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10.01.08

Les mariages forcés

L'éducation nationale se mobilise contre les mariages forcÉs

Voici un article commenté dans le cadre d’un cours de…. Appelez cela comme vous voulez… histoire, éducation civique, histoire civique, éducation historico-civique…

Ne nous résignons pas, ne nous comportons pas comme des fonctionnaires, comme des clercs. On a toujours raison de se révolter. L’histoire-géo est un sport de combat.

Ceci étant dit, quel est le nombre exact des mariages forcés ? Comment les associations qui lancent des chiffres ont-elles fait leur calcul, leur comptage ? Lançons une enquête démographique. 

" [...] On estime que, en France, plusieurs dizaines de milliers de jeunes Françaises ou étrangères, issues de familles maghrébines, turques ou d'Afrique subsaharienne, sont potentiellement concernées par cette pratique.

Vieille tradition perpétuée par certaines populations immigrées en France, les mariages forcés ont commencé à faire parler d'eux en 1996, dans le département de Seine-Saint-Denis. [...] "Nous recevions des coups de fil de professionnelles affolées parce qu'elles avaient dans leur bureau des mineures qui leur racontaient que, tous les week-ends, elles étaient violées, appelant au secours, enfermées pendant quarante-huit heures dans la chambre des parents avec un homme qu'on leur avait imposé", se souvient Emmanuelle Piet, médecin, qui coordonne depuis une campagne de prévention des mariages forcés.

Les premières histoires de disparitions ont ensuite commencé à émerger. Notamment celle de Fatoumata, en juin 2000. Elève en terminale au lycée Colbert, à Paris, la jeune femme avait été emmenée par son père pour un mariage au Sénégal, juste avant les épreuves du baccalauréat. Alerté par ses camarades de classe, le ministère de l'éducation nationale s'était mobilisé pour faire revenir la jeune Sénégalaise. [...]

C'est en effet le plus souvent auprès de l'infirmière ou de l'assistante sociale de leur lycée ou de leur collège que ces jeunes filles osent confier leur drame. Un soir, en rentrant à la maison, elles apprennent qu'elles ont été mariées à un homme du village de leurs parents. Alors leur vie bascule. Elles sont d'origine turque, malienne, sénégalaise ou maghrébine. Sont nées en France, y ont fait toute leur scolarité, ont construit leurs projets ici. Le scénario, quelle que soit la nationalité des parents, se répète, presque banal. Le père les a mariées à un cousin germain, le fils de son frère ou de sa soeur, ou à un oncle resté au pays. L'union est promise depuis la naissance de l'enfant ou arrangée plus tard. Parfois, le futur époux est déjà présent en France.

"L'objectif de ces mariages arrangés est d'éviter que la lignée ne s'arrête. Il faut transmettre le nom, maintenir la jeune femme dans la tradition", souligne Khady Koïta, formatrice au Groupe des femmes pour l'abolition des mutilations sexuelles (GAMS). 

La peur de voir leur enfant pervertie par un mode de vie occidental est aussi permanente chez ces parents. "En fréquentant l'école, en sortant, elle court le risque de s'éloigner de l'idéal de la jeune fille musulmane dont ils rêvent : docile, soumise et obéissante", analyse Sarah Oussekine, présidente de l'association Voix d'elles rebelles. "C'est souvent lorsqu'ils découvrent leur fille avec une cigarette, ou la soupçonnent d'avoir un petit copain, qu'ils se décident à la marier." L'insistance de la famille restée au pays à faire venir un cousin pour le sortir d'une situation économique difficile est aussi souvent déterminante.

La mesure du phénomène reste délicate. [...] Mais l'augmentation du nombre de cas signalés aux associations est patente. Au GAMS, ce sont deux à trois cas qui arrivent chaque semaine. Voix d'elles rebelles gère cent dossiers par an. Quant à Elele, une association de femmes turques, ses responsables avouent recevoir jusqu'à deux ou trois appels par jour : "C'est devenu une sorte de norme dans la communauté. Des parents qui n'y avaient pas songé sont obligés de le faire pour ne pas être mis au ban", assure Pinar Hukum, psychologue. Pour Emmanuelle Piet, ce sont la quasi-totalité des jeunes Turques, des Africaines du fleuve Sénégal et un grand nombre de jeunes Maghrébines qui sont menacées. "Nous avions pensé qu'avec l'immigration et la modernisation des sociétés depuis trente ans, les femmes allaient progressivement pouvoir choisir leur vie. Nous nous sommes trompés : on constate un retour en arrière parmi les familles immigrées, admet Mustapha Saadi, président de l'Association des juristes berbères de France. Il faut maintenant leur expliquer que c'est contraire au droit français."

Le code civil français est en effet catégorique : pour être reconnu, le mariage doit se faire avec le "consentement certain" des deux époux. La plupart des mariages, célébrés de manière religieuse, ne sont pas actés à la mairie : ils n'ont donc aucune valeur juridique. La loi française précise également que nul ne peut être contraint à un rapport sexuel non accepté. "Il faut rappeler que nous sommes sur le territoire français et qu'ici, un rapport sexuel imposé, même dans le cadre du mariage, est un viol, donc un crime", assure Mme Piet. [...] "

Sylvia Zappi, LE MONDE, EDITION DU 08.03.2002

Liens

GAMSGAMS (Groupe femmes pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles et autres pratiques affectant la santé des femmes et des enfants) :

http://pagesperso-orange.fr/..associationgams/pages/presgams.html

eleleElele, Migrations et Cultures de Turquie : http://www.elele.info/ 

berb_resAssociation des juristes berbères de France : http://www.ardeva.org/reseau/ajbf/index.html

Voir aussi : http://ajbf.over-blog.org/ 

voixdellespetit_3Voix d’Elles Rebelles aide les jeunes filles issues de l’immigration victimes de violences. L'association est sollicitée par les établissements scolaires.

http://www.voixdelles.org/fr/


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