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13.12.07

Peter Salins, l'assimilation à l'américaine

 

 

PETER SALINS, L’ASSIMILATION A L’AMÉRICAINE, Les idéaux universalistes, le capitalisme, un grand nombre d’associations et l’amour du progrès sont le secret de l’identité inter-ethnique, 

Reason magazinefévrier 1997 (site internet).

NOTE DE LECTURE 

 

 

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Introduction

Cet article a le mérite de mettre l’accent sur des vertus américaines comme un tissu associatif fort et un goût marqué pour le progrès technique.

Par contre, on pourrait lui reprocher de glisser trop vite sur la situation dramatique des ghettos noirs, marquée par une violence inconnue chez nous, une pauvreté extrême et un abandon de la part des services publics. Les difficultés économiques de nombreux « petits blancs » doivent aussi être soulignées. Aujourd’hui, même si la situation des ghettos s’est un peu améliorée lors de la croissance économique de la fin des années 1990, la situation reste pénible.

 

 

 

 

 

 

 

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Extraits du texte de PETER SALINS (TRADUCTION)

 

[...] « Les immigrants nord-africains en France, par exemple, sont supposés s’assimiler en abandonnant rapidement leurs habitudes familiales. La politique officielle française est intervenue avec zèle pour obliger les femmes nord-africaines et d’autres musulmanes à abandonner le port de leurs tchadors et dans les écoles pour instiller à leurs enfants une coupure vis-à-vis de la culture nord-africaine et musulmane. [...]

 En Amérique, cependant, l’assimilation n’a pas signifié la répudiation de la culture immigrante. L’assimilation style américain a toujours été beaucoup plus flexible et accommodante, et par conséquent, beaucoup plus efficace [...].

 La plus populaire des métaphores a été celle du creuset, un terme introduit en 1908 par Israël Zangwill dans la pièce de théâtre ainsi nommée : « Là se trouve le Grand Creuset ! Ecoutez ! ne pouvez-vous entendre le rugissement et le bouillonnement ?... Ah ! Quelle excitation et quelle effervescence ! Celtes et Latins, Slaves et Teutons, Grecs et Syriens, noirs et jaunes, Juifs et Gentils, Est et Ouest, et Nord et Sud, le palmier et le pin, le pôle et l’équateur, le croissant et la croix... Comme le Grand Alchimiste les mélange et les fusionne à la flamme purifiante ! Ici ils s’uniront pour construire la République de l’Homme et le Royaume de Dieu ».

 Les critiques de la métaphore ont couvert le spectre des idéologies et ont élevé plusieurs lignes d’attaque contre elle.

 Les empiristes mettaient en avant l’évidence que le creuset ne marchait pas comme prévu, et concluaient comme l’ont fait Nathan Glazer et Daniel Patrick Moynihan dans « Au-delà du creuset » (1963) : « Le problème, au sujet du creuset, c’est qu’il ne s’est pas réalisé ». [...]

 Le rejet des multiculturalistes de l’idée du creuset se voit dans les métaphores qu’ils proposent en remplacement. L’activiste des droits civils Jesse Jackson suggérait que les Américains étaient membres d’une association arc-en-ciel. L’ancien maire de New York, David Dinkins voyait ses électeurs constituant une magnifique mosaïque. L’ancienne congressiste Shirley Chislohm caractérisait les groupes ethniques américains comme semblables à des ingrédients dans un saladier. Barbara Jordan récemment présidente de la commission des Etats-Unis sur la réforme de l’immigration, disait : « Nous sommes davantage qu’un creuset, nous sommes un kaleidoscope » [...]

 La plus grande erreur de l’image du creuset est qu’elle va trop loin. Elle exagère le degré auquel l’ethnicité des émigrants va probablement disparaître en étant exposée à la société américaine et elle exagère le besoin d’éteindre l’ethnicité. [...]

 L’assimilation américaine doit son pouvoir à quatre aspects particuliers de la société américaine :

 1) Les idées libérales, universalistes, scellées dans la Constitution américaine

2) L’engagement de tous dans une économie construite sur le capitalisme de marché

3) La densité et l’activité des organisations : gouvernementales, politiques, religieuses, sociales, économiques et philanthropiques.

4) Un engouement persistant et largement répandu dans la société américaine pour la modernité et le progrès. [...]

 Le capitalisme américain a été presque aussi important que ses institutions politiques pour favoriser l’assimilation. Comme économiste, Thomas Sowell l’a mis en évidence. En donnant une prime au talent et à l’effort, le capitalisme de marché rend inopérante toute politique discriminatoire anti-assimilationniste des autochtones ou des immigrants. Même un anti-immigration comme George Borjas a noté dans son livre de 1990, Amis et étrangers : « Non seulement la mobilité économique est un aspect important de l’expérience immigrante, mais elle est suffisamment forte pour garantir que pour la plus grande partie de leur vie de travail, les immigrants de la première génération dépassent en performance les autochtones sur la marché du travail américain ». [...]

A un niveau philosophique plus élevé, une société formée à juger les gens surtout sur leurs résultats est une société qui, d’évidence, place moins de jugement sur les arrières plans ethniques ou de classe. [...]

 Il y a plus de 160 ans, A. de Tocqueville remarquait la tendance des Américains à se réunir pour participer à un déploiement d’activités d’organisations et voyant cette tendance comme l’une des tendances les plus stabilisantes et les plus encourageantes de la jeune nation. [...]

 L’historien Maldwyn Jones a expliqué ce paradoxe, à savoir comment les Eglises ethniques et les célébrations ethniques ont travaillé à la promotion de l’assimilation et de « l’américanisation » : « Pour certains observateurs, il y a un élément de contradiction dans le fait que les immigrants affirment leur patriotisme pour l’Amérique comme membres de groupes séparés. mais la contradiction est seulement apparente. Quand les Américains polonais observent le jour Pulaski, quand les Américains irlandais défilent en l’honneur de saint Patrick, quand les Américains italiens se réunissent pour fêter San Rocco et San Genavo, et même quand les Américains d’origine grecque, mexicaine ou arménienne célèbrent le jour de l’indépendance de leur ancien pays, ils cherchent surtout à éclairer leur propre identité dans la grande communauté américaine. Et même en agissant ainsi, ils se consacrent de nouveau aux idéaux communs nationaux qui les lient entre eux. » [...]

 La grande marque de l’assimilation style américain, c’est que les immigrants sont libres de garder ou de laisser autant ou aussi peu de leur culture d’origine qu’ils le souhaitent sans compromettre leur assimilation.

 On peut voir beaucoup d’exemples d’acculturation sans assimilation même aux E.U. Plusieurs responsables de l’attentat de 1993 contre le World Trade Center de N. York City -nés arabes- étaient alors grandement acculturés à la société américaine. La sœur de l’un des meneurs est citée pour avoir dit de son frère : « Nous l’avons toujours considéré comme un enfant de l’Amérique. Il disait toujours : "je veux vivre en Amérique pour toujours" ». Ici visiblement il y a un homme qui, bien, que suffisamment acculturé, est cependant innassimilé. Son refus d’identifier les E.U. comme une nation plus que comme une culture, l’a amené à participer à un acte meurtrier anti-américain.

 

 

 


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