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21.07.09

Michel Maffesoli, Après la modernité ?

L’impuissance de l’esprit critique

Notes sur Michel Maffesoli, Après la modernité ?, CNRS éditions, 2008.

Page 281 et suivantes.

La condamnation est aisée. C’est même la spécialité des grincheux se présentant comme des personnes morales et qui très souvent ne font que projeter sur le monde la misère dont leur tête est pleine. Le moraliste se plaît à donner des leçons.

La critique eut jadis son utilité mais elle a tendance à s’aseptiser, à s’abstractiser, elle devient normative. En voulant tout surplomber et tout penser, elle s’achève en paranoïa. Ce qui, on le sait, est la maladie courante de l’intellectuel moyen. Dans le fond, les divers tenants de la superstructure (politiques, experts, journalistes, intellectuels) posent la question du pourquoi, ce en quoi ils en sont restés à un stade « métaphysique ».

La connaissance scientifique ne peut dominer les antagonismes sociaux.

Ambiguïté inévitable de l’acte de connaître. Les ruses de la Raison. Les tenants des Lumières finissent par renforcer cette domination que paradoxalement ils voulaient supprimer.

Le Savoir produit-il nécessairement de la sagesse ? La rationalité a ses limites, la Raison est ambiguë. La Raison aspire à remplacer la Religion comme norme impérative, comme source unique de la Tradition. La Raison, avec ses prétentions scientifiques, rend la domination plus efficace. En s’attaquant à la Religion au nom de la Raison, les Lumières se sont trompées. L’Eglise s’est provisoirement affaiblie (fin XVIIIe s, Révolution Française), puis a repris des forces nouvelles (Empire, Restauration, fin XIXe s.). D’une certaine façon, l’irrationalisme (romantisme du XIXe s, culte du fantastique, sectes religieuses contemporaines) est la conséquence imprévue des Lumières.

L’affrontement avec la Religion n’est qu’apparent. La Raison voulait uniquement donner à la Vérité de nouveaux fondements. Les rapports Raison/Religion sont des rapports amour/haine, une complicité entre frères ennemis.

L’interprétation du passé ne peut en rien susciter le dynamisme du présent.

La rationalité accorde trop d’importance aux mots. La raison est parfois un refuge contre la réalité.

Il faut relativiser le rôle de l’intellectuel qui en aucun cas n’est à même de donner des directions à l’action.

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