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13.12.07

communautarisme : pour ou contre ?

 

FAUT-IL DEVENIR COMMUNAUTARISTE ?

 

 

 

 

 

Définitions

libéralisme politique : l’Etat ne doit pas intervenir de manière excessive dans la société ; celle-ci doit être fondée sur les libertés individuelles et la démocratie parlementaire.

communautarisme : les communautariens pensent que pour défendre la liberté il ne suffit pas de défendre les individus. Il faut aussi défendre les droits des groupes (sexuels, régionaux, ethniques, linguistiques etc.)

 

1) LE POINT DE VUE DES LIBÉRAUX

 « L’Etat libéral doit tout au plus reconnaître aux individus des droits culturels (le droit de parler une langue minoritaire, par ex.) et leur assurer les ressources nécessaires pour les exercer (un système d’enseignement qui dispense l’apprentissage de la langue minoritaire). Pour le reste, il faut faire confiance au libre jeu du marché culturel. [...] Pourquoi nous faudrait-il maintenir artificiellement en vie des identités culturelles moribondes que l’esprit a désertées ? Pourquoi faudrait-il regretter la disparition des pratiques ou de traditions culturelles qui, par exemple, accordaient un statut social inférieur à la femme ? »

  

2) LA RÉPONSE DES COMMUNAUTARIENS 

 

 « Pour les communautariens, un Etat libéral de ce type [...] est socialement non viable et destructeur des identités individuelles et collectives. [...]. Or la diversité culturelle est une condition nécessaire pour que les individus puissent choisir librement une conception de la vie bonne. »

 

 « Tout d’abord, il existe dans nos sociétés des identités culturelles qui, pour des raisons historiques, sont en position dominante et d’autres qui sont minoritaires et vulnérables. [...] Pensons par exemple, à l’hégémonie culturelle masculine qui a été mise en exergue par la critique féministe, surtout aux Etats-Unis. [...] l’Etat devrait notamment, ainsi qu’il le fait déjà au Canada, intervenir directement dans la sphère socioculturelle, par exemple au travers de programmes visant à soutenir de manière préférentielle des minorités culturelles défavorisées. Un Etat juste ne peut rester neutre face à de telles situations.

A cette première réserve communautarienne, on peut en ajouter une seconde, plus forte encore. [...] L’Etat libéral ne connaît d’existence juridique qu’aux individus et non aux communautés culturelles. Les sociétés libérales [...] détruisent ou dénaturent les identités culturelles traditionnelles [...].On peut trouver l’illustration de cette tendance dans les difficultés que connaissent les Etats libéraux, comme les Etats-Unis ou le Canada, lorsqu’ils doivent rencontrer les revendications territoriales des minorités indiennes, qui tout en apparaissant légitimes s’accordent mal avec la notion individuelle du droit de propriété imposée par le droit libéral. »

Libéraux et communautariens, textes réunis par Berten et alii, PUF 1997, introduction, p 248-251.

 

3)  LE POUR ET LE CONTRE

 « Plutôt que d’appréhender l’autre, malgré ses différences de fait, comme un alter ego, comme un autre moi, la démarché adoptée [le communautarisme] conduira alors à penser son altérité comme irréductible. »

Alain Renaut, Libéralisme politique et pluralisme culturel, éd. Pleins feux, 1999, p. 50. 

« Un communautarien comme Sandel soutient que l’Etat doit interdire la pornographie, parce que la pornographie offense notre manière de vivre et nos traditions. Mais on pourrait lui objecter, comme le font les féministes, que si la pornographie devait être interdite et réglementée ce serait bien plutôt parce qu’elle constitue le reflet de vieux stéréotypes culturels qui assignent à la femme une position de soumission à l’égard de l’homme. Notre rapport aux valeurs traditionnelles doit donc être critique ».

 Libéraux et communautariens, op. cit. p. 253 


« En réalité la question est de savoir si nous pouvons rejeter entièrement ces liens au cas où nous en viendrons à les rejeter comme superficiels et dégradants. Si l’on adopte une certaine interprétation du communautarisme, nous ne le pouvons pas ou, en tous cas, nous ne le devrions pas. [...] Une ménagère chrétienne vivant une union conjugale monogame [...] ne peut pas prendre un moment de recul et décider qu’elle ne désire pas être une chrétienne, ni une femme au foyer »

Will Kymlicka, dans Libéraux et communautariens, p. 284

  

 « La discussion communautarienne [...] fait surgir pour le libéralisme politique le nécessité de se confronter aux problèmes soulevés par la diversité ».

 

 

 


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