La Haye une affiche sur laquelle est écrit : Ultimi Barbarorum (= ils sont les plus barbares d’entre les barbares).

Il meurt en 1677.

 

 

Textes

 

1)" (...) On pense que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son bon plaisir.

Cela cependant n'est pas absolument vrai, car en réalité être captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c'est le pire esclavage, et la liberté n'est qu'à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la Raison.

Quant à l'action par commandement, c'est-à-dire à l'obéissance, elle ôte bien en quelque manière la liberté, elle ne fait cependant pas sur-le-champ un esclave, c'est la raison déterminante de l'action qui le fait. Si la fin de l'action n'est pas l'utilité de l'agent lui-même, mais de celui qui la commande, alors l'agent est un esclave, inutile à lui-même ; au contraire, dans un Etat et sous un commandement pour lesquels la loi suprême est le salut de tout le peuple, non de celui qui commande, celui qui obéit en tout au souverain ne doit pas être dit un esclave inutile à lui-même, mais un sujet. Ainsi cet Etat est le plus libre, dont les lois sont fondées en droite Raison, car dans cet Etat chacun, dès qu'il le veut, peut être libre, c'est-à-dire vivre de son entier consentement sous la conduite de la Raison. "

Spinoza - Traité théologico-politique, chap. XVI.

 

2)« les hommes ne se croient libres que parce qu’ils ignorent ce qui les détermine »

 

3)"Bien entendu, le grand secret du régime monarchique et son intérêt vital consistent à tromper les hommes, en travestissant du nom de religion la crainte, dont on veut les tenir en bride ; de sorte qu’ils combattent pour leur servitude, comme s’il s’agissait de leur salut

Spinoza - Traité théologico-politique, chap. XVI.

 

4)"Je laisse chacun vivre selon sa complexion et je consens que ceux qui le veulent meurent pour ce qu'ils croient être leur bien, pourvu qu'il me soit permis à moi de vivre pour la vérité."

Spinoza, Lettre à Oldenburg (1665), lettre XXX, trad. Appuhn, GF, 1964, p. 232.


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