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22.07.09

Christian Lacroix. Histoires de Mode

Exposition Christian Lacroix en 2008

Christian Lacroix. Histoires de Mode
clacroixdu 8 novembre 2007 au 20 avril 2008
 

Musée des Arts Décoratifs - Mode et Textile - rue de Rivoli - Paris

Les Arts décoratifs ont offert à Christian Lacroix l’occasion de présenter une exposition sur sa vison de l’histoire de la mode du XVIIIe siècle à nos jours. Un défi qui renverse les barrières, Chr. Lacroix travaillant en même temps comme couturier, historien et conservateur de musée, faisant preuve à la fois d’objectivité et de subjectivité.


Quelle curieuse idée, toutefois, de raconter mes impressions dans un blog sur les banlieues sensibles ! Et pourtant… Pourquoi les banlieues sensibles ne le seraient-elles pas, sensibles justement, à la mode ? Pourquoi l’amour de la mode serait-il réservé aux bourgeois ? D’autant plus que les demoiselles rivalisent d’élégance, dans nos lycées. Bien plus que dans les établissements de mon époque (début des Sixties) où régnait la dictature des jeans et tee-shirts.


Sur les murs du musée, des textes de Chr. Lacroix qui se révèle un intellectuel politique en même temps qu’un artiste du beau langage. Car la mode est une question très politique. Politique au sens large, et non pas politique-politicien. Cela ne constitue pas une révélation, d’ailleurs. On le savait depuis la querelle de 1910 sur les jupes-culottes où l’on vit les nationalistes attaquer le vent nouveau. L’extrême-droite voulait corseter les femmes et la société.

J’ai noté quelque formules par lesquelles le couturier expose le programme (politique) de son travail :

« Une étrangeté (étrange-étranger) d’actualité ». 

« La couleur, les fleurs, les graphismes, l’ethnique ».

« Mixer-centrifuger les pièces du musée  avec un regard d’aujourd’hui et le futur immédiat en perspective».

« Mélanges interdits de couleurs et de motifs ».


Il nous explique comment il a été fabriqué par l’Arles de son enfance, ville espagnole. L’essentiel de son inspiration vient d’Espagne. Il fut aussi influencé par les Tziganes des Saintes-Maries–de-la-Mer et leurs capes colorées, les costumes des gardians mêlant rayures, pois et carreaux. Au fait… Chanel n’a-t-elle pas fait une robe « gitane » en 1939 ? On s’explique pourquoi que le régime de Vichy a persécuté les Tziganes et leur liberté d’artistes. Vous voyez, je vous l’avais dit : on en revient à la politique.

« Je n’ai pas un... sentiment de patrie » déclarait à la télévision Karl Lagerfeld en février 2006.

La mode s’oppose au nationalisme étroit, aux identités corsetées et barricadées. La mode plaide pour le dialogue entre les cultures, pour des emprunts réciproques, pour une révolution permanente.


Voici quelques robes qui m’ont tapé dans l’œil :

- La Quand-Même et la Victoria avec leurs grandes fleurs.

- La robe cocktail 1957 de Dior.

- Une petite robe toute simple, blanche avec de petites cerises rouges, de Paul Poiret (1912).

Et sa vision du temps qui ne peut pas ne pas retenir l’attention de l’historien :

- « J’aime le XVIIIe vu ou revu par les années 50, les années 40 regardées par les années 80, le filtre d’une époque sur l’autre plus que l’authenticité supposée d’une décennie qu’on ne peut plus vérifier ».

Lacroix encore : « Je suis embarrassé par les choses trop neuves. L’ancien, l’abîmé, la patiné insufflent quelque chose de plus vif qu’une coupe aérodynamique ou un stretch. ».

Sa sensualité, lorsqu’il évoque les liturgies d’antan, le catéchisme, les églises, la fête de Pâques et les parades de la tauromachie. En témoigne une robe noire avec un motif en forme de croix byzantine sur la poitrine.


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