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16.11.08

Contre le mariage forcé

Berlin : lancement d’une coalition contre le mariage forcé.

 

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Main dans la main contre le mariage forcé - tel est le titre de l’initiative de Rotterdam, qui a été présentée et débattue le 15 juillet 2008 au Musée de Kreuzberg à Berlin. Sur le podium, entre autres intervenants : Marianne Vorthoren, de la fondation néerlandaise SPIOR qui a initié le projet et le coordonne depuis Rotterdam, et Professeur Tarik Ramadan, parrain de la campagne, qui en a développé la thématique et discuté le contenu.

La conférence fut aussi l’acte inaugural de la Coalition d’action contre le mariage forcé, créée voilà deux mois par les associations Inssan, Jeunesse Musulmane (Muslimische Jugend), le Point de rencontre de Neukölln (Neuköllner Begegnungsstätte) et diverses femmes de Berlin, coalition qui entend transposer le modèle néerlandais en Allemagne.

[…] "A Rotterdam en 2007, 109 cas de crimes en lien aux mariages ont été signalés, environ la moitié d’entre eux étaient des mariages forcés", a exposé Mariane Vorthoren. Le nombre réel est sans doute élevé. "A Berlin, environ 330 cas de menaces de mariages forcés, ou de mariages forcés effectifs, nous ont été communiqués", a raconté en tribune Petra Koch-Knöbel, chargée de l’égalité homme-femme dans la circonscription berlinoise Friedrichshain-Kreuzberg, et membre du Cercle de travail contre le mariage forcé.

"Nous pouvons tous ensemble faire en sorte qu’il n’y ait pas de mariages forcés, et pour cela nous devons éduquer et sensibiliser", a dit le chargé de l’intégration pour la Ville de Berlin Günter Piening en introduction. "Les mariages forcés se produisent dans de nombreuses cultures - dans les familles chrétiennes du Pakistan, dans l’aristocratie européenne, chez les Sinti et les Roms, etc.", a souligné Tariq Ramadan. En Allemagne, comme les immigrés d’ici sont majoritairement d’origine turque, on parle surtout des cas "musulmans". L’initiative "Main dans la main contre le mariage forcé", coopération de diverses communautés musulmanes en lien à leurs mosquées, mais aussi d’associations "séculières", doit montrer que l’islam n’est pas la cause du problème des mariages forcés, mais au contraire doit être vu comme une partie de la solution. De nombreux versets du Coran et haddiths du prophète Muhammad montrent que le mariage forcé ne peut être justifié par une perspective islamique.

C’est aussi là-dessus qu’a insisté Ferid Heider, "Imam de la jeunesse" de Berlin, depuis le podium. "Je dis toujours à mes disciples à la mosquée : n’écoutez pas vos parents !" Rire dans la salle. Evidemment, il signifie par là que les parents doivent être respectés, - mais pas lorsqu’est en jeu la violence psychique ou physique, ou encore les mariages forcés. Il s’agit là des droits de chacun, que les jeunes ont le droit de prendre en compte, et même le doivent ! Marianne Vorthoren raconte ses expériences en situation. Dans de nombreux séminaires, des participants croyaient réellement que les mariages forcés étaient prévus par le Coran. Pourtant chacun a le droit de se choisir soi-même son partenaire. Beaucoup d’imams ont encouragé les jeunes gens et jeunes filles en ce sens. L’un l’a même exprimé de façon tout à fait concrète : "apprendre à se connaître ne signifie pas exhiber à quelqu’un une photo vieille de dix ans en lui disant : c’est lui !" Rire de l’assistance devant telle présentation manifestement absurde. Pourtant, cela peut se passer ainsi, même près de chez soi à Berlin.

L’initiative de Rotterdam travaille en termes de prévention, et c’est ainsi que veut procéder également la Coalition pour l’action contre les mariages forcés allemande. Comment ? En parlant avec les intéressés, les victimes potentielles et les parties prenantes, avant qu’il ne soit trop tard. Ce peut être les jeunes gens, hommes et femmes, les parents et les enfants, les proches, mais aussi les autorités religieuses comme les imams et les hocas (prononcer "hodjas", personnalités religieuses turques). SPIOR travaille principalement avec les mosquées, organise des séminaires pour les divers groupes cibles et discute avec les jeunes, les parents et les imams ou les hocas.

De cette manière, l’initiative a pu toucher déjà environ 1500 personnes.

La Coalition pour l’action contre le mariage forcé allemande ne bénéficie encore d’aucune aide financière, mais "toutes les mosquées importantes de Berlin sont déjà embarquées dans l’aventure. Elles trouvent le projet formidable", a résumé Tasnim El Naggar, représentante de la coalition à la tribune. Le public présent était au moins aussi enthousiaste. Maintenant, l’enjeu est de retrousser les manches et de s’y mettre.

Main dans la main. Contre le mariage forcé.

 

Coalition pour l’action contre le mariage forcé (Aktionsbündnis Zwangsheirat, Berlin)

 

 

header_start_hgCet article est paru sous le titre "Main dans la main contre le mariage forcé. Conférence d’ouverture pour une initiative nouvelle à Berlin".

 

Source : www.muslimische-stimmen.de . Traduit de l’allemand par E-Leon’e /

 

Topics & Roses, usage libre.

 


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